POLAR NOIR                                       
                                               




LA VALSE DES CALIBRES




LE CALVAIRE DES ARMES DE POING DANS LE ¨POLAR MODERNE


 
                                                



                                                    un article d' Etienne Borgers
                                                                                                                                                                               ©copyright E. Borgers 2012

Rares sont les polars qui n’utilisent pas à un moment ou à un autre  des armes à feu, souvent des armes de poing. Revolvers ou pistolets. Et c’est là que le problème commence, pas seulement pour les trucidés ou les victimes diverses : aussi pour le lecteur à qui on sert souvent de l’incompréhensible et du fantaisiste. Au milieu de feux nourris de balles aux calibres insensés et surréalistes.
Bienvenue au bal des flingues !


Il est encore de nombreux auteurs de polars, romans noirs et autres romans policiers contemporains qui introduisent la plus grande des confusions en parlant d’armes à feu dans leurs opus variés.
Vous objecterez que la plupart du temps l’usage de l’arme n’est qu’anecdotique. Voire…
Nous sommes persuadés qu’il n’est plus acceptable qu’un auteur confonde pistolet et revolver, quant ce n’est pas mitraillette et mitrailleuse. Mais ils le font ! Pauvres de nous…
Accepteriez-vous qu’un ouvrage, où la voiture tient une place importante, ignore tout de l’embrayage et confonde boîte full automatique et manuelle ?
Ou qu’un ouvrage parlant de tricot confonde crochet pour broderie et aiguilles à tricoter ?
Le polar est un monde qui nage dans le réalisme, alors pourquoi cette légèreté des auteurs qui ne se donnent pas la peine de se renseigner. Et, attendez, on ne vous a même pas parlé des traducteurs : là on atteint les sommets du ridicule et du contresens. De l’incurie…
Ah, et il y a aussi les relecteurs et éditeurs (parmi les plus grands) qui laissent passer les bourdes les plus grossières. Sous prétexte sans doute qu’ils ne sont pas spécialistes…
Eh ! c’est du polar que vous publiez !

POLAR NOIR a souvent relevé les bourdes énormes rencontrées dans les textes, à propos d’armes à feu. Une des plus courantes étant l’éternelle confusion entre revolver et pistolet, arme automatique et celle qui ne l’est pas. Ou encore l’appellation fantaisiste des calibres des munitions utilisées, allant du 45 mm au 12 pouces, tous deux de très mauvaise compagnie…Un des grands moments de cette chasse se trouve dans les commentaires d’un roman italien que vous pouvez consulter dans les pages Livres du site;  hors armes à feu, mais pour une arme bien répandue actuellement, dangereuse, allez aussi voir ce que nous avons découvert dans le texte français d’un roman US assez récent- on atteint des sommets.
Mais notre but n’est pas de vous faire ricaner face à tous les manquements de nombreux textes. Nous vous proposons ici une petite initiation qui vous permettra de mieux comprendre, exemples à l’appui, les armes à feu, leurs genres, leurs calibres et même leur fonctionnement.
Rassurez-vous il ne s’agit pas d’un article destiné aux spécialistes, mais d’un texte qui veut clarifier les données de base des armes à feu actuelles. Donc loin de nous l’exhaustivité ou les ergotages de spécialistes monomaniaques. Et nous nous efforcerons de rester clair et documenté.

Mais, place à la poudre !
Suivez-nous dans la jungle internationale des armes de poing et leur valse des calibres.
Et vous serez prêt à affronter les énormités rencontrées dans le polar moderne à propos de revolvers et pistolets...

EB

PS : Nous avions à peine terminé l’article que nous étions rattrapé par le mal que nous dénonçons ici : une série policière US à la télé, grand public, populaire, nous parlait « de son 38 millimètres » dans le doublage français pour évoquer le révolver d’un détective des années 1950 ! Gaffe aux dégâts si un tel canon portatif existait… Dans la même journée, un paragraphe un peu confus, dans un roman traduit de l’anglais, nous laissait deviner l’usage d’un revolver à silencieux. Innovant et inutile

cible pîstolet




Nous ne parlerons que des armes modernes, c'est-à-dire : en gros, depuis la fin du 19e s. à nos jours. Et nous nous limiterons aux plus connues, aux plus répandues et… aux plus utilisées.

 

Armes au poing

 
Commençons par la reine des violences meurtrières du polar : l’arme de poing.

Cette arme à feu a une très longue histoire, mais dans l’ère industrielle, elle finit par se décliner en deux grandes familles : les revolvers et les pistolets, fabriqués à des dizaine de milliers d’exemplaires, voire plus lorsqu’un modèle est sélectionné par une ou plusieurs armée ou par les services de police. Et, jusque dans les années 1970, l’acier règne en maître pour leur fabrication. Des aciers de plus en plus résistants pour les pièces soumises à la haute pression de l’explosion de la charge de la munition et à celle des gaz qui en résultent et qui cherchent la sortie…

Note à propos des matériaux :
Fin des années 1950, les alliages d’aluminium furent utilisés en Amérique pour les châssis de séries spéciales de pistolets, limitant la corrosion externe et surtout allégeant ainsi le poids des armes de gros calibre.

Dès les années 1960, des revolvers d’abord furent construits en acier inoxydable pour en limiter la corrosion ; sous l’impulsion de la guerre du Vietnam et les conditions de terrain difficiles et humides, la pratique se généralisa pour nombre de modèles américains existants. Fin des années 60, certains modèles de pistolets semi-automatiques furent produits en inox également, et la pratique se généralisa par la suite (tout en conservant la production en acier classique).Les deux exécutions, inox et acier traité sont souvent proposées dans les catalogues des fabricants, principalement américains.
Dès le début 1970, et surtout en force depuis les années 1980, l’incorporation de polymères spéciaux (plastiques) dans les pistolets sera la norme pour les fabricants- mais nous y reviendrons.

Avant d’aller plus loin dans notre exploration, nous devons parler d’une notion essentielle : le calibre de la munition. De la « balle » en langage courant…

 

Les calibres

Sans entrer dans des complications inutiles ici, disons en simplifiant qu’il s’agit du diamètre de la balle (ce qui sort du canon de l’arme) ; vu la profusion de fabricants, de modèles et de systèmes, les différents calibres existants ou qui ont existés sont innombrables depuis la fin du 19e s. Heureusement le temps a fait son œuvre et certains de ces calibres sont devenus des classiques incontournables, toujours utilisés aujourd’hui. Avec encore de temps en temps l’introduction d’une nouvelle munition par certains fabricants, nouveautés qui ne survivent pas toujours à l’usage… Dans nos exemples et les armes examinées, nous nous concentrerons sur les calibres les plus courants, les plus utilisés.

Premier écueil : les unités de mesure
Les Anglo-Saxons expriment toujours la dimension de leurs munitions (conçues par des fabricants de chez eux) en pouce ! L’Europe, et le reste du monde : en métrique, c.à.d. en millimètres, pour les munitions de conception européenne.
Ceci vaut pour les revolvers comme pour les pistolets.
Par exemple le calibre européen pour pistolet, devenu universel, est le 9 millimètres Para, 9 mm Para. Autre exemple : le 7,65 mm
Une des munitions mythiques américaine pour pistolet est le .45
A noter qu’en pouces, la virgule pour décimales est remplacée par . et qu’on élide couramment  le 0 des unités, donc il s’agit de 0,45 pouce (inch) qu’en anglais on note (lorsqu'il s'agit d'armes) : .45  – où on n’ajoute jamais l’unité ou son symbole. Nom complet de cette munition : .45ACP (pour Automatic Colt Pistol- la firme Colt la mit sur le marché, mais elle est utilisée par d’autres fabricants d’armes)

Idem pour les autres, tel le .32 qui existe pour pistolet  : .32ACP
Comme 1 pouce = 2,54 cm ou 25,4 mm, vous pouvez constater que 0.32 équivaut à une dimension de 0,32x25,4 mm ou approx. 8,13 mm, que .45 équivaut à 11,43 mm .

Enfin, les appellations standardisées  -comme 9mm, 7,65 mm  ou .45-  ne donnent pas la mesure physique réelle de la munition mais une approximation.

Pour être complet il faut souligner que souvent une longueur est aussi donnée en métrique, comme 9x19mm, munition appelée  aussi 9 mm parabellum, ou plus anciennement 9 mm Luger ; la longueur de douille distingue cette cartouche de celles ayant le même diamètre…

Constitution d'une cartouche moderne COMPARAISON DES CALIBRES ARMES DE POING

Pour armes de poing 3 à 12) :

1) Calibre 12 d'arme de chasse - canon lisse
2) Pile type AA
3) .454 Casull
4) .45 Winchester Magnum
5) .44 Remington Magnum
6) .357 Magnum
7) .38 Special
8) .45 ACP
9) .38 Super
10) 9 mm Para (Luger)
11) .32 ACP
12) .22 LR

(illustrations Wikipedia)

Aussi on peut utiliser le qualificatif de « long » ou « short  (court) » pour cette distinction dans certains calibres, mais l’usage en est toujours standardisé comme c’est le cas pour le fameux .22 LR, Long Rifle ( munition de fusil au départ, plus puissante que la .22 long), LR qui la distingue du .22 long et du .22 short (faible puissance). En passant notez que .22 équivaut à approx 5,58 mm.
Parfois un autre qualificatif s’ajoute : comme magnum, qui indique que c’est une munition à forte charge, plus puissante que celles de calibre équivalent ; exemples :  .357 magnum (calibre très populaire pour revolver), .44 magnum (comme le revolver du fameux Inspecteur Harry) – et sachez qu’il existe même une .22 magnum.

Différents cal. .22 Trois des calibres les plus populaires
Trois des cartouches en .22
.22 Long - .22 LR - .22 Magnum 
De g. à dr. : 9mmPara - .40SW -.357 Magnum
(photo Polar Noir)

La percussion de la cartouche
Pour faire exploser la charge de poudre contenue dans la douille (ou étui) qui propulsera la balle (tête) de la munition il faut percuter une amorce, au centre de la face arrière de la douille.

A noter que le .22 est le seul survivant de l’ancienne technique de percussion annulaire, où la mélange d’amorce était contenu dans le bourrelet annulaire de la douille, une technique de fabrication réservée aux munitions peu puissantes…

Dernier élément important : l’arme de poing est souvent nommée ou qualifiée par le nom de sa munition. 
Exemple : un 9mm, un .45, un 7,65 …
Pour le .45 il faut cependant préciser s’il s’agit d’un pistolet ou d’un revolver, car  Colt développa le fameux Colt 45 de la conquête de l’Ouest, un revolver qui utilise une munition différente de celle de son pistolet semi-automatique Colt M1911, apparu bien plus tard, arme célèbre du hard-boiled classique et de l’armée US (voir illustrations).
Le 9 mm ne peut être qu’un pistolet (en anglais US courant on parle d'un "niner" ou d'un 9MM)

Je suppose que vous commencez à comprendre la soupe que peuvent créer les divers intervenants dans la confection d’un polar : on vous parlera d’un 45 mm !! d’un .9 mm !! d’un long 22… et j’en passe.
Quand ce n’est pas d’un revolver automatique ou d’un pistolet à barillet.

 
Efficacité des divers calibres
C’est matière de spécialistes, mais quelques grands principes restent valables/

Le tir est plus précis si le canon de l’arme est plus long (avec une limite cependant) ; aussi si la munition est plus rapide (vitesse de la balle).
Tout cela peut être contrarié dans les armes de poing par un recul trop important (fort calibres, pleine charge….etc) qui compromet les tirs en série.
Enfin la puissance d’arrêt est l’impact « coup de poing » qui peut arrêter l’élan d’un agresseur, ou pas ; le pistolet .45 ACP avait la réputation de puissance d’arrêt impressionnante à courte distance, mais au prix d’un manque de précision et d’impacts peu létaux.
Le .22 LR n’est pas le calibre dangereux qu’on veut faire croire dans la presse ; le problème est qu’il est perforant, surtout en fusil, et donc vite létal en touchant des organes vitaux internes, ou la tête. Et qu’il était très courant sous prétexte de chasse…
D’autre part, un tir de fusil est toujours plus précis et  plus puissant qu’à partir d’une arme de poing ; il est aussi de bien plus longue portée.
A partir d’une arme de poing, très peu de calibres peuvent pénétrer les carrosseries de voitures, même à courte distance.
Un tireur immobile, expérimenté, peut espérer une portée d’environ 50 mètres avec une certaine précision- il faudrait une aide à la visée et un calibre puissant pour augmenter la précision.
La portée effective au poing, pour garder une précision acceptable,  n’est que de 15 mètres environ avec des armes de service. En pratique : rarement plus de 10 mètres. En défense, 3 à 5 mètres (dû au stress et aux mouvements).

Le revolver

Son nom vient de son fonctionnement : de revolving (en anglais, qui tourne). Le nom revolver se réfère à sa caractéristique principale : un barillet qui stocke les munitions et tourne avant chaque tir.
C’est l’arme des cow-boys dont le principe existe toujours actuellement dans des exécutions modernes.
Mis au point après le milieu du 19e s., il est une réponse simple au problème de la conception  d’une arme de poing qui tire plus qu’un ou deux coups.
C’est des USA que vient la réponse définitive avec des armes produites par Colt ou Remington. C’est Samuel Colt, inventeur acharné et industriel, qui fixa les critères de conception et de fonctionnement qui sont toujours utilisés aujourd’hui, dès 1836 avec son premier modèle de revolver à capsule et poudre. Il  connu ensuite la renommée et la  réussite grâce à son modèle « Peacemaker » (=pacificateur ; fallait oser!), le fameux Colt 45 (voir illustration) que vous voyez dans les Westerns et qui ponctua les aventures sanglantes de la Cavalerie et des colons aux USA. Facile à produire en série, facile à entretenir par le tireur , facile à charger avec des cartouches métalliques monobloc (une nouveauté des années 1860) et fiable. Il sera adopté par l’armée américaine dans les années 1870.
La munition est la .45 Long Colt (dont nous avons déjà parlé).
Le barillet comprend 6 chambres (donc 6 cartouches) d’où le sobriquet de « six coups » pour ce type de revolver.

COLT .45 PEACEMAKER - 1872
Colt "Peacemaker" .45   - 6 coups  -  1872
Ancêtre des revolvers modenes

La conception générale fut vite copiée par ses concurrents aux USA et en Europe, pour produire des revolvers de tous calibres, et de toutes dimensions qui pulluleront - parfois dans des exécutions bon-marché et douteuses comme les Bulldogs et autres armes de poches. Les armées du monde entier seront équipées de revolvers de marques très différentes fabriquées  et conçues en Belgique, GB, France, Allemagne, Italie- les principaux producteurs en Europe, ou fabriquées sous licence américaine.

 
MAS 1892 Ordonance - 8mm - France Revolver Nagant 1895 - 7,62 mm - modèle 1932
Revolver d'Ordonance 1892 - MAS - 8mm -France
Double action - appelé parfois "Lebel"
Revolver Nagant 1895 - 7,62 mm - Belgique
fabiqué pour de nombreuses armées - modèle 1932

Action
Les revolvers de Colt (et autres) étaient à l’origine tous à fonctionnement en « simple action ». Ce terme se réfère à ce que fait le mécanisme dès qu’on appuie sur la détente (la queue de détente pour être précis ; et non la gâchette, terme populaire impropre) : une seule action en résulte. Cette action c’est le chien qui se rabat et dont le percuteur heurte violemment l’arrière de la douille de la cartouche (ce qui fait partir la balle après explosion de la poudre contenue dans la douille).
Pour tirer à nouveau, il faut :
-d’abord rabattre manuellement le chien vers l’arrière, où il se cale
-ce qui provoque simultanément la rotation du barillet qui met la chambre suivante en face du canon
-si dans cette seconde chambre se trouve une cartouche fraîche, le tireur peut à nouveau tirer une balle en pressant la détente; sinon le chien se rabattra mais non suivi d’effet, évidement !

Depuis l’après-guerre, tous les revolvers modernes ont un système de fonctionnement appelé « double action ». Un système apparu vers 1850 mais qui n’équipait que rarement les revolvers. L’usage s’est répandu vers la fin du 19e s.,  puis avec le 20e s. et la qualité croissante des constructions d’armes.

Le  système double action ne nécessite aucune intervention manuelle entre deux tirs, et est toujours prêt à tirer chien au repos, mais la pression à exercer avec l’index sur la détente est grande, ce qui explique son peu de succès au début avec des mécanisme manquant de souplesse, ce qui rendait  l’arme imprécise par mouvements involontaires de la main crispée.
Malgré des pressions moindres dans les détentes modernes, le risque d’imprécision existe toujours.
En double action, dès qu’on presse la détente, alors que le chien est vers l’avant ( au repos) :
-le cylindre du barillet tourne pour présenter une cartouche au canon et simultanément le chien se rabat vers l’arrière et puis revient en avant percuter l’arrière de la munition ; le coup part
-pour le coup suivant, il suffit de presser la détente à nouveau et les opérations ci-dessus se répètent simultanément

A noter qu’un double action peut fonctionner en simple action si on rabat manuellement le chien vers l’arrière, dans ce cas la pression sur la détente est plus légère et la précision du tir est augmentée… mais on perd du temps !
C’est la méthode pratiquée dans les tirs sportifs à la cible.

Colt Python - barillet ouvert (basculé) S&W 357 magnum- inox - extracteur
Colt Python .357 Magnum
Barillet basculé - tige d'extracteur bien visible
au centre du barillet (g.) , extracteur au repos
Smith & Wesson .357 Magnum - inox
étoile d'extraction visible à droite
(tige enfoncée-éjection)
(photos Polar Noir)

Pour charger et décharger l’arme il faut faire basculer le barillet latéralement (à gauche en général) en le déverrouillant au préalable. Une tige d’extraction « automatique » (l’éjeteur), passant par le centre du barillet permet alors d’éjecter toutes les douilles vides (ou les cartouches) en une fois, si on la presse.
Le chargement se limite à introduire les cartouches dans chacun des logements du barillet et à le refaire basculer vers sa position normale, où il se verrouillera.
Par le passé il y eut des revolvers qu’il fallait « casser » vers l’avant pour faire apparaître l’arrière du barillet et extraire les douilles ou charger, mais c’était au dépens de l’étanchéité voire parfois de la sécurité de fonctionnement.

Spécifications modernes
Les revolvers se distinguent
-par leur calibre  (en plus de ceux cités dans le texte) : 7,62 Russian mm, .38, 0.455 British, .22 LR, .32 S&W…etc.
-leur longueurs de canon : actuellement c’est le 4 inch (10cm) qui est le plus populaire, mais d’ autres longueurs : 2 inch, 6 inch, 8 inch, et intermédiaires,  sont aussi disponibles
-le nombre de coups : dépend essentiellement du calibre et des matériaux. Un petit calibre autorise plus de chambres dans un barillet normal.
-leur exécution : acier bruni ou bleuté, acier inoxydable, acier chromé (en désuétude)
-parfois par les instruments de visée : fixes ou réglables

Colt Python - .354 Magnum - prod. années 1970 Smith &Wesson - canon 2.5 pouces - .354 Magnum - inox
Colt Python - .357 Magnum - finition : bleuté
canon 4 pouces (env. 11,5 cm)

Smith & Wesson - acier inoxydable
- .357 Magnum - canon 2.5 pouces (6,5cm)

(photos Polar Noir)

Parmi les fabricants actuels de revolvers, citons
-Smith &Wesson avec une gamme très complète et une réputation de qualité ; une firme qui mit au point les calibres et revolvers classiques, voire mythiques, tels les fameux .38 special, .357 magnum, .44 magnum et qui offre toujours de grandes variétés de calibres et de finitions  pour la plupart de leurs modèles.
-Colt qui ne produit pas une profusion de modèles modernes mais certains restent très célèbres : le Colt Cobra, le Colt Python .357  magnum, le Colt Detective Special (canon de 50mm, .38 special) ; très haut degré de finition, grande qualité et précision
-Autre Américain : Ruger
-en Europe, le marché des revolvers était florissant surtout jusque dans les années 1950, avec des fabricants comme : Nagant, Webley, Enfield, MAS, Arminius.
Subsistent par la suite quelques fabricants tels Manhurin, Korth, Astra, Llama,  qui restèrent surtout comme fournisseurs des forces de l’ordre, et/ou  de modèles très spéciaux- pour le tir sportif par ex.

-A l’heure actuelle c’est le pistolet qui a pris le dessus dans les usages professionnels comme nous le verrons et on peut dire que Smith &Wesson est celui qui reste le plus fourni en modèles de revolvers. Suivi de quelques producteurs brésiliens comme Rossi et Taurus.

Avantages du revolver moderne
Il reste une arme de poing facile d’usage et très fiable par sa simplicité mécanique ; très bonne précision à partir d’un canon de 150 mm de longueur.
Une arme de défense qui peut rester chargée sans trop de danger, lors d’usages occasionnels.
Une très bonne arme d’entrainement au tir sur cible, même en petit calibre  (en .22 LR par ex.)
Pas de douilles perdues (ou incriminantes).

Désavantages (surtout en usage intensif et professionnel)- comparé au pistolet moderne
Capacité de tir limitée : 5, 6 ou 7 coups max.
Puissance réduite par les pertes de gaz au niveau du contact  barillet/canon et autres facteurs
Temps de rechargement assez longs
Encombrement (et même le poids)

Le pistolet

C’est cette arme de poing, le pistolet, qu’on qualifie injustement d’automatique, puisque techniquement on doit parler d’une arme semi-automatique car si elle permet un tir en coups consécutifs par pressions répétées de la détente, elle ne permet pas la rafale (qui est la caractéristique de l’arme automatique)- cependant l’usage a consacré le terme et lorsqu’on parle d’un « automatique » cela se réfère toujours à un pistolet semi-auto en langage courant.

Depuis le dernier quart du 19e s., surtout en Europe et avec pour but d’équiper les armées, des armes de poing essayeront de contourner les limites du revolver, en embarquant plus de munitions, et en permettant le tir à répétition. Pour cela, le système à barillet devenait un obstacle et on songea vite à créer un « chapelet » de balles que l’arme devait égrainer, ce qui faciliterait aussi le chargement. Ce seront des systèmes délicats, compliqués, prompts à l’enrayement jusqu’au début du 20e s. lorsque des systèmes plus surs furent mis au point.

FN Browning - semi-auto - 1900 -cal 7,65 mm Luger 9mm Parabellum + chargeur Colt .45 ACP - semi-aito - 7 coups FN GP 35 - 13 coups en 9mm dès 1935 !
FN Browning - 7,65 mm - 7 coups
Ancêtre du pistolet moderne semi -auto - mis au point en 1900
Luger P08 - 9mm Parabellum
8 coups - assura la renommée de sa munition 9 mmPara- dès 1906
Chargeur sorti
Colt  M 1911 - arme mythique US des truands, de l'armée et du hardboiled.  Cal. .45 ACP- 1911 - système Browning -7 coups - 
FN GP 35 - 13 coups en 9mm Para, dès 1935.Amélioration du système Browning. Préfiguration des semi-automatiques qui dans le monde, suivront  jusqu'en 1980 .

Browning, l'Américain, comprenant qu’en Europe la tendance aux automatiques allait se développer, en inventeur habile proposa à la FN en Belgique un système simple comprenant un chargeur groupant les balles, inséré dans la crosse de l’arme, et une glissière supérieure qui automatiquement introduit la balle dans le canon ; la FN mit sur le marché dès 1900 un petit « automatique » fiable (système Browning, d’où le nom de l’arme qui lui est restée). Plus tard (1903), Browning vend une nouvelle licence à la fois à Colt et à la FN et ce sera le point de départ des « automatiques » modernes, même si d’autres systèmes existeront à partir de 1910/12 surtout.

Du côté américain on aboutira au Colt M1911, à chargeur de 7 coups et calibre impressionnant de .45ACP ; il restera en service à l’armée de 1911 jusque dans les années 1980. Puissant et populaire, cette arme est celle des truands, de Mike Hammer et elle règne dans polar le hard-boiled américain jusque dans les années 80.

Les Allemands mettront au point une munition puissante, efficace et précise qui, au fil des ans, détrônera toutes les autres dans les pistolets : le 9 mm Parabellum, qui apparu d’abord dans une arme mythique le Luger Parabellum P08 (mis au point vers 1902), 8 coups, adoptée par l’armée en 1906, et qui longtemps resta supérieure à ses concurrents ; compliqué à construire, résistant mal aux encrassements, il fut finalement remplacé par le P38 de Walther, toujours en 9 mm Parabellum (ou Para) mais en double action.

De son côté, la FN va entreprendre une longue série d’améliorations qui passe d’abord par un pistolet  7,65 mm en 1910, copié dans le monde entier et qui équipe les forces de police. La finale sera une révolution, en 1935, en améliorant le système Browning du canon « flottant » pour produire un 9mm Para redoutable, le pistolet GP : chargeur de 13 coups, compact, puissant, précis et fiable. GP pour Grande Puissance...
Après la guerre, cette conception « inspirera » de nombreux fabricants et deviendra une sorte de standard.

Pour comprendre l’hégémonie de ce calibre, on notera qu’au début des années 1985, l’armée américaine adopta  un 9mm sous la forme d’un pistolet Beretta modèle 92 (15 coups, double action- modèle qui existait depuis 1976) qui remplaça le vénérable Colt .45 semi-auto. Un changement de mentalité aux US, même si l’arme adoptée est assez conventionnelle et volumineuse pour l’époque (matériel militaire oblige).

Ce sera encore d’Europe que viendra la révolution technique suivante, celle qui associée au calibre 9mm Para assura, à l’heure actuelle, la suprématie des pistolets sur les revolvers. C’est l’ère des super puissances de feu (chargeurs de 17/18 cartouches), des matériaux composites et des polymères, dans des  pistolets plus légers, qui débute discrètement par un modèle produit par Heckler und Koch en 1972 (leur fameux VP 70) et qui prendra tout son essor dans les années 80 avec notamment les fameux Glock (fabricant Autrichien, spécialisé jusqu'alors en pièces de plastique, pas en armes)-en commençant par leur modèle 17. Suivis à la trace par tous les fabricants, y compris ceux d’outre-Atlantique. Ces types de pistolets se sont imposés et ont des caractéristiques qui assurèrent leur succès auprès des forces de l’ordre et autres unités spéciales :  double action, absence de chien apparent, légèreté, précision du tir et… 17 cartouches dans le chargeur (parfois jusque 20 chez certains fabricants) tout en restant très compacts. Copies et perfectionnements pullulent jusqu’à nos jours

Une dernière remarque pour ces armes dernier cri : Smith & Wesson développa début des années 1990 une nouvelle munition pour concurrencer l’hégémonie du 9mm : le .40 SW, un peu plus puissant et à plus grand impact- en parallèle S&W mit aussi au point un ou deux modèles de pistolets correspondants. La munition rencontra un certain succès, surtout aux USA, mais ne reste qu’un brillant second. Ce calibre est proposé en variante par plusieurs fabricants, y compris en Europe.

Remarques :
De plus petits calibres sont encore utilisés pour des pistolets à destinations spéciales, le tir sportif ou le marché commercial. De plus gros calibres sont généralement réservés à des usages professionnels très particuliers et aux forces spéciales.

Et…Actions
Les pistolets furent d’abord tous en simple action et dès les années 1930, le système par double action se popularisa.
Le système à simple action dans les pistolets implique qu’avant tout premier tir on fasse reculer manuellement la glissière qui est autour du canon (dans tous les  systèmes d’action, cette glissière est souvent solidaire d’autres pièces servant de culasse qui s’applique à l’arrière de la munition, en position fermée- le percuteur est une tige solidaire qui traverse ces pièces et qui sera frappée par le rabattement du chien lorsqu’on actionne la détente) ; faire reculer la glissièreère entraîne les conséquences suivantes :
-le chien se rabat vers l’arrière et se cale dans cette position
-la munition est « accrochée » au retour (par système à ressort) de la glissière/culasse, sortie du chargeur et introduite dans la chambre, glissière/culasse reviennet en position fermée
-l’arme est prête à tirer, il suffit de presser la détente : le chien s’abattra et frappera le percuteur qui fera partir le coup en frappant l’arrière de la munition, en son centre

Pour le tir suivant, le recul de la détonation et/ou les gaz de l’explosion ayant fait automatiquement reculer la glissière/culasse (sans intervention manuelle), le cycle décrit ci-dessus se répète, mais en commençant par extraire la douille de la chambre, qui est immédiatement expulsée lorsqu’elle passe le système d’éjection ; tout ceci jusqu’à la dernière cartouche tirée : alors la glissière et la culasse restent en position extrême arrière, ouverte, découvrant le dessus du chargeur. Après l’introduction d’un nouveau chargeur, on libère les pièces mobiles qui entraînent la première cartouche dans la chambre.

On devine qu’il faudra incorporer des systèmes de sécurité (verrouillages), et parfois des indicateurs de « balle dans le canon », si le tir s’arrête avant que le chargeur soit vide, afin d’éviter les tirs intempestifs, ou conséquences de chocs !

Note : de manière classique, les cartouches sont mise à la queue-leu-leu verticalement dans le chargeur (jusqu’à 8 ou 10 cartouches selon le calibre) avec un ressort de poussée dans le fond pour les faire monter. Dans les pistolets contenant plus de cartouches c’est le système adopté dans le GP qui a la préférence : rangement en quinconce dans le chargeur

A l’heure actuelle, tous les pistolets modernes sont en double action, qui donc permettent de tirer dès que l’arme est en main, sans intervenir manuellement sur la glissière ou le chien.

 
Pour décharger l’arme :
Ejecter manuellement le chargeur de la crosse (souvent un bouton à presser fait office d’arrêt)
Toujours actionner la glissière pour éjecter toute cartouche éventuellement présente dans le canon !

Charger : introduire un chargeur contenant les cartouches dans la crosse de l’arme et actionner le tir (voir Actions)

 
GP 9mPara - chien rabattu visible à droite détail: on voit la tête du percuteur GP 35- glissière en position arrière GP 35 - fenêtre d'éjection des douilles vides
Après armement, on voit le chien  rabattu (à droite), prêt à tirer.  FN GP 9mm Para Détail: on apperçoit l'extrémité de la tige de percussion qui frappée par le chien percutera la cartouche Après le tir de la dernière cartouche
la glissière reste calée en  position arrière (FN GP 35)
GP 35 -9 mmPara :
Fenêtre d'éjection des douilles vides 
expulsées automatiquement (côté droit de l'arme)    
(photos Polar Noir)


Spécifications des pistolets modernes :
-le calibre ; en dehors de ceux déjà cité il y a : 9mm court (ou .380 auto), 6,35 mm, , .32ACP (ou 7,65 mm),  7,62 mm Soviet, .22 short (court) …etc.
-l’exécution (variantes pour un même modèle) : acier bleui, parkerisé ou chromé, acier inox, alliages d’alu
Remarque : les armes à matériaux composites (genre Glock) sont offertes sans variante de matériaux
-instruments de visée fixe ou réglable
-nombre de cartouches dans le chargeur standard

-Remarque : un même modèle de pistolet peut souvent être proposé en divers calibres par les fabricants

 
Fabricants actuels
Vu le succès des pistolets, la plupart des fabricants,  à partir des années 1990, produisirent des modèles de plus en plus nombreux- tel Smith & Wesson, spécialiste du revolver qui longtemps n’avait que 4 ou 5 modèles de pistolets à son catalogue ; pratiquement tous incorporent des clones de Glock.

Heckler & Koch (Allemagne) : réputé pour la grande qualité et la précision
Glock  (Autriche): jouit de sa réputation de novateur ; produit une gamme de 9mm assez variée selon la destination de l’arme- Glock 17, 19 (modèle le plus populaire) et citons le modèle 23 utilisant la munition .40 SW
FN (Belgique) : dérivés du GP et pistolets plus modernes ; firme innovante, qualité de fabrication
Beretta (Italie) : une énorme gamme de modèles dont plusieurs déclinaisons de son modèle 92
CZ (Tchécoslovaquie) : un 9mm célèbre, le CZ 75, et d’autres modèles plus récents- armes fiables de qualité
Sig (Suisse) : réputé pour la qualité de conception et la finition de ses pistolets dont le fameux modèle P210, en 9mm Para, considéré longtemps comme la meilleure arme de service au monde et dont des adaptations commerciales en avaient fait une arme de tir sportif de première qualité par sa précision de tir ; le P220 tout aussi haut en qualité, mais moins cher à fabriquer, prit le relai en 1975. A l’heure actuelle produit toute une gamme d’armes de qualité en partenariat avec l’Allemand Sauer.
Mauser (Allemagne) : firme de longue tradition. Produisit le Luger Parabellum début des années 1930 (après DWM, fabricant d’origine). Produit toujours quelques modèles modernes.
Walther (Allemagne)  Mit au point le P38, avant la guerre. Créa le mythique PPK, modèle compact des espions (et de James Bond) qui équipa la police allemande dans les années 1930. Toujours présente sur le marché avec des armes plus modernes (tout en fabricant toujours le PPK). Fabricant d’armes de tir sportif de très haute qualité, pistolets automatiques spéciaux de petits calibres, armes  de concours…etc.  qui régna en maître jusque dans les années 1980.
Colt (USA) reste très présent, mais catalogue pistolet assez retreint. Qualité toujours présente.
Smith & Wesson (USA) : très actif dans les nouveautés et innovations ; catalogue pistolets assez fourni depuis une vingtaine d’année- voir textes
Ruger (USA) : était connu surtout comme fabricant de revolvers mais développa toute une gamme de pistolets, culminant dans les années 1995 ; réputation d’armes solides mais qui posent parfois des problèmes. Nombreux 9mm dans leur gamme
Autres fabricants : Bernardelli, Rossi, Astra, Llama, Star, Norinco, Makarov…etc.

 
Quelques spécialités de Walther  (Allem.)
Walther PPK - 7,65 mm - arme des espions... Walther .22 LR pour tir sportif
Walther PPK - 7,65 mm - 1930
7 coups - compact et léger
Arme des espions et de... J. Bond
Walther semi-auto 22 LR
pour tir sportif - 5 coups
Tout est sacrifié à la précision du tir

EXEMPLES DE PISTOLETS 9mm Para CLASSIQUES MODERNES
S&W modèle 59 - 9mm Para Beretta modèle 92 -9 mm - 15 coups Sig P210 - 9mm Para - précision soignée
Smith & Wesson  - modèle 59
9mm Para - 14 coups
Tous les fabricants se mettent au
9mm Para
Beretta modèle 92 - 9mm Para- 15 coups
Adopté par l'armée US et la police
Existe en de nombreuses déclinaisons
Pistolet semi-auto que vous voyez dans les films et séries TV
Sig P210 (Suisse) - 9 mm Para
Le pistolet de servIce considéré comme le plus précis...
8 coups - conçu dans les années 1950 - existe en version sportive

PISTOLETS MODERNES CONTEMPORAINS: le règne du Glock 9 mm Para
Heckler und Koch - VP70 - 9mm Para Glock 19 - 9mm para - treoisième génération Block 23 - cal. .40 SW Smith & Wesson MP9 - 9mm Para
Années 1970: Heckler &Koch mit au point un pistolet 9mm Para innovant et compact : carcasse en polymère, 18 coups . Ce VP70 passa resque inapperçu ! Glock 19 - forme plus compacte du mythique Glock 17 (1983) qui révolutionna la conception du pistolet moderne par l'incorporation d'un maximum de polymères. 9mm Para - 17 coups - 600 gr. Glock 23 pour .40 SW
(variante du modèle 19)
Munition plus puissante en faveur aux USA pour les servives spéciaux. 15 coups - double action
chargeur en plastique
Smith & Wesson M&P 9
9mm Para - 17 coups
Construction inspirée du Glock, même si SW y a mis son savoir-faire... Beaucoup de fabricants ont suivi la tendance.

Avantages du pistolet (face au revolver)
Il suffit de relire ce qu’on note comme "désavantages du revolver" pour savoir où sont les points forts du pistolet moderne. En tête reste la puissance de feu (nombre de cartouches dans le chargeur).

Ajoutons : la possibilité d’ajouter un silencieux sur de nombreux modèles, ce qui réjouit les services spéciaux, les truands et les réalisateurs de Hollywood…

Désavantages des pistolets
C’est ce qui fait les avantages du revolver (voir chapitre précédant)…

-Ajoutons que l’enrayage (le système se bloque) reste le désavantage majeur,
-Le pistolet de gros calibre (.45ACP, 9mm, .40SW…etc) peut créer un recul important, et des « sautillements » de l’arme, après le départ du coup,  que certains tireurs ont du mal à maîtriser.
-La pression sur la détente est toujours plus importante (sécurité)
-Systèmes de sécurité qui peuvent ralentir le tireur


Arme spéciale : le Derringer
Nous citons cette classe de petits « revolvers » sans barillet car elle a toujours enflammé l’imagination des romanciers. C’est une arme typiquement américaine  (classée comme "pistol", dont différents modèles sont toujours fabriqués et très populaires aux USA, auprès du public), à plusieurs coups et plusieurs canons très courts (une balle par canon) de très petite taille, permettant de la mettre en poche et de la cacher.

arme de type Derringer- ouverte - cal .22LR - 2 coups
Arme de type Derringer 
 2 coups - .22 LR

Les calibres vont du .22 LR au .45, et l’arme possède généralement  2 canons. Simple, robuste et fiable.
Arme de défense  le Derringer n’est efficace qu’à très courte distance et n’offre aucune précision.

En Europe (et aux USA par la suite) la préférence est donnée à de très petits pistolets  semi-automatiques, à calibre réduit et très petit chargeur ; certains pour les forces spéciales.


EN ARGOT...

Dans la fiction romanesque et le polar en particulier, grâce au mélange du langage parlé et populaire, de l’argot -surtout parisien, ingrédients courants du polar français dans les années 1950 à 70, on rencontre nombre des vocables très différents pour désigner une arme à feu et ses munitions. La richesse du français populaire nous a permis d’établir les listes suivantes, une suite de mots colorés qu’on rencontrait dans le polar populaire ou argotique :

Revolver ou pistolet :
pétoire, calibre, eurêka (en référence à une marque de jouets célèbre), arbalète, flingue, pétard, soufflant, obusier

Mitraillette :
sulfateuse

Fusil :
fingot, flingue, seringue, tromblon

Balle (munition) :
pruneau, prune, valda, bastos, dragée
Une rafale= la purée

EB



Le pistolet mitrailleur (de petit format)

Destiné à tirer en rafales, c’est un véritable automatique.
Parfois de petites dimensions (on pourrait dire : des mitraillettes miniatures) elles utilisent les munitions des pistolets (c’est aussi le cas des plus grands modèles), des chargeurs de plus de 20 coups… et sont totalement prohibées pour la vente au public ! Une de ses caractéristiques importantes est alors qu’on peut tirer en utilisant une seule main, vu leur faibles encombrement et poids.
Les cadences de tir (de 600 à 1000 coups/minute) et son manque de précision en fait une arme dangereuse dans les mains du tireur inexpérimenté.
Elle reste toujours dangereuse, puisqu’elle « arrose » sa cible, et il ne faut pas être un fin tireur pour avoir des résultats à faible distance. C’est l’arme des gangs modernes, des narcotrafiquants… parfois de certaines forces spéciales d’intervention.

Parmi les premiers qui furent efficaces dans ces modèles miniatures : le Ingram MAC 10 (.45ACP- 1200 c/min !), le Skorpion (7,65 mm -armeTchèque), la micro UZI (9mm Para)…

Pistolet mitrailleur - Ingram Mac 10 - .45ACP Pist. Mitrailleur- UZI Micro - 9mm Para Heckler und Koch - MP 5K (court) - 9mm Para Brûgger Thomet - MP9 - pistolet mitrailleur multi tâches
Ingram MAC 10 -  .45 ACP Uzi Micro - 9mm Para
(dérivé de la fameuse mitraillette)
Heckler und Koch - MP 5K - 9mm Para Brügger-Thomet  - MP9 - 9mm Para - accessoires multiples 

Actuellement de nombreux fabricants produisent des armes automatiques équivalentes, modernisées : Brügger –Thomet MP9(Suisse- voir illustration - arme de qualité  permettant de fixer de nombreux accessoires pour missions spécialisées), Steyer TMP, Heckler & Koch MP5K, ou encore le révolutionnaire FN P90 à chargeur horizontal (à munition moderne de faible calibre, mais perforant). 
Outre aluminium et alliages légers, on assiste ici aussi à l’invasion dus polymères (allègement, pas de corrosion) dans les modèles récents.

FN P90 - pistolet mitrailleur révolutionnaire de 1990
FN P90 - révolutionnaire - 5,7x 28 mm
chargeur horizontal 50 coups - 900 coups/minute - (canon à dr. sur la photo)

Et on rencontre parfois les armes suivantes...                                     

Pour mémoire nous citons très succinctement ci-dessous quelques catégories hors armes de poing mais qui apparaissent fréquemment dans la littérature policière violente

 

Le pistolet mitrailleur de grand format (mitraillette)

Avec ces armes, au début dérivées des carabines, on quitte le domaine des armes de poing. Leur fonctionnement et leurs calibres sont similaires à ceux de la catégorie précédente, mais nous parlons ici de ce qu’on appelle couramment la mitraillette ; celle des forces de l’ordre, de l’armée ou du gangstérisme .

Leurs déclinaisons modernes permettent évidemment  le tir en rafale mais aussi le coup par coup et parfois de brèves salves (3 ou 4 coups par séquence)

-Parmi les ancêtres, la fameuse Thompson qui équipait les truands de l’ère de la prohibition et… le FBI, puis les Marines ; typique avec son chargeur rond (« camembert » -une bande véhiculant les minutions y est enroulée en escargot et donne une réserve de  50 ou 100 coups- elle acceptait aussi des chargeurs droits) ; elle tirait du .45 ACP à la cadence de 800 coups/minute max. ! En 1942, une version simplifiée à chargeur droit uniquement équipa l’armée américaine.

Mitraillette Thompson - cal .45 ACP - 1928 Mitraillette Thompson - version 1942
Mitraillette Thompson des années 1920 Mitraillette Thompson - version 1942

Après la seconde guerre mondiale ce type d’arme connu un fort développement, la plupart des modèles étant peu chers à produire. Plus tard on se dirigea également vers des armes hybrides, plus précises et plus sophistiquées, dérivées des fusils d’assaut modernes (armes automatiques).

- L’UZI 9 mm Para, fameuse pour sa rusticité, sa robustesse, sa précision acceptable  et son faible coup de production- mise au point en Israël dans les années 1950. Plus tard elle fut déclinée en d’autres modèles plus petits (voir chapitre précédant). Elle fut utilisée par les forces de l’ordre en Europe et… par nombre de truands.

-Typique du développement moderne et inspiré des fusils d’assaut, Heckler und Koch (encore eux !) mit au point leur fameux MP5 (début des années 1960), une arme en 9 mm Para, d’une qualité exceptionnelle, qui en tirant coup par coup reste d’une grande précision, et d’une grande efficacité en rafales.
C’est l’arme qu’on voit équipant les forces d’intervention de la police de nos jours dans les films. 66 cm de long, 800 coups/min, 2,5 kg à vide. Ce genre de « mitraillette » sophistiquée n’est pas bon marché à produire.

-Parmi les tendances actuelles : le FN P90 déjà cité, le Steyer AUG Para, le Calico M960 (USA)…etc.
Notons que de plus en plus, les polymères sont utilisés dans ces armes, comme le récent CZ  Evo 3A1 dont toute la carcasse extérieure, y compris la crosse rétractable  et le chargeur, est fait en polymères (plastiques haute résistance) ; canon, pièces mobiles, mécanisme, sont évidemment en métal ! L’arme fait 42 cm crosse repliée pour 2,7 kg, et tire du 9 mm Para- chargeur 20 ou 30 coups (voir photo)

 
MITRAILLETTES MODERNES : invasion du 9mm Para
Heckler und Koch - MP5 - mitraillette 9mm Para Mitraillette CZ Evo - 9 mm para - en polymères
Heckler und Koch : mitraillette MP5  9mm Para CZ Evo 3A1 (Tchèque) - 9 mm Para - un bon résumé des tendences actuelles  (voir texte)     (photo Polar Noir)

Le fusil à pompe (shotgun, riotgun)

Arme de chasse à plus de 2 coups, à réarmement manuel, à un seul canon lisse, dont l’usage fut détourné par les forces de l’ordre américaines et qui fut déclinée en nombre de modèles plus spécialisés (canon plus courts, plus de cartouches embarquées- 7 à 10…etc). On actionne manuellement « la pompe », une pièce massive qui glisse horizontalement sous le canon pour faire monter la cartouche de chasse dans la chambre, et l’action manuelle de retour de la « pompe » vers l’avant  referme la culasse : tout est alors prêt pour presser la détente. Les cartouches sont stockée dans un tube "magazin", sous le canon. Après le coup, la glissière reculée manuellement fera l’éjection de la cartouche vide et on reprend un cycle comme déjà décrit. On doit donc agir manuellement entre les coups.

Elle tire du calibre de chasse (généralement le 12) une cartouche chargée de  grenailles de plomb, de diamètres divers jusqu’à à la bille unique d’acier (selon le type). La « douille » (l’étui) n’est pas métallique (carton ou plastique), seulement son fond avec l’amorce l’est. Le calibre, en anglais « gauge » pour ce genre de cartouches et de canons, entraîne des diamètres d’autant plus grands de l’étui que le chiffre est faible : Un calibre 8 ou 10 sera de diamètre de canon plus important que le 12…C’est une "dimension" sans unité, càd ni mm ni inch.
La notion qui mène à ces chiffres est assez archaïque, mêlant la livre de plomb et le diamètre du canon pour y arriver !
Vous devinez directement la soupe qu’en font les traducteurs…

Redoutable à courte distance, au bruit assourdissant  et au recul spectaculaire (surtout si le canon est assez court) , le fusil à pompe impressionne. C’est aussi une arme peu chère qui deviendra vite l’arme du malfrat de base aux USA dès les années 20. C’est elle qu’on voit souvent dans les films les plus violents…

Remington Shotgun - calibre 12
Shotgun Remington - calibre 12

Fabricants : Remington, Winchester, Smith & Wesson, Savage, Mossberg…
Signalons les excellentes fabrications précises et fiables, de l’italien Benelli.

 

 
Corrections de légendes et d’exagérations diverses

Pour terminer, par rapport aux armes examinées, soulignons quelques vérités :

-le bruit : les armes à feu sont bruyantes par les déflagrations, souvent à un niveau mal toléré, dangereux pour l’ouïe, bruit augmentant avec les calibres et les charges, et dans les espaces fermés ; alors, les pétarades des feuilletons et films par de gens aux oreilles libres tirant chargeurs de pistolet à la chaîne… !

-silencieux en bout de canon : seuls les pistolets peuvent éventuellement en être munis (et certains pistolets mitrailleurs); pour un revolver cela ne sert à rien vu le manque d’étanchéité entre barillet et canon qui laisse passer les gaz et… le bruit !

-une arme s’encrasse à cause des déchets de poudre et particules contenues dans les gaz qui se déposent; il faut la nettoyer très régulièrement. C’est proportionnel au nombre de cartouches tirées . Le pistolet demande un démontage pour un nettoyage correct ! Si ce nettoyage n’est pas fait, dans toutes les armes on risque corrosions, enrayages, affaiblissement de certaines pièces.

-le canon d’une arme qui vient de tirer est brûlant ; avis aux empoignades…

-le recul d’une arme de poing est très mal géré par une personne non entraînée…

-le revolver convient toujours mieux à une personne non entraînée ; elle garde une chance de pouvoir l’utiliser et de faire feu

-tirer en courant est affaire de pro, très difficile et tout à fait imprécis…

-tirer à la hanche avec un fusil à pompe de gros calibre est possible, si vous savez ce que vous faites ; les autres s’en tirent au mieux avec un ou deux doigts cassés

-le pistolet indétectable et de production courante, est toujours un mythe : le problème des étuis de cartouches n’étant pas résolu à ce jour et restent en métal, sans parler de la balle, tandis que le pistolet conserve lui aussi quelques pièces métalliques.

On pourrait continuer la liste… au risque de lasser.

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Nous espérons que vous voilà armés pour affronter auteurs distraits, traducteurs facétieux et éditeurs négligeants, après la lecture de notre petit résumé pratique qui  vous servira de guide dans la jungle des calibres et du polar. Soyez vigilants !

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E.B.
(Article de E.Borgers - 2012)



BIBLIOGRAPHIE SUCCINTE

Pistols of the World, Ian V. Hogg & John Walter, Kraus Publication, 2004
Jane’s Guns Recognition Guide, Ian Hogg & Rob Adam, Harper Collins, 1996
Encyclopaedia of Pistols and Revolvers, A.E. Hartink, Rebo Productions, 1996
Modern Handguns, Robert Adams, Grange Books, 1995

Revues – entre autres :
L’Amateur d’armes, France
Guns magazine, USA 
Handgunner, USA


 


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page créée le 21 juillet 2012