CANAL NOIR



   
     



        PAUL COLIZE

       
 
 

Si cet  auteur est entré en écriture assez tardivement, il n’a fallu que quelques romans trempés dans le polar pour qu’il se fasse remarquer. En bien.
La qualité de son style n’est certainement pas étrangère à l’attrait qu’exercent ses textes, souvent teintés d’ironie mais toujours entre ombre et lumière. Des textes policiers qui oscillent entre énigmes et versant noir du genre, des oscillations contrôlées, car Paul Colize ne peut envisager que des sujets qui le captivent ou l’interpellent. Un passionné de l’écriture qui a su dépasser sa première approche égocentrique de cette occupation qui par essence est, pour tous ceux qui la pratiquent, individuelle et solitaire.

Taxé de dilettante par certains, ceux-ci ne se doutent pas qu’ils  lui rendent justice  car Paul Colize est vraiment un dilettante mais au sens premier strict: «  celui qui s'adonne à un art par plaisir  ».   
Il a élargi récemment la diffusion de ses livres. Heureusement pour nous, lecteurs.


J’ai rencontré cet auteur belge à Waterloo, en avril 2010, et il a accepté de répondre à mes questions.

E.Borgers 
avril 2010

 



EB
Pourquoi écrire du polar , Paul Colize ?   
Ma première question est assez bateau, mais je crois qu’elle s’impose dans votre cas car vous exercez une activité professionnelle très différente…

Paul Colize
J’en suis arrivé à écrire du polar complètement par hasard.
Je travaillais pour un groupe international de consultance pour management, où j’étais chargé de formation, formateur donnant des cours en entreprise. Ce groupe a été repris par un nouveau groupe, et moi, avec certains collègues, nous ne nous plaisions pas trop avec ce nouvel actionnaire et nous avons décidé de quitter l’entreprise. Ce qui pouvait se faire de deux façons ; la manière noble : nous donnions notre démission  en bloc et nous formions notre propre société, ou la manière hypocrite : on se faisait payer pour partir  - donc se faire mettre dehors et partir avec du pognon… Et, c’est cette méthode hypocrite que nous avons choisie. Nous avons donc formé un « complot » pour quitter cette entreprise, et ce complot a fonctionné.  Ce « complot » qui a duré environ trois mois, était en fait cocasse, plein de drôlerie, mais aussi plein de tensions.
Par la suite,  nous nous sommes souvent dits que nous devrions consigner tout ce qui était arrivé durant cette période, toutes les péripéties…
Finalement j’ai décidé d’écrire ce qui était arrivé, car on risquait d’oublier cette véritable aventure…

EB
L’écrire ? Pour votre usage personnel, pour vous ?

PC
Et pour mes collègues et pour mon entourage. Je l’ai fait en autoédition, à 50 exemplaires, uniquement pour eux.
J’ai pris un plaisir à écrire ce truc ! C’était vécu…
Quand j’ai remis le texte complet, terminé, aux autres, j’étais subitement comme orphelin.
Après la rédaction du déroulement de cette « farce », j’avais encore envie d’écrire, et comme j’avais lu des dizaines, voire plus, de polars auparavant dans ma vie, ce second texte a été un polar. Le premier vrai bouquin que j’avais envie d’écrire après cette « farce » était un polar…

EB
C’est donc par le virus de l’écriture, du plaisir d’écrire,  que vous est venu  des envies de romancier, et de continuer à écrire. Et, pourquoi en polar ? Parce que c’est la littérature qui vous était la plus proche et la plus familière.
Je me trompe en résumant ainsi l’étincelle de départ ?

PC
Non, c’est juste. J’avais envie de continuer à écrire et c’était évident que cela ne pouvait être qu’un polar car je lisais tout le temps des polars. C’est comme cela que ça a débuté, un peu par hasard, et que j’ai  commencé à publier. Assez tard donc, je n’étais pas tout jeune…

EB
Oui, mais d’un autre côté vous aviez déjà lu beaucoup de choses, fait et vu beaucoup de choses dans votre vie…
Votre nom d’auteur, c’est un pseudo ?

PC
Oui, un pseudo. C’est une anagramme de mon vrai nom.

EB
Utilisé depuis le début, donc. Je suppose que c’était pour éviter les confusions avec votre vie professionnelle ?

PC
Dans le milieu de ma profession il aurait été difficile d’admette qu’un type sérieux puisse écrire ce genre de romans… C’était donc en partie pour me protéger.

EB
Mais avant d’avoir choppé le virus de l’écriture, que lisiez-vous comme genre de polars ?

PC
Je lisais de tout, vraiment tout…

EB
Par exemple, de la Série Noire et du Fleuve Noir aux romans d’Agatha Christie ?

PC
Au départ, c’était un choix très intuitif : essentiellement le titre.
Déjà, lorsque je choisissais des bouquins pour ma grand-mère  lectrice assidue de romans policiers, et qui m’envoyait chercher des livres pour elle, c’était le titre qui m’attirait…
« L’armoire en bois », je ne le prenais pas !

EB
Mais, « L’armoire hurlante », ça c’était bon…

PC
Oui, des choses du genre… Le titre était mon repère.
Puis j’ai peaufiné mes choix, mais sans donner la préférence à un genre. J’ai mangé à tous les râteliers.
Même par la suite, je n’ai jamais suivi un auteur de A à Z. Par contre j’ai été de plus en plus attiré par le polar réaliste, tout en continuant dans les divers sous-genres.
En finale il y a quand même eu certains auteurs que j’ai suivi plus que d’autres, comme Lashner, Meyer, par exemple, que je suis encore maintenant.
Je lis encore et toujours, ce serait un vrai péché pour un auteur que de ne pas lire…
Stephen King a écrit un essai sur l’écriture et sa vie que j’aime bien, Écritures ( Écritures : Mémoire d’un métier, 2001-  Ndlr), même s’il ne faut pas tout prendre,  et dans lequel il dit quelque chose que j’aime assez : qu’il faut lire de tout, les « mauvais », comme les bons, mais aussi de rester ouvert, de ne pas faire de sélections rigides, ce qui permet de faire des découvertes…

EB
Lorsque vous écrivez, vous continuez à lire de la fiction ?
Certains auteurs arrêtent totalement durant leurs périodes d’écriture.

PC
Je lis car je me documente beaucoup  pour mes romans, mais je lis aussi de la fiction durant ces périodes.

EB
Si mes recherches sont exactes, votre première publication date de 2000 ?

PC
Oui, c’est exact

EB
Par contre je ne suis pas parvenu à identifier vos deux premiers éditeurs : Seff et MMS, avant Krakoen…

PC
Ça ne m’étonne pas : Seff, c’est moi et MMS aussi. Comme à la base j’écris pour le simple plaisir d’écrire, l’autoédition me suffisait. J’étais content de matérialiser le livre. J’avais commencé par produire des cahiers A4, photocopiés, lorsqu’on m’a signalé les possibilités d’éditions électroniques, et en finale elles étaient moins chères pour un meilleur résultat.
D’où la nécessité d’y indiquer un nom d’éditeur : Seff étant le nom de la personne qui m’a aidé en créant un site Web pour essayer de les vendre. J’avais envie d’avoir le « bébé » en main, de pouvoir le montrer à mes enfants, mais la vente n’était pas l’objectif premier.

EB
Les couvertures et la présentation générale de vos premiers romans étaient bonnes, et l’édition structurée. De là mon interrogation de ne pas trouver un éditeur établi.
Je suppose que vous avez découvert Krakoen par la suite, lors d’un salon ou de manifestations dédiées au polar ?

PC
Oui, c’est bien ça… Via des forums dédiés au polar j’ai fait la connaissance d’auteurs de polars, dont Hervé Sard qui était chez Krakoen. C’est lui qui m’a conseillé de passer par cette maison coopérative  au lieu de rester en autoédition, m’expliquant que je bénéficierais de plus de moyens, de contacts. Je me suis dit « Pourquoi pas ? », et ce fut l’édition chez eux de La troisième vague (2008- voir nos commentaires dans Polar Noir). Mais mes motivations restent uniquement l’écriture et je ne recherchais pas la notoriété. L’approche de Krakoen me semblait de plus tout à fait adéquate, car mon ego est satisfait par le fait d’écrire ; c’est une passion que j’exerce à côté d’une vie professionnelle dont je vis. Je ne cherche pas les tirages à tout prix… Évidemment, face à des gens qui s’investissent fort dans le futur de leurs écrits, qui placent dès le début beaucoup d’espoir dans le succès et la reconnaissance, j’apparais comme un dandy, et on me traite vite d’amateur ou de dilettante.

EB
Dilettante, c’est plutôt flatteur…

PC
Oui, et je le prends plutôt bien
D’autre part, je suis très content d’être chez Krakoen car c’est une formule qui me permet une certaine liberté et d’être malgré tout mon propre éditeur.  Je garde  le regard sur toutes les étapes. Ce qui n’est pas toujours le cas avec des éditeurs plus traditionnels.

EB
J’ai vu que vous alliez bientôt faire paraître un roman avec Antoine Lagarde : Le valet de cœur, chez Krakoen. Ce roman, vu son sujet, me semble être la reprise d’un de vos romans existants, publié ailleurs en 2005: Quatre valets et une dame.

PC
Oui, c’est la republication de ce roman de 2005, mais je suis en train de revoir le texte et d’y apporter de petites modifications.

EB
Des modifications du texte qui sont des modifications « cosmétiques » ?

PC
En quelque sorte, oui. Je ne change rien à la structure ou à l’intrigue, mais je revois parfois le texte.  Et quand on se relit, on a toujours envie de changer quelque chose. Mais ça reste le même roman…

EB
Antoine Lagarde, personnage central de Le baiser de l’ombre (2010), ainsi que du roman de 2005, Quatre valets et une dame, dont nous venons de parler, serait le personnage récurant d’une trilogie à compléter, selon certaines annonces. Vous allez donc le faire revenir dans un troisième roman ?

PC
Non, et ce plus que certainement. Je n’y tiens pas, car je ne suis pas très emballé par l’utilisation d’un personnage fortement récurrent.  Je m’en tiendrai à deux volumes avec Antoine Lagarde.

EB
Vous vous méfiez donc du personnage récurrent qui risque de rendre trop mécanique, trop formatée, une série de livres… Remarquez que beaucoup s’y sont perdus, ne sachant pas arrêter assez vite une série qui se répète et finit par manquer d’inspiration…

PC
Oui, c’est certain. D’autant plus que rester avec un personnage dans une série de romans limite vos possibilités d’auteur : ce personnage est bien défini, il ne fera jamais certaines choses, vous ne pourrez pas le mettre dans certaines situations. Comme auteur, vous perdez ainsi une partie de votre champ d’exploration.
Je ne veux pas écrire sous de telles contraintes,  je veux garder ma liberté d’imagination. Et je m’ennuierais vite à devoir toujours naviguer dans les mêmes sphères…
Donc, pour toutes ces raisons,  il n’y aura pas de série avec Antoine Lagarde.

EB
Et on parlera de diptyque, au lieu de trilogie…
Par contre, réutiliserez-vous votre personnage de Jean-Pierre Vandamme , cet autre enquêteur malgré lui qui est le personnage central de Clairs obscurs ?

PC
Non. De plus je ne rééditerai pas ce roman, car il traitait des problèmes créés par la Scientologie, cette secte d’endoctrinement,  et je me rends bien compte que, vu son contenu,  s’il paraît de manière plus « publique », je risque d’avoir des problèmes avec ces gens. Ils n’hésitent pas à vous faire un procès, c’est une de leur caractéristique, dans l’espoir de vous anéantir. Et comme ils disposent d’une kyrielle d’avocats et de juristes qui ne servent qu’à ça… Je préfère ne pas le republier  (roman publié en autoédition en 2004- Ndlr).

EB
J’ai vu que vous aviez collaboré à un recueil de nouvelles, publié il n’y a pas si longtemps : Fenêtre sur court (2006), un collectif en autoédition,  pour lequel vous avez fourni plusieurs textes.
Ce recueil est essentiellement policier ?

PC
Toutes les nouvelles du recueil sont policières, parfois au sens large du mot, mais toutes font partie du genre. J’y ai 8 textes. Il y a d’autres auteurs qui ont collaboré, comme Hervé Sard, Sébastien Charles… Sept auteurs et 45 textes

EB
Je suppose que vous aviez déjà publié des nouvelles auparavant?

PC
Oui, mais pas énormément. Un petit volume récent de Krakoen a été consacré à des nouvelles, et j’y ai participé (Le mystère Krakoen –collectif- 2010). J’en ai aussi soumises à divers concours, comme tout le monde. Par contre j’en ai plus d’une  centaine dans mon tiroir. De diverses longueurs…
Comme je vous l’ai dit, j’aime écrire, et la nouvelle fait partie de l’exercice.

EB
La nouvelle, un art  assez difficile qui réclame des qualités de concision et de précision dans l’écriture…
Revenant à Krakoen ;  Krakoen vous permet certainement d’avoir une meilleure visibilité pour vos romans. Le cercle d’information s’élargit par rapport à ce que vous deviez faire lorsque vous vous éditiez  vous-même, même si vous faisiez l’effort de participer à des salons du livre et à des festivals polar…

PC
Il faut quand-même signaler que mon roman Quatre valets et une dame a été distingué par un jury populaire, le public donc, et qu’il était dans les 5 finalistes pour le Grand Prix Polar VSD 2009. Il n’a finalement pas gagné le prix, mais j’ai été très heureux de voir que mon roman avait plus au public… Le gagnant était publié par « Les nouveaux auteurs ».
Je le répète,  je suis très content de mon expérience avec Krakoen, une association qui doit beaucoup à ses membres actifs et surtout à son fondateur, Max Obione, homme efficace qui travaille énormément.

EB
Max Obione est aussi un excellent auteur de nouvelles et romans noirs…

PC
Oui. Il n’était plus très jeune quand il a commencé, mais il est très bon…

EB
Nombre de vos romans peuvent être qualifiés de romans à énigme légèrement dévoyés, comme ceux avec votre personnage d’Antoine Lagarde. Par contre le côté noir était nettement plus marqué dans  La troisième vague qui traitait de l’énigme historique des Tueurs du Brabant et des massacres qu’ils ont perpétrés en Belgique. Vous avez envie de vous diriger vers des romans d’une veine plus noire ?

PC
Mon dernier roman publié, Le baiser de l’ombre (voir nos commentaires dans PN) était d’inspiration assez légère, avait des caractéristiques  de whodunit, comme vous l’aviez fait remarquer dans vos commentaires,  avait aussi  un côté humoristique et était basé sur une solide documentation qui en était le point de départ  (la peinture de Gustav Klimt et Carl Moll ainsi que leur époque- Ndlr) ; par contre celui que je suis en train d’écrite est très noir.  J’avais envie de changer d’ambiance et de registre. Je n’aime pas rester toujours enfermé dans les mêmes ambiances dans mes romans. D’ailleurs si celui qui est en cours d’écriture sera très noir, c’est un peu en réaction par rapport au précédent. Il s’appellera  Back Up

EB
Est-ce que ce roman noir se passera en Belgique, et y aura-t-il  des connotations politiques dans le sujet ?

 PC
Ce sera sans connotations politiques ni référence à des événements politiques. Une partie seulement passera en Belgique car l’intrigue sera faite de plusieurs fils qui se rejoignent.

EB
Je ne vais pas vous en demander plus quant  à son contenu. Vous l’aurez fini bientôt ?

PC
Difficile à dire..  Je l’ai commencé en juin dernier et en général il me faut de un an à un an et demi pour terminer un roman. De plus, je suis libre, aucune échéance ne m’est imposée, donc j’y travaille à mon rythme. Et ici aussi, j’ai besoin de beaucoup de documentation… J’effectue d’ailleurs toujours un travail de documentation pour mes livres qui constitue une base pour ce que je veux écrire. Par exemple : la semaine prochaine je serai à Berlin pour me documenter, faire des repérages ; quand on lit de la documentation, certains aspects, certaines ambiances vous échappent. C’est pour ça que dans la mesure du possible j’aime me rendre sur place. Pour Le Baiser de l’ombre, en dehors de la documentation factuelle sur les peintres, j’ai été visiter les musées et certains lieux spécifiques.
Pour La troisième vague, j’ai dû évidemment faire pas mal de recherches sur les Tueurs du Brabant, et au cours de celles-ci j’ai fait la connaissance d’un spécialiste belge de ces faits, Michel Leurquin, et c’est à lui que j’ai demandé de faire le dossier historique complet de ces affaires criminelles (qui se déroulent durant les années 1980 et firent 24 victimes -Ndlr) qui devait être annexé à mon roman pour que le lecteur actuel puisse en comprendre le contexte; je n’aurais pas pu faire cela par moi-même car cela dépassait le cadre d’une simple documentation, même fouillée, pour un roman…

EB
Et à tout cela s’ajoute le soin que vous apportez  à l’écriture, ce qui demande également du temps, je suppose… ?

PC
Oui, évidement, surtout que je me relis beaucoup, que j’apporte beaucoup de modifications à mes phrases. Souvent je les lit à haute voix pour vérifier que rien n’accroche dans leur déroulement ou leur sonorité… je modifie alors en conséquence.  C’est vrai que tout cela prend aussi du temps.

EB
Et, tel que nous vous connaissons, de la passion. La passion d’écrire.  Nous restons dans l’attente de votre nouveau roman. Avec impatience. 
Je vous remercie, Paul Colize d'avoir bien voulu répondre à mes questions



 © 2010 E. Borgers 




 
 





 

   PAUL  COLIZE    

  Paul Colize
             
(phot. E. Borgers)            





















Bibliographie

Le baiser de l'ombre, Krakoen, 2010
La troisième vague, Krakoen, 2008
Sun Tower, MMS, 2007
Quatre valets et une dame, Seff, 2005
Clairs obscurs, Seff, 2004
Le seizième passager, Seff, 2002
Les sanglots longs, Seff, 2000

Nouvelles  (collectifs)
Le mystère Krakoen, Krakoen, 2010
Fenêtres sur court, MMS, 2006






 
 
 
   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
  
 
Liens sur le WEB:

Site  reprenant les autoéditions de P. Colize (Une passion)   

Éditions Krakoen  :  éditeur actuel de P. Colize

Contactez-nous:  freeweb@rocketmail.com
 


 

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Mise à jour de cette page: nil
Création: 28 avril 2010


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