POLAR NOIR




Les métamorphoses du Scorpion

à la recherche du catalogue des Éditions du Scorpion




« Les Éditions du Scorpion » sont célèbres principalement pour deux originalités qui furent leurs réussites incontestables, même si le tirage n’était pas toujours au rendez-vous : La publication de certains des premiers romans de Boris Vian, alors romancier débutant et ignoré, ainsi que la publication de romans policiers noirs mêlant  romans français originaux et anglo-saxons traduits, se ralliant ainsi à la vague de succès croissant que le genre, (principalement anglo-américain) rencontrait en France dès 1945, sous l’impulsion, notamment, de Marcel Duhamel et de sa Série Noire. Et parmi ceux-ci, le roman qui lança la maison d’édition en 1946, le pastichant J’irai cracher sur vos tombes de Vernon Sullivan, « traduit de l’américain par Boris Vian », réunissant les deux pôles mentionnés. Un canular éditorial qui grâce à son parfum de scandale rencontra un succès immédiat, mais ce fut à la fois ce qui fit décoller « Les Éditions du Scorpion » et ses collections naissantes et ce qui l’enterra sous les poursuites judiciaires, amendes et interdictions de vente qui frappèrent le roman de Vian/Sullivan, au point de faire sérieusement vaciller la jeune maison d’édition de Jean d’Halluin.  Et de mettre Boris Vian en danger de condamnation pénale, après les lourdes amendes infligées (qui ne seront levées qu'en 1953). Mais le Scorpion avait la peau dure et continuera d’exister jusqu’à la fin des années 60, toujours à la limite de rupture.

Les Rditions du Scorpion - logo rouge

Tout le monde s’accorde pour reconnaître que la grande période de cette maison d’édition, pleine de découvertes et d’innovations, sans parler des fameuses couvertures au lettrage graphique agressif et terriblement « modernes » face aux normes actuelles, s’arrête en 1951 lorsque s’arrêteront les collections : Les Romans noirs, La Série blanche, La Société de minuit, Les Gants noirs et Histoire de rire. « Alternance », par contre,  est conservé comme nom de collection tout au long de l’histoire du Scorpion.
Ce qui suivra ne semble plus s’aligner sur une ligne éditoriale bien définie, si ce n’est que les sujets tabous et scandaleux pour l’époque s’y retrouveront tout au long de son existence, de la prostitution à l’homosexualité, démarche par ailleurs commune à beaucoup de petites maisons d’éditons secondaires de l’époque. Pour le reste, tous les genres seront abordés, de la littérature populaire de, ou à la, Maurice Dekobra, aux récits de guerre et de voyage, en passant même par un dictionnaire de mots croisés. Comme beaucoup d’éditeurs qui veulent grandir et qui essayent tous azimuts, et pas toujours avec réussite. Mais la maison survit et recueillera malgré tout quelques perles, rares ou brillantes, que vous trouverez au sein de la liste établie par François Darnaudet pour l’article qui suit.

Boris Vian - L'automne à Pekin - 1947 -éd. originale Annonce d'un roman inexistant - dos de volume Boris Vian dans le film "Les liaisons dangereuses 1960"
Un des grands romans de Boris Vian -
éd. originale (1947)
Les casseurs de Colombes annoncé
au dos des volumes du Scorpion
Boris Vian et Jeanne Moreau
dans le film Les liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim  (1959)

François Darnaudet vient de publier Bison Ravi et le Scorpion Rouge (Mare Nostrum, 2009), un court roman basé sur la recherche d’un texte et l’existence réelle d’un titre annoncé par Vian au dos des volumes du Scorpion (Les casseurs de Colombes), réputé jamais publié et dont il semble n’avoir existé que dix feuillets écrits par Vian. Il faut dire que la vie de ce surdoué était plus que bien remplie, et les tâches se succédaient à un rythme effréné : traducteur, poète, dramaturge, critique, compositeur de chansons, parolier, musicien de jazz, acteur, scénariste. Entre autres. Sans oublier un diplôme d’ingénieur…
Grand admirateur de Boris Vian, François s’est lancé à ses risques et périls dans les arcanes historiques des Éditions du Scorpion à la recherche des données et faits entourant la collaboration de cet auteur avec d’Halluin, et ses publications bicéphales Sullivan/Vian chez cet éditeur. Mal (ou est-ce bien ?) lui en pris, car il ressortit de ses recherches contaminé à tout jamais : la piqûre du Scorpion…
De découvertes en découvertes, tirant toujours plus sur son fil conducteur, François Darnaudet voulut tout savoir de cette maison qui abrita les débuts de Boris Vian, mais aussi  les Raymond Queneau sous pseudonymes, James Cain, Léo Malet, un Thomas Narcejac ivre de romans noirs (bien éloigné de son lamentable La fin d’un bluff, 1949,  destiné à discréditer le genre), quelques romanciers rares, mais aussi nombre de romans annoncés  dont la confirmation reste très difficile (voire inexistante).
Ce qui l’amena à établir une liste de titres recensés lors de ses recherches et de commenter quelques points forts de celle-ci pour établir l’intéressant article que nous vous livrons ci-dessous.
Si la liste n’est pas exhaustive, tout en étant riche de 225 titres, elle balaye cependant très large et nous permet de (re)découvrir certains titres curieux, voire fort intéressants, tapis dans les replis du catalogue du Scorpion, cet éditeur mythique qui, on s'en rendra compte, mêlait littérature populaire et élitiste, scandales et platitudes.

E. Borgers  (pour présentation et légendes des images - août 09 - revu nov. 09)




FRANÇOIS DARNAUDET (auteur de l’article)

Bison Ravi et le Scorpion rouge - F. DarnaudetAuteur de romans fort diversifiés, du  fantastique au roman noir, maniant le récit onirique aussi bien que la fiction historique, François Darnaudet est par ailleurs un ardent défenseur du « transgenre » car il affectionne les mélanges, parfois contre nature, de littératures dites de genre. Son dernier roman paru
Bison Ravi et le Scorpion Rouge (Mare Nostrum, 2009) est un hommage à Boris Vian et à son éditeur « populaire » des années 40, les Éditions du Scorpion.
Il réside actuellement dans la région de Perpignan

François Darnaudet
   (photo © C. Mesplède)
Bibliographie
°(partielle) dans Wikipedia 
°dans Sud Express (débuts et nouvelles)


Dans POLAR NOIR:  les commentaires détaillés sur certains romans et nouvelles




LES  ÉDITIONS  DU  SCORPION

 un article de François Darnaudet

 

                                                   Les éditions du Scorpion (1946 – 1969 )

                                                        225 titres (provisoirement) recensés

 

Avertissement : Cet article recouvrant les 24 années des éditions du Scorpion est, de par la complexité du problème, évolutif. A l’heure actuelle, nous situons le nombre de livres publiés par les éditions du Scorpion dans une fourchette allant de 280 à 300 titres.
Nous remercions Yves de Mellis qui nous a narré la rocambolesque « fin du Scorpion » de 1966 à 1969, Louis Thirion qui a évoqué avec beaucoup de poésie ses rencontres avec d’Halluin dans le Quartier latin des années 64/69 et Dominique Rocher qui nous a précisé la position de ces éditions en 1959. Il nous a semblé logique d’inclure leurs témoignages dans les commentaires accolés aux notices de leurs romans respectifs.
Avant de nous lancer dans la jungle aux scorpions, rendons hommage à l’ami Jacques Bisceglia qui avait commencé à débroussailler les lieux dans son monumental livre de cotes de 1985/86, à une époque où la France ne connaissait que le Minitel.

 

Création des Éditions du Scorpion

On peut considérer que l’aventure du Scorpion débute ainsi qu’Alain Vian, frère de Boris, la narre : « Un jour de juillet, par l’intermédiaire du contrebassiste de l’orchestre Abadie, Georges d’Halluin dit Zozo, Boris fait la connaissance de Jean d’Halluin, un jeune éditeur d’une vingtaine d’années qui tente de lancer sa maison : Les éditions du Scorpion, alors sises rue Clément. »
Alain Vian restitue à sa manière le dialogue entre Jean d’Halluin et Boris Vian : « Ecoute, Boris… Est-ce que tu pourrais me faire un bouquin qui plaise autant que Tropique du cancer de Henry Miller ? et voici la réponse : « Bon, ben tu me laisses quinze jours et je te ponds un truc » Le « truc » sera J’irai cracher sur vos tombes dont le titre initial était J’irai danser sur vos tombes, écrit entre le 5 et le 20 août 1946.
L’idée géniale du remplacement de « danser » en « cracher » vient de Michelle Léglise, la première femme de Vian.

La première époque du Scorpion avec le logo du scorpion rouge en quatrième de couverture ou, exceptionnellement, du Scorpion astrologique bleu  pour le livre couleur blanc cassé de Raymond Guérin est lancée. Dans son Manuel de Saint-Germain des Prés, Vian nous renseigne sur le couple des éditeurs :
« Jean d’Halluin : Directeur des Editions du Scorpion,… Il possède de vrais scorpions vivants qui lui ont été ramenés d’Egypte par Gabriel Pommerand. Il est très jeune (26 ans), pas radin pour un éditeur, fidèle à Cluseau-Lanauve qui lui dessine des couverture rouges et noires depuis quatre ans. Colette d’Halluin, la Scorpionne, est une personne dont, au physique comme au moral, on ne peut penser que des choses flatteuses… »
Les éditions du Scorpion s’appellent ainsi en hommage de Jean à sa femme Colette, née sous ce signe astrologique.
Voici ce que nous apprenons sur Jean d’Halluin lors du procès J’irai cracher sur vos tombes de la bouche d’André Berry ( dans le dossier établi par Noël Arnaud sur le procès des « tombes ») : « Je savais par Raymond Guérin, qui me l’avait présenté, que M. d’Halluin avait derrière lui une carrière parfaitement honorable, M. d’Halluin est âgé de 23 ans maintenant. ... il était issu d’une génération d’imprimeurs, avait un père journaliste, … Après avoir fait ses études dans un collège religieux de Rennes, et au Lycée de Lyon, il avait passé son bachot, et, seules, les atteintes de la phtisie l’avaient empêché de poursuivre ses études. ». Plus intéressant est ce commentaire d’André Berry concernant les débuts de d’Halluin dans l’édition : « … car je crois qu’il avait commencé purement et simplement par éditer des livres d’enfants, et des plus enfantins qui soient. » (il s’agit très certainement du numéro 1 de notre catalogue, Rongetout-Trapue et Trotinette-Moustachue).

 Raymond Queneau définit parfaitement les premières années des éditions du Scorpion :
« … d’Halluin qui est un jeune éditeur, un des rares jeunes éditeurs actuels qui poursuivent leur œuvre en publiant des auteurs qui, je dois dire, sont, le plus souvent, les mêmes que ceux que nous publions aux éditions de la Nouvelle Revue Française/Gallimard. »

 
Vernon Sullivan - J'irai cracher sur vos tombes - 1ère édition - 1946
Vernon sullivan (Boris Vian) - J'irai cracher sur vos tombes - 2ème édition (1947) Vernon Sullivan - J'irai cracher sur vos tombes - édtion illustrée - 1947
Première édition  de 1946
Vernon Sullivan (Boris Vian)
Les débuts du Scorpion...
Deuxième (et suivantes) édition
Changement de couverture
A partir de 1947
Edition limitée illustrée par
Jean Boullet- 1947 
 ( Rare)



Première époque du Scorpion (1946-1951)

  Les livres sont majoritairement rouges et noirs, avec des explosions de titres aux polices variées, à quelques exceptions près signalées en commentaires dans la liste. Ils s’ornent d’un joli scorpion rouge stylisé en quatrième de couverture. Le catalogue comporte de très grandes signatures, souvent sous pseudonymes. C’est l’âge d’or des éditions de Jean d’Halluin. Nous n’avons pas inclus dans cette liste,  Histoire du cinéma  américain, Pierre Artis, éditions Colette d’Halluin, 1947. Ainsi que Dans la casbah de Lucienne Favre et La grande bataille de Clémenceau par André Tardieu, tous publiés aux éditions Colette d’Halluin. Ils figurent néanmoins dans les catalogues de certains livres du Scorpion comme Les Hommes de sang de Forestier et dans le bon de commande déniché par Guy Durliat (voir notice numéro 2 ci-dessous).
Un des grands pièges des catalogues du Scorpion est la mention de livres qui n’existent pas et n’ont jamais existé (exemple : Les casseurs de Colombes de Boris Vian qui est à l’origine du roman humoristique Bison Ravi et le Scorpion rouge écrit par l’auteur de cet article et paru chez Mare Nostrum en 2009) de livres qui n’existent pas en Scorpion mais ont peut-être connu une publication ultérieure sous un autre titre (exemple :  J’ai eu ma part de John Amila) ou ont été finalement édités chez d’autres éditeurs (exemples : le troisième tome de la trilogie noire de Léo Malet : Sueurs aux tripes ainsi que Le faune de marbre de Nathaniel Hawthorne).
On notera que cette époque dorée où les bons auteurs sont légion (Vian, Queneau, Guérin, Hyvernaud, Malet et dans une moindre mesure, Narcejac, Chase, Bastiani, Audouard et Padgett) correspond à la période des sept publications de Boris Vian et à l’annonce de la  huitième qui ne viendra jamais. Nous sommes tentés de voir avec le départ de Vian la fin de la première époque. Evidemment, les poursuites judiciaires concernant les deux premiers Sullivan ont laissé des séquelles dans le couple auteur/éditeur formé par Vian/d’Halluin.

 
Liste des titres :


1-      Rongetout-Trapue et Trotinette-Moustachue, textes d’Alexis Remizov, illustrations de Jean Cagnard, 16 pages, format à l’italienne. Commentaire : ce livre en couleurs a la particularité de ne pas avoir de dépôt légal et ne peut-être daté que par déduction. En outre, si le nom de l’imprimeur ( Lecram-Servant ) est bien imprimé en quatrième de couverture, l’expression « Les éditions du Scorpion, SRL, 12 rue Blanche, Paris » est un simple et unique coup de tampon violet en troisième de couverture. Il n’y a aucun logo spécifique pour symboliser le Scorpion. Malgré la qualité des textes et dessins ainsi que de l’impression, nous avons presque un fanzine sous les yeux. Cependant, nous avons deux arguments pour le dater de 1946. Conçu pour un public très jeune, il semble correspondre exactement au témoignage d’André Berry lors du procès de Vian et d’Halluin: « … car je crois qu’il avait commencé purement et simplement par éditer des livres d’enfants, et des plus enfantins qui soient. » . Dans ce cas, il s’agirait bien du premier livre au label des éditions du Scorpion avant la rencontre historique des deux jeunes gens. D’autre part, si les éditions du Scorpion étaient  bien sises en 1946 lors de la publication du numéro 3 (les « tombes ») rue Blanche, elles seront au moins dès le numéro 6 (le Guérin), en 1947, établies rue Jean-Goujon. La cote de ce livre est très aléatoire, entre 20 et 300 euros.

2-     Ferragus, Honoré de Balzac, 1946. Commentaire : cet ouvrage était signalé par Noël Arnaud dans « les vies parallèles ». Guy Durliat (membre de la Société des lecteurs de Georges Hyvernaud) a eu la preuve quasi-certaine de son existence en dénichant dans le fonds Hyvernaud un catalogue/bon de commande des éditions du Scorpion mentionnant ce titre en tête de catalogue au prix de 75 Frs, volume in 8 suivi par « les tombes ». Durliat, par ailleurs scorpionophile averti, le considère comme le numéro 1 des éditions du Scorpion. Il nous semble que l’absence de Rongetout dans ce bon de commande de l’éditeur comportant 14 ouvrages parus du Scorpion mis à la vente et 3 à paraître plaide plutôt en faveur de Rongetout pour la place de numéro 1. Comme si d’Halluin trouvait a posteriori que Rongetout n’avait pas sa place dans son catalogue et le considérant comme un numéro zéro à oublier. D’ailleurs, pour justifier la présence de Ferragus, d’Halluin le présente comme « le premier roman policier français ! ». N’oublions pas non plus  le témoignage d’André Berry sur les débuts de d’Halluin pour faire pencher la balance en faveur de Rongetout. Notons que, jusqu’à présent, nous n’avons jamais rencontré de collectionneur possédant cette réédition de Balzac. Avis aux amateurs, les recherches sont ouvertes…

3-     J’irai cracher sur vos tombes, Vernon Sullivan, achevé d’imprimer le 8 novembre 1946. Commentaires : 8 éditions différentes recensées par F. Roulmann. Faut-il préciser que Vernon Sullivan était le pseudonyme de Boris Vian ? Signalons que la première édition comporte une couverture grise, rouge pâle et blanche avec un dessin de scorpion jamais repris par la suite. Elle est évidemment beaucoup plus rare que l’édition rouge et noire au titre explosé avec scorpion rouge moult fois retirée. Mentionnons également la très belle édition illustrée par Jean Boullet en 1947 qui est, de loin, la plus cotée, avec un tirage à 960 exemplaires dont 10 hors commerce.

4-     Chroniques de septembre, Louis Guitard, préface d’Eugène Frot, 1947. Commentaire : chroniques journalistiques à la tonalité très nationaliste et conservatrice.

5-     Œdipe, Jean Boullet, 1947. Commentaire : livre d’art tiré à 425 exemplaires par le grand peintre et illustrateur Jean Boullet qui réalisera notamment un célèbre portrait de Boris Vian.

6-     La main passe, Raymond Guérin, achevé d’imprimer le 20 juin 1947. Commentaire : une méditation philosophique écrite avec un style proche de celui du « roman noir » par l’auteur bordelais gallimardien de L’Apprenti et de Les Poulpes.

7-     L’Automne à Pékin, Boris Vian, 1947. Commentaire : couverture probablement réalisée par Boris Vian. Souvent considéré comme l’un des chefs d’œuvre, voire le chef d’œuvre de Boris Vian. Il est à noter que cette première édition au Scorpion présente des différences stylistiques avec la réédition de 1956 chez Minuit qui est à l’origine de toutes les versions récentes.

8-     Les Morts ont tous la même peau, Vernon Sullivan, achevé d’imprimer le 10 septembre 1947. Commentaire: le Nègre Dan Parker qui passe pour un Blanc commet des excès sexuels à la chaîne dans le milieu Blanc...On notera que le nom de ce personnage fut inspiré du nom bien réel de Daniel Parker, instigateur de ligues de moralité et cheville ouvrière des procès et interdictions lancés à l'encontre de J'irai cracher sur vos tombes (et de Les morts ont tous la même peau qui sera interdit conjointement par le tribunal). Mais, la réalité dépassant toujours la fiction, lorsque plus tard, le même Daniel Parker s'en prit à Gallimard (pour Henry Miller) on découvrit le vrai pédigrée du sieur Parker: le censeur moralisateur écouté sous Pétain était aussi un pédophile-pédéraste notoire échappant aux condamnations par les interventions des autorités ecclésiastiques...(rappelé par Jean-Jacques Pauvert dans Visages de la censure).

9-     Faites danser le cadavre, Raymond Marshall, 1947. Commentaire : pseudonyme de James Hadley Chase, collection « Les romans noirs » dirigée par Hélène Bokanowski. Commentaire : C’est Hélène Bokanowski qui, leurrée par la première fausse traduction de Boris Vian de son J’irai cracher sur vos tombes, lui proposera sa première vraie traduction, Le grand horloger de Kenneth Fearing, Nourritures terrestres, 194 7. On peut considérer que la collection « Les romans noirs » est une séquelle à la publication du Fearing, mais cette fois au Scorpion. Elle comprendra 11 titres. D’après Noël Arnaud, le Fearing était inscrit au catalogue des éditions du Scorpion. Cela ne suffit pas pour en faire un vrai Scorpion, même si la tentation est grande…

10- On est toujours trop bon avec les femmes, Sally Mara, traduit de l’irlandais par Michel Presle, achevé d’imprimer le 8 novembre 1947, collection « Histoire de rire ». Commentaire :Mara et Presle sont des  pseudonymes de Raymond Queneau, l’unique.

11- Ainsi soit-il, Maurice Raphaël, 1947/8. Commentaire : il s’agit du premier nom de plume de Victor-Marie Lepage, celui qui deviendra Ange Bastiani, auteur à succès de la Série Noire. Sans oublier qu’il fut également ancien responsable gestapiste de l’Eure-et-Loir. Ce roman fait partie avec J’irai cracher sur vos tombes, I shall spit on your graves et Les morts ont tous la même peau, des ouvrages du Scorpion poursuivis par la justice française.

12- I shall spit on your graves, Vernon Sullivan, The Vendôme Press, achevé d’imprimer le 27 avril 1948. Commentaire: c’est la traduction à l’envers de J’irai cracher sur vos tombes réalisée par Boris Vian avec l’aide de Milton Rosenthal, un pigiste américain des Temps modernes. The Vendôme Press n’est qu’une façade éditoriale, il s’agit donc bien d’un vrai Scorpion qui ne veut pas dire son nom. Son apparence est d’ailleurs calquée sur les Scorpion habituels. Il s’agit là de l’objet livre du Scorpion le plus rare et le plus cher avec les « tombes » version Boullet.. D’après les actes du procès, ce titre a été tiré à 2000 exemplaires mais les invendus (nombreux) ont été pilonnés par décision de justice. Il est donc difficile de dire combien il en existe réellement. En janvier 1951, à Londres, un stock de cette édition est également envoyé au pilon sur décision de justice. A l’origine, ce livre avait été annoncé au dos des volumes avec le titre « Ye Shall Defile and Destroy Them ». (voir aussi le dossier Polar Noir sut les diverses traductions anglaises)

13- Dix ans avec Marcel Cerdan, Lucien Roupp, 1948. Commentaire : un Scorpion atypique pour cette première époque. Tout est dit dans le titre…

14- Les amours buissonnières, André du Dognon, juin 1948. Commentaire : roman explicite sur l’homosexualité qui jouit d’un certain renom sur internet..

15- Faut que ça saigne, Thomas Narcejac, 1948 (en fait, co-écrit par Serge Arcouët alias Laforest alias Terry Stewart et Thomas Narcejac). Collection « Les gants noirs ». Commentaires : Une suite jamais publiée est parfois annoncée sous le titre de Race de chiens ! Signalons également que ce roman noir a la particularité d’avoir été co-écrit par l’un des deux auteurs du bicéphale Boileau-Narcejac, ennemis déclarés, dans leurs écrits théoriques, du « roman noir ». Enfin, pour en terminer avec ce roman culte du Scorpion, n’oublions pas que son premier titre non retenu fut Parlez d’un nègre !.

16- Et on tuera tous les affreux, Vernon Sullivan, paru le 20 juin 1948. Commentaire : ce roman de science-fiction policière et humoristique sera illustré en bande dessinée par Alain Tercinet, le spécialiste de jazz et romancier, et publiée en 1967 par Eric Losfeld. Détail amusant : la BD et le roman ont à peu près la même cote chez les bouquinistes.

17- N’y mettez pas votre nez, Raymond Marshall, 3e trimestre 1948, collection « Les romans noirs ».

18-  La vie est dégueulasse, Léo Malet, septembre 1948. Collection « La société de minuit ». Commentaire : Il s’agit de la réédition du roman publié début 1948 à la S.E.P.E. Léo Malet réglera ses comptes avec le Scorpion et d’Halluin, rebaptisés « les éditions du Scolopendre » dans une aventure de Nestor Burma.

19- Traquenards, Raymond  Marshall, 4e trimestre 1948, collection « Les romans noirs ».

20-  Marie-Octobre, Jacques Robert, achevé d’imprimer le 30 novembre 1948. Commentaire : le roman est très différent du film avec Danielle Darrieux.

21-  Y’a pas de justice, James Curtis, 1949, collection « Les romans noirs ».

22- L’aventure est sur la mer, Charles Nordhoff, 25 janvier 1949.

23- La peau et les os, Georges Hyvernaud, préface de Raymond Guérin, 1949. Commentaire : ce roman a été publié, avec quelques années de retard, grâce à l’intervention de Guérin, ami de d’Halluin. Hyvernaud commentera dans des écrits ultérieurs très acerbes son expérience au Scorpion. Pour en savoir plus, il faut se reporter aux remarquables publications de la Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud. Notons pour les collectionneurs, qu’il existe en deux versions : une Cluseau-Lanauve typique rouge et noire avec scorpion rouge en quatrième de couve et une mixte inspirée de celle de Raymond Guérin avec scorpion astrologique en couve et scorpion rouge en quatrième de couve. Pour l’anecdote et l’amour de la chine, il existe peut-être un retirage du livre effectué par d’Halluin et caché au couple Hyvernaud. N’oublions pas que d’Halluin est souvent décrit comme un sympathique « coquin ».

24- Alors ça biche ?, Forestier, 1949. Collection « La société de minuit ».

25- Les Ecrevisses ont le dernier mort, Jacques Thinus, 1949.Collection « Les gants noirs ».

26- Deux hommes dans sa peau, R. Hubert-Floriot, 1949. Collection « Les gants noirs ».

27- Débrouillez-vous avec la morte, Eugène Moineau, 1949. Collection « Les gants noirs ». Commentaire de Paul Maugendre : « Il (Moineau) fut attaché au service de presse du Fleuve Noir et a publié dans les années 60/70 une petite revue mensuelle destinée aux libraires et aux critiques qui était fort agréable à lire. Il aurait écrit également sous divers pseudos. »

28- Les hommes de sang, Forestier, achevé d’imprimer le 10 mars 1949. Collection « La société de minuit ».

29- Au petit poil, Yvan Audouard, achevé d’imprimer le 16 mai 1949, collection « Histoire de rire ». Commentaire : la grande plume sudiste du Canard Enchaîné. Audouard était un ami de Boris Vian.

30- Les Fourmis, Boris Vian, achevé d’imprimer le 5 juillet 1949.

31-  Le soleil n’est pas pour nous, Léo Malet, 1949. Collection « La société de Minuit ». Commentaire : le troisième tome de la « trilogie noire » de Malet, Sueurs aux tripes est annoncé en quatrième de couverture mais il ne sera jamais publié au Scorpion.

32- Fuyez, douce image, Forestier, 1949. Collection « La société de minuit ».

33- Du tord-boyaux pour les durs, William O’Farrell, 1949, collection « Les romans noirs ».

34- La môme casse-burette, Franklin James, 4e trimestre 1949, collection « Les romans noirs ».

35- C’était le paradis, John O’Hara, 1949. Commentaire : par un auteur américain récemment redécouvert et traduit.

36- Rien ne va plus, Gérard Frasson 1949.

37- Bluffs, Gérard Frasson, 1949.

38- La femme amoureuse, J. Hardy, 1949.

39- Le festin des charognes, Max Roussel, 1949. Commentaire : Max Roussel aurait écrit un livre collaborationniste en 1941. En l’état de nos connaissances, ce n’est qu’une rumeur. Par contre, il a « traduit et adapté » un roman totalement délirant d’Ernst Ratno intitulé Ne sont pas morts tous les sadiques, publié en 1948 par « Fournier Valdes » et, parfois, attribué au Scorpion. Selon certains chercheurs, Ratno et Roussel ne feraient qu’un.

40- Je n’en rougis pas, Anne Salva, illustration de couverture de Ferracci. Commentaire : roman sur la prostitution, très belle couverture atypique avec un lampadaire.

41- Lucy la douce veuve, Gilles Milartoc, 1949. Commentaire : en quatrième de couve est annoncé  J’ai eu ma part, un John Amila ( Jean Amila ) qui ne sera jamais publié par le Scorpion.

42- Le monde inversé, André du Dognon, 1949.

43- Dix leçons d’éducation sexuelle, Odette Poulain, George Sinclair, 1950. Commentaire : ce titre préfigure la future curieuse ligne éditoriale de d’Halluin lors de la Deuxième Période.

44- Journal intime, Sally Mara, janvier 1950, collection « Histoire de rire ». Commentaire : le second Quenau/Sally Mara/ Michel Presle. On remarquera que Queneau et Vian se retirent du Scorpion au même moment.

45- Trafic en mer, Charles Nordhoff, 1950.

46- De deux choses l’une, Maurice Raphaël, 1950.

47- Elles se rendent pas compte, Vernon Sullivan, juin 1950. Commentaires : De nombreux ouvrages, par ailleurs fort documentés,  mentionnent une date de parution antérieure erronée. Il s’agit du septième (en comptant le Vendôme Press) et ultime Vian publié au Scorpion malgré l’annonce en quatrième de couverture d’un huitième jamais écrit (à l’exception de onze feuillets), Les Casseurs de Colombes. N’oublions pas que la dernière note prise par Vian, retrouvée par Noël Arnaud, pour la rédaction des « casseurs » date de janvier 1950.

48- Un petit coin peinard, M.-A. Hall, 2e trimestre 1950 collection « Les romans noirs ».

49- Guet-Apens, Lewis Padgett, 4e trimestre 1950 collection « Les romans noirs ». Commentaire : Vian traduira en 1953 la nouvelle Tout smouales étaient les borogoves du bicéphale Padgett (= Catherine Moore et Henry Kuttner). Couple mythique de la science-fiction américaine.

50- La main dans le sac, Raymond Marshall, 1950. collection « Les romans noirs ».

51- Cadavres à  Manhattan, John Roeburt, 1950. collection « Les romans noirs ».

52- Drôle de nuit, James Curtis, 1950. collection « Les romans noirs ».

53- A corps perdu, John O’hara, 1950.

54- Le Festival, Maurice Raphaël, 1950.

55- Bourric Polka, Jean Piverd, 1950, collection « Histoire de rire ». Commentaire : prix Tabou 1950. Le prix Tabou a été créé par et pour les éditions du Scorpion.

56- Les deux ne font pas la paire, Jacques Castain, 1950.

57- Des souris à la crème, Pierre Salva, 1er trimestre 1951, collection « Histoire de rire ». Commentaire : les motifs explosés en rouge et noir disparaissent de la couverture au profit d’un dessin de brune pulpeuse non signé  « à la Pichard ». La tranche rouge et le Scorpion rouge au dos de quatrième se maintiennent encore. En quatrième de couve est annoncé Les casseurs de Colombes de Boris Vian.

58- Hollywood-Méditerranée, Marc Méloni, 1951, collection « Histoire de rire ». Commentaire : l’esthétique de ce livre est très proche de celle du Salva avec une pin-up stylisée en couverture.

59- Tout pour la flûte, R.. Fauchet, 1951, collection « Histoire de rire ».

60- Les cochons n’ont pas d’ailes, Pierre Salva, 1951, collection « Histoire de rire ».

 

 
Léo Malet - La vie est dégurulasse - rééd. Scorpion_1948 Vernon Sullivan (Boris Vian) - Elles ne se rendent pas compte - 1950 M.A. Hall - Un petit coin peinard - 1950
Rééd. du roman de Malet en 48
Le 3e volet de la Trilogie Noire
ne sera pas publié au Scorpion
1950 : parution du dernier des sept
romans que publia Vian au Scorpion
dont 5 Sullivan (y compris une trad.)
Roman traduit de l'anglais (1950)
de M.-A. Hall
Collection  Les romans Noirs

DEUXIEME EPOQUE :  (1951 – 1969)

 Les couvertures rouges et noires ainsi que le scorpion rouge au dos de quatrième disparaissent. On peut légitimement se demander pourquoi. Les titres n’explosent plus, les formats sont aléatoires mais les illustrateurs plus réalistes comme Brenot créent une esthétique attachante. Les auteurs sont de notoriétés très inégales.  Le catalogue des éditions du Scorpion perd en renommée malgré quelques jolis coups éditoriaux (Paul Malar, Maurice Dekobra, Anne Mariel, Marise Querlin, Yves de Mellis) ou littéraires (James Cain, Georges Arnaud). L’exhaustivité du recensement est, pour l’instant, difficile à obtenir. Jean d’Halluin n’a plus de ligne éditoriale apparente. Des mémoires de guerre côtoient des livres coquins, des romans d’aventures et des études géographiques. On trouve même des biographies de grands musiciens et de la science-fiction française…

 Mentionnons quelques titres phares qui jalonnent ces années :

 

Liste des titres :

 61- Coups de tête, James Cain, juin 1951. Commentaire : il existe une édition rare avec la jaquette montrant un homme tenant dans ses bras une femme et une édition plus commune avec une femme au maillot de bain.(illustration de Brenot).

62- Appel des sexes, Marthe Richard, 1951. Commentaire : couverture avec un visage de jeune femme aguicheuse. Roman par celle qui osa fermer les maisons closes en France. Prix Tabou 1951.

63- Bataillon Monclar, Jacques Bouttin, 1952. Commentaire : témoignage sur un bataillon de l’ONU en Corée.

64- Corrida de la peur, Tom Lea, 1952. Commentaire : roman tauromachique écrit par un peintre américain. La jaquette en couleurs est illustrée par Brenot.

65- Tropique du caducée, Paul Malar, 2e trimestre 1952. Commentaire : un certain succès commercial. L’illustration de la jaquette est une photo stylisée de jolie femme noire nue zébrée par le titre rouge sur fond jaune. La couverture est signée par « Massin ».

66- Ordre alphabétique, Jamblan, 1952. Commentaire : couverture de Peynet.

67- Les fugitifs de l’ennui, Jean Laupretre, 1952. Commentaire : un roman sur l’Indochine.

68- Les Vertus Craboncrague, Roger Rabiniaux, 17 dessins de l’auteur (couverture de Dubout), 1952,  Collection “Histoire de rire”.  Commentaire : Prix Tabou 1952. Pour l’anecdote, l’auteur (de son vrai nom : Roger Bellion) était sous-préfet de Saint-Flour. Le jour de la remise du prix, Boris Vian, membre du jury,  s’amusa à dédicacer cet ouvrage qu’il n’avait pas écrit à Jean Carlier.

69-  La bousculade, Yvan Audouard, 1953.

70- Les Oreilles sur le dos, Georges Arnaud, 1953. Commentaire : pseudonyme de Henri Girard (Montpellier1917- Barcelone1987), écrivain, journaliste et bourlingueur dont la vie est un vrai roman noir. Auteur du très célèbre  Le salaire de la peur (1950) qui devint rapidement un succès de librairie malgré son côté noir et âpre. Ce roman fut adapté dans ce qui est un des sommets du film noir français par H.G. Clouzot, en 1953 (avec Yves Montand, Charles Vanel et Folco Lulli, tous trois exceptionnels de vérité). Les oreilles dans le dos est un roman antérieur au Salaire de la peur, mais il fut refusé par Jean d’Halluin chez qui Girard le présenta (1949), sur les conseils de Yvan Audouard. Roman de gare, dans l’esprit de l’auteur, rapide et à rebondissements multiples, ce récit d’aventures exotiques en Amérique du Sud (où Girard s’était brièvement expatrié -après un emprisonnement  et un procès pour meurtres en 1943 qui, même s’il en était sorti acquitté, avait marqué son avenir) aurait dû lui payer son permis de conduire en France. Ce sera au vu du succès du Salaire que finalement d’Halluin s’empressa de publier Les oreilles dans le dos en 1953, roman dur et assez noir. Le roman, revu,  fut republié chez Julliard en 1974. Georges Arnaud est assez injustement oublié de nos jours (rappelons que G.J.Arnaud est, lui, un auteur prolixe de littérature policière et d’autres genres ; débutant, il dut modifier son prénom à cause de la confusion possible avec Georges Arnaud, très célèbre dans les années 50/60). George Arnaud/Girard était connu pour ses engagements personnels dans les combats de l’extrême gauche des années 50 et 60  et s’était impliqué dans le soutien à la Révolution Algérienne, ce qui lui valut poursuites et prison. Un écrivain français atypique pour son époque, une vie exaltée et révoltée (Roger Martin a publié une excellente biographie de Georges Arnaud en 1993.)

71- Quand « elles » conduisent, Jean Vertenelle, 1953. Commentaire : en couverture, jolie pin-up sortant d’une voiture.

72- L’archange aux pieds fourchus, Maurice Dekobra, 1953.

73- La conquête de l’Everest par le Sherpa Tensing, Yves Malartic, 1953.

74- Le lis et le piment, Marcelle Vioux, 1953. Commentaire : jaquette représentant une pin-up brune dénudée et une blonde innocente. Couverture naïvement coquine.

75- Femmes sans hommes, Marise Querlin, 1953. Commentaire : auteure féministe sulfureuse quelque peu oubliée malgré une biographie de Michele Larrère, elle-même romancière au Scorpion en 1963..

76- Les chevaliers de la vodka ou L’armée rouge est à New-York, Maurice Dekobra, juin 1954.

77- Patriarches en tous genres, Pierre Salva, 1954.

78- Les Charlatans de la médecine, Autrec C.V. d’, 1954.

79- Sophie et l’amour sorcier, Laure Amiel, 1954.

80- Les femmes que j’ai aimées, Maurice Dekobra, 1954.

81- Coralie la Créole, André de Wissant, 1954. Commentaire : Cet écrivain et journaliste à La petite Gironde et à Sud-Ouest publiera trois ouvrages au Scorpion.

82- Voluptés coréennes, Anne Mariel, 1954.

83- Un jeune patron, Lucien Tantin, 1954.

84- La sirène aux mains vides, Nita Corelli, 1955.

85- Le bateau des mille caresses, Maurice Dekobra, 1955.

86- Les Vierges choisies, Jean Fangeat, 1955.

87- Chaînes, Max Meriel, 1955.

88- Charlotte ou l’aventure médicale, Max Meriel, 1955.

89- Parmi les fauves et les requins, René Delpêche, 1955

90- L’Aventure Caraïbe, Francis Didelot, 1955. Commentaire : un bon auteur de polars.

91- Lola Montès, Anne Mariel, 1955. Commentaire : roman par une co-auteure de Maurice Dekobra.

92- Une femme à hommes, Christian Carel, 1955.

93- Le diable aux trousses, Suzanne Mesrouze, 1955.

94- Messaline, Impératrice de feu, Marise Querlin, 1955/56.

95- Biscuit l’amour, Maurice Raphaël, 1956. Commentaire : réédition d’un titre paru en 1954 chez Œuvres Libres. Quatrième et dernier titre de Bastiani/Raphaël au Scorpion pour une collaboration qui s’étale sur quasiment dix ans..

96- Call-girl, Louis-Charles Royer, 1956.

97- Méhariste à dix ans, B. de Gouvello, 1956.

98- Médecine, amour et fantaisie, L. Epagneul, 1956.

99- Chimères, Catherine Egar, 1956.

100-  Le long des trottoirs, Léonide Moguy, 1956. Commentaire : cinéaste d’origine russe qui fit carrière en France à partir des années 1930 et réalisa quelques films aux USA (fuyant le nazisme). Scénariste et réalisateur, il était surtout connu pour ses films de bonne facture à caractère social, souvent traités sur le mode du mélodrame. « Le long des trottoirs » est un film (1956) qui aborde le monde de la prostitution,   avec Françoise Rosay et Anne Vernon, écrit et réalisé par Moguy. Le roman en est la novellisation

101- Possédée, Marguerite Schoell-Langlois, 1956.

102-  La jolie fille de Londres, Sarah Lee, 1956

103-  Mademoiselle Empire, René Jean, 1956.

104-  La poudre aux yeux, Christian Coffinet, 1956.

105-  La veuve aux gants roses, Maurice Dekobra, 1956.

106-  Minuit, l’heure galante, Maurice Dekobra, 1956

107-  Férocement vôtre, Maurice Dekobra, 1957. Commentaire : Superbe couverture illustrée par Brenot.

108-  Sacha Guitry, intime, Fernande Choisel, 1957. Commentaire : souvenirs d’une secrétaire de Guitry.

109-  Au plus chaud de l’enfer du bagne, Roger Flotat, 1957.

110-  La madone des clippers, Christian Carel, 1957.

111-  La mauvaise conscience, Vivien Martignac, 1957. Commentaire : roman antisémite. On remarquera un fond de livres d’extrême-droite non négligeable dans la longue vie du Scorpion.

112- Magie noire, Pierre Fontaine, préface de F. Divoire, 8 illustrations, 1957

113- Le grand voyage de Jeanne d’Arc, Jean-J. Simonet, 1957.

114- Infidèles mais chères, Constantin Vermeuil, 1957.

115-  Sans laisser d’adresse, Anne Mariel, 1957.

116- Des chiens et moi, Jean Fangeat, 1958.

117- Le Bel âge, André du Dognon, 1958. Commentaire : superbe illustration de Jean Boullet représentant un jeune homme.

118- Histoires… de Cinéma, Pauline Carton, 1958.

119- Le sphinx a parlé, Maurice Dekobra, 1958. Commentaire : réédition d’un titre paru en 1930 chez Baudinière.

120-Son altesse mon amant , Maurice Dekobra, 1958. Commentaire : « Editions Valmont et du Scorpion ».

121-Lune de miel à Shanghai, Maurice Debroka, 1958.

122-Sous le soleil marocain, Richard Marius, 1958.

123-Et le ciel resta bleu, Cécile Huk, 1958.

124- Le Théâtre à Paris, tome 1, Jean-Michel Renaitour, 1958. Commentaire : Renaitour est le pseudonyme transparent du poète Pierre-André Tournaire (1896-1986). Il y aura 4 tomes consacrés aux saisons théâtrales 1957,58,59,60.

125-Le Théâtre à Paris, tome 2, Jean-Michel Renaitour, 1958.

126-Amours vraies, amours polissonnes, Franz Laur, 1958

127-Au coeur du harem,  Elisa Chimenti, 1958

128- Légendes marocaines,  Elisa Chimenti, 1959. Commentaires de Karine Joseph des éditions Sirocco qui doivent rééditer cette auteure :  « Elisa Chimenti      (1883 Napoli - 1969 Tanger) est une auteure italienne qui a vécu presque toute sa vie à Tanger et dont toutes les oeuvres publiées ont pour contexte le Maroc. En  coédition avec une autre maison marocaine, nous allons éditer un recueil de 5 de ses oeuvres,  car c'est le 40è anniversaire de sa mort cette année. Ses livres  sont introuvables aujourd'hui, particulièrement ces deux-là, nous avons nous-mêmes du mal à nous les procurer pour notre projet, mais il semble que nous sommes sur  la bonne voie. (L'Institut du Monde Arabe à Paris a un exemplaire de "Légendes marocaines", notamment)  Il est vraiment étonnant qu'une auteure telle qu'Elisa     Chimenti ait été publiée par une maison comme les Editions du Scorpion ; je serais curieuse de savoir dans quelles   circonstances cela s'est fait. »

129-La tunique chinoise, Anne Mariel, 1959.

130-Les Morts inutiles, Edmond S. Albou, 2e trimestre 1959.

131-Nuit sur la glèbe, Pierre Bécat, 1959.

132- Shakespeare et Gide en correctionnelle ?, Daniel Guérin, 1959. Commentaire : Daniel Guérin (1904-1988), spécialiste de l’histoire de l’anarchisme, essayiste, auteur engagé et militant, soutenant les positions du communisme libertaire et de certains autres mouvements anarchistes. Il milita aussi très activement pour la reconnaissance de l’homosexualité ; l’ouvrage édité  par le Scorpion appartient à cette catégorie.

133- Ceux qu’emporte le train, Alexandre Henri, 26 tableaux joués par des prisonniers de camps d’internement, 1959.

134-Le chef de bande sera arrêté ce soir, H. Toubas, 1959.

135- Les puissants, Paul Niger (pseudonyme d’Albert Béville), 1959.

136- Commissaire de quartier, Jean Ambrosi, préface de Georges Simenon, 1959.

James Cain - Coups de tête - jaq.ill. femme au maillot Anne Salva - Je n'en rougis pas - 1949 Maueice Dekobra -Furieusement vôtre - jaq. ill.
James Cain - 1951
Jaquette ill.la plus commune
pour ce roman
Anne Salva - Je n'en rougis pas - 1949
Les couv. illustrées sont peu courantes
avanr 1951
Maurice Dekobra - 1957
Jaquette  dans l'air du temps

137-Le désert rouge, Dominique Rocher, 1959. Collection « Alternance ». Commentaires : Dominique Rocher est connue comme auteure de plusieurs titres dans la collection Angoisse du Fleuve Noir. Aujourd’hui, elle est chez Rivière Blanche, la collection dirigée par Philippe Ward. Voici ce qu’elle nous disait en juillet 2009 par internet : « J’avais présenté « Le désert rouge »  publié chez d’Halluin aux Editions du Scorpion au concours du Grand Prix de l’Académie des Provinces Françaises sous la Présidence de Camille Belliard directeur-fondateur des Publications, l’Amitié par le Livre. Ce livre relatait d’une manière romanesque la Campagne d’Egypte de Bonaparte. Il était arrivé deuxième. La première place lui ayant été refusée, paraît-il, car c’était un livre de guerre. (En fait il n’était pas à l’avantage de Bonaparte). De toute manière ce résultat  m’a encouragée à continuer d’écrire…  Je trouvais que la distribution[ du Scorpion] n’était pas suffisamment efficace  à mon goût. Je n'ai pas conservé de souvenir vivace concernant Jean d'Halluin.  A l’époque, 1959, Camille Belliard m’écrivait que d’Halluin désirait vouloir devenir un grand éditeur car les critiques parlaient de ses livres et des placards publicitaires paraissaient régulièrement dans les journaux et revues. On trouvait les ouvrages édités dans les Bibliothèques des gares, véritable prouesse car ces dernières étaient difficiles à atteindre, selon lui… »

138-Vous ne l’avez pas lu dans le journal, souvenirs d’un journaliste, René Delpêche, 1959.

139-La perruche bleue, journal d’une courtisane, Maurice Dekobra, 1959. Commentaire : à l’époque de cette dekobramania tardive, l’écrivain bordelais Jean Forton refusa à Jean d’Halluin, sur les « conseils » de Gallimard,  de lui donner son roman La Ville fermée (toujours inédit), sorte de roman noir à la André Héléna ou Kenneth Fearing situé dans une ville imaginaire mêlant des quartiers de Bayonne et de Bordeaux (d’après les recherches de Catherine Rabier) et narré selon plusieurs points de vue.

140- La Trahison du colonel Redko, Maurice Dekobra, 1960. Commentaire :  Si la première époque comportait sept Vian, la deuxième époque du Scorpion est bien celle de Dekobra avec au moins douze titres.

141-C’est votre résistant qui m’a tué, François Lovicki, 1960. Collection « Alternance ».

142-Tornades et Tam-Tams, Francis Didelot, 1960.

143- Journal intime d’un V.R.P., J.C., 1960.

144-La mort étrange de la IIIe République, Geneviève Noël, 1960.

145-  Au temps de Staline, à la recherche des prisonniers libérés en URSS, Général P. Keller, 1960.

146-  L’école des truands, Victor Alexandre, 1960.

147-Le prochain de ces messieurs, Eric Avenant, 1960.

148- De Verdun à Dien-Bien-Phu, J.-H. Jauneaud, 1960.

149- Les Chiens de Faïence - URSS-USA, Robert R. Metais, ?????

150- L’effervescent Maréchal de Saint-Arnaud, Jacques Dinfreville, 1960. Commentaire : Sur l’Algérie.

151-Essai sur le problème algérien, Jean Boisson, 1960.

152-  Le Théâtre à Paris, tome 3, Jean-Michel Renaitour, 1960.

153-  Le Théâtre à Paris, tome 4, Jean-Michel Renaitour, 1960.

154-   Exode 1940, Gabriel Danjou, 1960.

155- Par quoi le Danemark fut-il pourri !, Lucien Auphan, 1960.

156-  La Passion selon Satan, Jacques Sadoul, 1960. Commentaires : Jacques Sadoul est évidemment le directeur littéraire recruté par Frédéric Ditis en avril 1968 aux débuts de J’ai Lu et grand promoteur de la SF en France. Dans son savoureux recueil de souvenirs paru chez Bragelonne, le directeur éditorial de J’ai Lu, désormais à la retraite dans le Gers, confesse avoir vendu 92 exemplaires de son premier roman paru aux éditions du Scorpion. Réécrit et réédité chez Pauvert en 1978, ce roman se vendit à peine mieux.

157- Madalena, Manuel de Campos Pereira, 1961. Commentaire : Pereira (Lisbonne 1906 - Lisbonne 1981), avocat et romancier portugais.

158-  Contes-fiction, 5 nouvelles, Gwenn-Aël Bolloré, 1961. Commentaire : fut le P.D.G. des éditions de la Table Ronde de 1953 à 1988.

159- Aux sources du scoutisme français, Henri Viaux, 1961.

160-  Samory sanglant et magnifique, Général Ingold, 1961. Préface de Georges Gayet.

161- Dictionnaire Rose et Noir, André de Wissant, 1961. Commentaire : Erotisme.

162-Rêves et combats, préface de Maurice Toesca, Jean Souvenance (Serge Grégoire), 1961. Commentaire : par un écrivain libertaire, libre penseur et militant pacifiste.

163- La scandaleuse affaire de Gilles de Retz, E. Coarer-Kalondan, 1961.

164- La forêt des garces, Adolphe de Falgairolle, 1961. Commentaire : l’illustration très artistique  en vert et jaune représente des femmes-arbres.

165- Palabres, Léo Campion, 1961. Préface de William Shakespeare. Commentaire : poète, chansonnier anar, ami de Vian, et sur le tard héros d’un des premiers feuilletons télévisuels français consacré au Fantastique.

166-  Lavaudieu et son Monastère, Jean Viallet, 1961.

167- Les pourvoyeurs de l’enfer, Jean Saint-Lamain, 1961.

168- Le grand argentier de Napoléon : Gaudin de Gaete, Gaudin Gaete, 1962.

169- Petite histoire de l’artisanat du bâtiment, Albert Henri, 1962.

170-L’homme qui n’avait pas de moustache, Michel Chrestien, 1962.

171- Chopin : Explication d’un mythe, Marise Querlin, 1962.

172-Les incompris,Géraldine Guiton, 1962.

173- Le Château des soupirs, Géraldine Guiton, 1962.

174- L’école des zéros, Jean Saint-Lamain, 1962.

175-Jeanne d’Arc était-elle la sœur de Charles VII ?, Jean Bosler, 1962.

176-Dictionnaire pour mots croisés, H. Voisin, 1962.

177- Classe 11 (les Anciens), L. Montoby, 1962.

178-Dominique fille du Roussillon, Jean Viallet, 1962.

179-L’assassin des calvaires, A.B. Ashdey (pseudonyme de l’Abbé H. Derrien), 1962.

180- Eléments de physique évolutive, Louis Jacot, 1962.

181- Dans l’empire d’Assié, Marc Ménalque, 1962. Collection « Alternance ».

182- Le Bout du Monde, Madeleine Triandafil, 1962. Préface d’Henry Bordeaux. Commentaire : six mois d’hiver dans les neiges de Haut-Maurienne, réédité en 2003 à La Fontaine de Siloé.

183-Brahms, J. Laufer, 1963.

184- Le château de Fontaguil, Pierre Aubriot, 1963.

185- Si la France n’avait pas voulu, Antoine Dhurant, 1963.

186-  Les sirènes hurlent toujours (nouvelles), Aline Edestin, 1963. Collection « Alternance ».

187-  Tempêtes et accalmies, Michele Larrère, 1963. Commentaire : Par ailleurs, elle est l’auteure d’une récente biographie de Marise Querlin.

188- La Yougoslavie au volant, Guy Benamou, 1963.

189-  Les animaux du cosmos, Alain Lecarre, 1963.

190-La meilleure force, Messaour Belanouar, 1963.

191-  Poésie du Japon, Colette de Saint-Maurice et René Grout, 1963.

192- Molière, ma femme et moi : journal d’une groslotite,, François Charles, 1963.

193-  Les grandes heures d’Arnac-le-Duc, René Gros, 1963.

194-  Méditations sur le mouvement, Louis Jacot, 1963.

195-  La barbe du Viking, Fernand Poskin, 1963.

196-  Au dernier jour, François Labarthe, 1963.

197- République inconnue, Jean Viallet, 1963.

198- C’était une librairie, Souvenirs et anecdotes, 21 ans de librairie, Robert Caplain-Dol, 1963.

199-La femme artificielle, A. Evrard, 1964.

200-Le Dernier recours, Henri Barraud, 1964.

201- Augereau, le beau sabreur, Raymond Gros, 1964.

202-Waterloo, morne plaine, Louis Thirion, 1964. Préface de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.  Commentaire de Louis Thirion, mythique auteur du Fleuve Noir qui, comme Dominique Rocher, a repris du service pour la Rivière Blanche de Ward et Lofficier : « J'ai rencontré d'Halluin dans un comptoir de la rue Saint André des arts ou j'avais mes habitudes . Je venais de commettre Waterloo en quelques nuits de délire et j'en parlais . Il a été intéressé et m'a proposé de le lire . Publié avec prudence ( il m'a demandé de ne pas faire trop de corrections qui coûtaient cher a l'époque) a minima le petit texte surréaliste a été salué par un long article du Canard enchaîné ( deux qui avaient plus d'esprit que 4O) et cité dans Combat . Cet appui a permis de couvrir les frais d'impression, mais pas d'envisager un tirage supplémentaire . Nous en sommes restés là, c'est deux ans plus tard lorsque revenant de voyage je galérai de nouveau dans le quartier que j'ai revu d'Halluin . Il prenait son repas dans le même bouillon sordide mais splendide . Les serveurs officiaient en tenue de garçon de café hors d'âge . Une foule désargentée se pressait autour de ces tables couvertes de toile cirée . Voir mon éditeur se restaurer dans ce bouge valait plus qu'un long discours . Nous avons échangé quelques propos hors de l'espace et du temps et je ne l'ai plus revu . La publication de W M P a été un déclencheur. J'ai proposé le second texte surréaliste que j'avais écrit à Eric Losfeld (  La résidence de psycartown) puis après deux essais en espionnage chez SEV '( deux dames originales ) j'ai rencontré Alain Page qui m'a introduit au Fleuve noir . Je garde de mon aventure au Scorpion le souvenir d'une époque au parfum puissant et de deux aventuriers du livre un peu décrochés du réel en qui je me reconnaissais. »

203-Le démon de la vengeance, Luc de Bogeard, 1964.

204-Radieux de la Gatouillère, André de Wissant, 1964.

205- Journal d'un quaker de notre temps 1893 1962 , Henry van Etten, 1964.

206-Le maître de Mount Vernon, George Washington, L. Ducros, 1964. Collection « Alternance ».

207-L’évolution universelle, Louis Jacot, 1964.

208-Canada incertain, Un pays à la recherche de son identité, Philippe Aubert de la Rüe, « collection Alternance », 1964.

209- Bouleversements mondiaux, Mario de Sabato, 1964.

210-Vers de nouveaux horizons,Denis Oussou-Essui, 1965.

211-La lyre mystérieuse, anthologie réunie par René Gibaudau (Nerval, Aloysius Bertrand, Théophile Gautier…), 1965.

212- Comment vivait l’homme des cavernes à l’âge du Renne, André Cheynier, 1965.

213-Paris-Cap Nord en 2CV, Marthe Broutelle, 1965.

214-Les amants de Verdun, Georges-Marie Bernanose, 1966.

215- Récits d’un docteur, Robert Soupault, 1966.

216-  Qui te rend si hardi, Yves de Mellis, 1966 (Prix Tabou). Commentaire d’Yves de Mellis envoyé par Internet en juillet 2009 : « Grâce à lui (Jean d’Halluin) j'ai eu le prix Tabou suivi d'un repas avec la presse (qu'il a oublié de payer) qui m'a valu beaucoup d'articles mais aussi la distribution n'a pas suivi les libraires n'étaient pas servis. Tout est vite retombé. d'Halluin ne savait pas exploiter un succès à long terme. Comme il n'avait pas d'argent liquide il a proposé de me payer mes droits d'auteur avec des actions du Scorpion et je me suis retrouvé au conseil d'administration. J'étais jeune et innocent la maison croulait sous les dettes.Son frère a essayé de la relancer en faisant du compte d'auteur. d'Halluin a disparu puis son frère et comme j'étais le seul qui restait je me suis retrouvé au tribunal. J'ai eu quelques difficultés à prouver ma bonne foi. J'ai complètement été mis hors de cause par le tribunal qui s'est rendu compte que je n'y étais pour rien. Où étaient alors les frères d'Halluin? Je pense en Belgique en tout cas pas au tribunal. ».

 

Troisième époque : (1967 – 1969)

Pour gagner de l’argent, le frère de Jean d’Halluin décide de faire du compte d’auteur en parallèle avec du compte d’éditeur.
Les éditions du Scorpion deviennent donc  parfois:  « Editions du Scorpion, Promotion et édition ».


217-Rendez-vous au Caire, Saint-Elme, 1967. Collection « Alternance ».

 218- La nuit des mortes qui vivaient, Gérard Avelane, 1967. :  « Editions du Scorpion, Promotion et édition »

 219-C’est nous les Africains, Henry Deloupy, 1967. :  « Editions du Scorpion, Promotion et édition ».

 220-Mon père, ça ne va pas ?, Jean-Pierre Schaller, 1968 : « Editions du Scorpion, Promotion et édition »

 221-La Médecine décapitée, Jacques M. Kalmar, 1968.

 222- De chair et d’esprit, Farjallah Haïk, 1968. Commentaire : Farjallah Haïk (1907-1994), romancier libanais francophone.

 223-Aventures de chasse terrestre et sous-marine, Edouard Valjac, 1968.

 224-U Pane azimu…, Joseph Marie Bonavita, 1968. Commentaire : J.M. Bonavita (Urtaca 1908-Neuilly 1971). Agrégé d’Italien et attaché d’ambassade à Malte, ses oeuvres racontent ses souvenirs d’enfance. Ce livre est souvent donné dans les bibliographies comme étant écrit en français ou en italien.  Il y a de fortes chances que ce soit une des premières publications en corse. Réédité en 2001 par le CRDP de Corse, déjà épuisé.

225- Journal intime, Denise d’Artois, D’halluin Cie éditeurs, 1969.

 Et d’autres titres…

 
Fin officielle du Scorpion (français) en 1969.
Un procès met fin aux aventures des éditions du Scorpion.

La Pensée Universelle créée par Alain Moreau reprend le principe du compte d’auteur sur les bases élaborées par les frères d’Halluin dès 1970. Il est à noter qu’un certain Georges d’Halluin (le Zozo, ami de Boris Vian et frère de Jean) en est le chef de fabrication et qu’il participera aux débuts de cet éditeur pas comme les autres en apportant un stock « oublié » de 600 tonnes de papier vierge.

Certaines études avancent, sans citer de source incontestable, une mort de Jean d’Halluin en 1980.


J'irai cracher sur vos tombes  film français de 1959
(sur scénario de Boris Vian, revu et massacré par la production)
Affiche du film - 1959 Françoise d'Eaubonne - J'irai cracher sur vos tombes - novellisation
Affiche du film de 1959 -
Réalisé par Michel Gast
et médiocre à tout
point de vue - Vian demanda que son nom soit retiré du générique...
Novellisation à partir du scénario du film  par Françoise d'Eaubonne
A la hauteur du film:  insignifiant


ATTENTION, l’existence d’un Degrelle,  face à face avec le rexisme, par Wim Dannau, publié en 1971 aux éditions belges du Scorpion n’a strictement rien à voir avec les frères d’Halluin. Il s’agit là d’un hasard amusant résultant de la traduction française du nom des éditions flamandes « de Schorpioen ».


Bibliographie 


Manuel de St-Germain-des-Prés, Boris Vian, Livre de Poche.

Les vies parallèles de Boris Vian, Noël Arnaud, Livre de Poche, 5e édition.

Dossier de l’affaire J’irai cracher sur vos tombes, établi par Noël Arnaud, Christian Bourgois éditeur, 1974.

Boris Vian, La vie contre, Marc Lapprand, Editions A.-G. Nizet & Presses de l’Université d’Ottawa, 1993.

Boris Vian « Si j’étais pohéteû », Marc Lapprand et François Roulmann, Découvertes Gallimard n°544, 2009.

Boris Vian, Vérité et légendes, Frédéric Richaud, Paris, Le Chêne, 1999.

Trésors  du roman policier, Jacques Bisceglia, éditions de l’Amateur, 1985-1986.

Dictionnaire des littératures policières (2 tomes), sous la direction de Claude Mesplède, Joseph K. éditions, 2003 & 2007

Bison Ravi et le Scorpion rouge, Darnaudet, Mare Nostrum éd., 2009.

C’est dans la poche ! mémoires, Jacques Sadoul, Bragelonne, 2006.

La peau et les os, de l’édition à la réception, Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud, Guy Durliat, mai 2008.

Catalogue internet des éditions Le Dilettante.

Catalogue n°1 « Spécial Boris Vian »,  La librairie Faustroll, Christophe Champion, juin 2009.

Avec mes remerciements à Jan Thirion, J.F. Ledeist, Marc Madouraud, Etienne Borgers, René Barone, Boris Lamot, Marc Yvonnet, Catherine Rabier, Gérard Touzeau, Paul Maugendre, Philippe Ward, Pierre Schuller, Karine Joseph,Thierry Boizet, Guy Durliat  pour leur aide précieuse et à Marc Lapprand et François Roulmann pour leurs discussions en feux d’artifice.

.                                                                                     François Darnaudet

                                                                        avec la collaboration très pertinente d’Etienne Borgers.

                                                                                 ( août 2009 - révision: octobre 2009 )

article : copyright François Darnaudet 2009


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Mise à jour : 10 novembre 2009

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