POLAR NOIR
 
 

BREST CONFIDENTIAL



 
 
 
 
 

ELLROY À BREST !!

Hush-Hush… On n’y croyait pas, mais le grand Jimmy allait dans le Finistère!
Dans cette ville noire, port de la Mer d’Iroise, on murmurait que le le Grand Subversif made in USA, Jimmy the Dog lui-même, allait venir et gribouiller des messages qu’il remettrait à ses complices habituels dont il prétend qu’il ignore les noms…
Hush-Hush… Grand bruit dans Landerneau!! 
Mais nous suivions le Grand Jimmy depuis son départ des States et savions où il serait. Et quand. Notre agent y était et il a obtenu plus qu’ espéré…
Pénétrez au coeur de l’action avec notre envoyé, découvrez ce que le Grand Subversif manigance…. À Brest… dans le Finistère… Dans notre article exclusif
Hush-Hush… On vous dira tout!! Vous saurez tout!!
 

UNE RENCONTRE AVEC 
JAMES ELLROY 
Brest, librairie Dialogues le 22/03/01

La librairie « Dialogues » à Brest avait invité 
James Ellroy à une rencontre avec ses lecteurs bretons ce 
jeudi 22 mars, à l'occasion de la sortie française de
«American Death Trip ».

Après mes deux heures d'attente dans une salle trop petite (et bondée!), l'auteur d' « American Tabloid » apparaît pile à l'heure. 
Première surprise, son « look »: habillé d'un confortable 
gilet de laine et coiffé d'une casquette en tweed, James 
Ellroy a tout du « gentleman-farmer »: si on se fiait à 
l'apparence on s'attendrait à dialoguer avec un auteur de 
whodunits se passant dans la paisible campagne du Kent, et non avec l'auteur de romans policiers parmi les plus durs de ces dernières années.

James Ellroy à Brest -  ©2001-Emmanuel  Mischkowitz

Heureusement, dès qu'il prend la parole, on retombe en 
terrain connu: exubérance, effets de voix dans le micro, 
aboiements... et vocabulaire plus que « familier ». Le 
personnage Ellroy fait son numéro.

Une petite déception: malgré toute sa bonne volonté la 
traductrice n'est pas vraiment à la hauteur. Cependant, 
James Ellroy s'exprimant un peu comme il écrit, par des 
phrases brèves et concises, l'anglophone moyen pouvait saisir le sens général de ses réponses. Même s'il en perdait 
parfois le piquant et l'humour!
Au bout de quelques questions posées, une autre agréable surprise: malgré l'image de chien fou et imprévisible que 
lui donnent parfois les médias, James Ellroy semble 
éprouver un réel respect pour son lectorat, sans jamais 
paraître dédaigneux ou ennuyé. Personnellement, j'ai même eu l'impression que les réponses fournies 
étaient plus fouillées et plus sincères que celles qu'il avait 
données à un journaliste lors d'une émission télé vue quelque jour plus tôt. Il faut dire que le public dans la librairie  était constitué uniquement  de lecteurs, sans professionnels de la presse écrite ou télévisuelle. Les questions ont donc surtout porté sur son oeuvre et non sur ses opinions politiques ou autres, et peut-être cela a-t-il eu comme effet de moins le mettre sur la défensive.
 Les questions ont surtout concerné ses oeuvres 
antérieures à « American Death Trip », car très peu de personnes avaient déjà lu ce livre, sorti seulement quelques jours plus tôt (et quand on voit le pavé...). On a cependant appris que le personnage dénommé Mesplède qui y figure porte ce nom  en hommage à Claude Mesplède, bien connu des amateurs de polar (auteur entre autre de
« Les auteurs de la Série Noire », aux édition Joseph K. en 
collaboration avec Jean Jacques Schleret). De même le Laurent Guéry d' « American Tabloïd »  était un clin d'oeil à son agent...

James Ellroy n'envisage pas de revenir dans l'immédiat à 
l'écriture de romans purement policiers: il a pris goût 
à présenter  "sa" version de l'histoire américaine dans 
ses romans, et envisage de continuer dans cette voie. S' il 
ne prétend pas que sa trilogie en cours, "Underworld USA", reflète la vérité historique, il pense cependant qu'elle en est bien plus proche que des films comme "JFK".

On a pu noter à cette occasion la fascination qu'exerce 
encore l'affaire Kennedy sur le public, des questions sur 
ce sujet revenant continuellement.  James Ellroy a alors 
expliqué que ce n'était pas tant qui avait tué JFK qui 
l'intéressait, mais plutôt comment le climat social de 
l'époque aux USA avait pu mener à l'assassinat d'un président. Sa volonté de démythifier est  manifeste et il le dit et le répète: « L'Amérique n'a jamais été innocente ». Ni avant ni après l'assassinat de(s) Kennedy...
Il conseille par contre la lecture de « Libra » de Don De 
Lillo à ceux que ces événements passionnent encore.
Il précise également qu'il n'a jamais eu de problèmes 
avec les Kennedy car sont ceux-ci sont bien trop occupés à boire et à se droguer que pour lui intenter un procès en 
diffamation...
Il ne sait par contre pas s'il pourra écrire un jour 
l'équivalent d ' « American Tabloïd" sur l' administration 
Clinton. Il a une trop piètre opinion du personnage (à ce 
moment quelques « délicieux » qualificatifs, à la mode 
Ellroy, sur Bill Clinton ont malheureusement été traduits par de simples « enfoiré » et « gangster sexuel »...).
Il a ensuite confirmé qu'il n'y aura jamais de quatrième 
Lloyd Hopkins. Il considère la trilogie « Lune sanglante 
», « A cause de la nuit » et « La colline aux suicidés » 
comme mineure, et, pour lui, le personnage est bel et bien 
mort.

Concernant ses relations avec le cinéma, il confirme bien aimer bien le film « L.A. Confidential », même si à son avis celui-ci ne représente pas plus de vingt pour cent de son roman. Il déplore également la mort de Dudley Smith dans le film, car lui-même avait répugné à le faire mourir dans « White Jazz » ( il est dans le coma à la fin du livre). Mais il 
conclut ,fataliste: « C'est Hollywood ! ».
Il ne veut par contre même pas parler de « Cop » film de James B. Harris, qui était une adaptation de « Lune sanglante » avec James Woods et qui date déjà de quelques années.
Évoquant les projets actuels, il ajoute que l'adaptation en 
cours de « White Jazz », au niveau du scénario, 
 serait désastreuse ( j'avoue que je n'ai pas compris s'il était sérieux ou non). C'est d'ailleurs ce manque de contrôle sur l'oeuvre finale qui le fait dire qu'il ne travaillera probablement jamais lui-même en tant que scénariste pour adapter une de ses oeuvres. 
Pour en finir avec le cinéma, il précise que l'adaptation 
du « Dahlia Noir » n'était pas près de se faire, et en 
tout cas pas par David Fincher comme cela était prévu à 
l'origine.

D'autre part, il a également fait quelques dures révélations sur sa vie privée: Il lit très peu  -( les « millions » de 
bouquins qu'il a lu étant jeune lui ayant suffit)... et de toute façon il n'a plus de place sur sa table de nuit, place occupée par une photo de sa femme et une autre de son chien (lequel chien le remplace quand il est éloigné de la maison et est en train d'écrire ses mémoires!)-  il ne connaît que deux auteurs de polars français: Simenon ( pas de panique, on lui a bien dit qu'il était Belge) et Manchette.

La rencontre avec questions et réponses  a duré environ une demi-heure et s'est terminée par une séance de dédicaces ou chacun à eu droit à une poignée de main de l'auteur et un « God bless you ».

 Emmanuel MISCHKOWITZ 
 ©2001 Emmanuel  Mischkowitz - texte et photo

Le dernier livre d'Ellroy
"American Death Trip" est le deuxième volet de la trilogie "Underworld USA", après "American Tabloid". Un troisième est en préparation et s'intitulera:"American Madness" en France (titre original: Police Gazette) pour garder une filiation avec le premier volume dans les titres.
Edition française - Titre original americain :  'The Cold Six Thousand'

AMERICAN TABLOID - edition USA

American Tabloid-
couverture de l'édition poche aux USA- 
Premier volet de la trilogie en cours
Introduction: "L'Amérique n'a jamais été innocente." 
-cette première phrase éclaire crûment le point de vue 
adopté par Ellroy dans sa chronique des années 60


Parus chez Rivages
 Lune sanglante
 A cause de la nuit
La colline aux suicidés
Brown's Requiem
Clandestin
Le Dahlia Noir
Un tueur sur la route
Le grand nulle part
L.A. Confidential
 White Jazz
Dick Contino's Blues
 American Tabloid
Ma part d'ombre
Crimes en série.
 American Death Trip
Hors série : Tijuana mon amour
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Textre manuscrit d'Ellroy
Texte manuscrit de l'auteur

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L.A.CONFIDENTIAL- film
L.A. CONFIDENTIAL - une des affiches du film


Le Cas Mesplède

Hush-Hush... on a de grandes oreilles....

Malgré les faux bruits qui courraient dans l'hexagone polardeux, on vous confirme que l'utilisation dans le dernier roman d'Ellroy du   patronyme de Claude Mesplède -critique et archiviste du polar bien cconnu en France et ailleurs- est bien un hommage de Demon Dog Ellroy à ce professionnel français qu'il estime. 
Comme Ellroy l'a déclaré lui-même, d'ailleurs, lors de certaines interviews récentes.
Mesplède est bien le nom que Ellroy a donné au personnage de tueur français, nom qui apparaît dans la version française,    comme dans l'américaine, dans l'italienne et dans toutes  les autres  versions de son nouveau roman 'The Cold Six Thousand'-  titre français: " Américain death trip "

Claude Mesplède et Ellroy se sont rencontrés en France lors de visites précédentes de l'auteur américain,
et se connaissent depuis 10 ans... 
Comme le disait Ellroy, en mars, sur les antennes de Radio Inter en parlant de Claude Mesplède: 
"It's a good guy...."  (trad: C'est un type bien...).

Tsk,tsk,tsk... il n'y avait donc pas de personnage ayant un nom à géométrie intercontinentale variable!
Méfiez-vous, les bobards circulent...  
Polar Noir les arrête... 

PN



 
 

POLAR-  SPECIAL ELLROY - 1992
Numéro hors série de la revue POLAR
entièrement consacré à James Ellroy.
Interview, nouvelles et analyses. 
Également: textes ayant un rapport 
direct avec l'auteur. 
Photo d' Ellroy avec son chien...

                   Vers debut de chapitre
       Vers debut de chapitre
                                                                                                Mise à jour  de cette page: 10 avril 2001



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