POLAR NOIR

LE FAUCON DE MALTE  
 75 ANS SUR LE FIL DU RASOIR


UN ARTICLE DE FRED ZACKEL

Traduction:  Etienne Borgers




LE  FAUCON DE MALTE  -  ROMAN FONDATEUR                                            The Maltese Falcon - Dashiell Hammett - édiition 1930

  En 1930 paraissait aux USA: LE FAUCON DE MALTE,  un des romans les plus marquants de la nouvelle école naissante du « hard-boiled », école de fait, sans programme ni auto-proclamation. Elle sort tout droit des pulps, de la littérature populaire et de certaines formes d’histoires policières privilégiant l’action. Mais ce mouvement est une vraie révolution,  et se révélera comme un des courants les plus riches de la littérature policière du 20e siècle, une des racines principales du roman noir policier moderne.

C’est le troisième roman publié par Dashiell Hammett, et si il y a un auteur qui porte presque à lui tout seul la paternité du « hard-boiled »,  et avec une qualité d’écriture rarement vue dans le genre, c’est bien lui.                                                                              Outre deux romans publiés en 1929, dont le premier « La moisson rouge » fut directement acclamé pour son originalité et ses qualités, Hammett était déjà connu depuis plus longtemps  par les nouvelles assez dures et empreintes d’un certain réalisme publiées dans les années 1920, dans ces magazines à bon marché que sont les « pulps » ; pleinement dans cette tradition, LE FAUCON DE MALTE (THE MALTESE FALCON, 1930, Knopf) roman publié par un éditeur littéraire de grand renom (Knopf, sorte de Gallimard américain), a d’abord été un récit publié en 1929 dans 5 numéros du mythique « Black Mask », ce magazine qui publia les plus grands noms de l’époque avant qu’ils ne soient très connus (de Erle Stanley Gardner à Raymond Chandler, en passant par Horace McCoy).

D’un succès immédiat, ce sera la consécration de son « privé » Sam Spade, personnage atypique et nouveau dans la littérature policière. Il deviendra instantanément un des archétypes de la mythologie de la littérature noire policière. En outre, Knopf ne s’était pas trompé : Dashiell Hammett est un véritable auteur dont la qualité d’écriture dépasse le genre policier et peut se comparer aux meilleurs des écrivains « littéraires » de l’époque. Et d’après.

 
LE FAUCON DE MALTE est certainement le roman le plus connu de Dashiell Hammett, mais il fallut attendre 1936 pour que Gallimard le publie dans sa collection  "Le Scarabée d’Or"  ( ses deux romans précédents avaient déjà été traduits en français, de même que les deux suivants, « La clé de verre » et « L’Introuvable »).  La Série Noire  ne le  reprendra qu’en 1950. Mais entre-temps il y eut un événement qui renforça le mythe de ce  roman et de son détective, la troisième version filmée faite par un cinéaste débutant à Hollywood : John Huston. « The Maltese Falcon » avec Humphrey Bogart, sorti aux USA en 1941, devra attendre beaucoup plus tard pour être connu en Europe Continentale, pour cause de guerre mondiale. « Le faucon maltais », film noir mythique dont l’influence ira bien au-delà des années 50, participera à la création du mythe du détective privé dur et cynique au cinéma auprès du grand public.

De manière anecdotique on remarquera que le titre original du roman en français était : « Le faucon de Malte ». Il deviendra brièvement « Le faucon maltais », vraisemblablement sous l’influence du film dont le titre était la traduction la plus simple du titre original anglais : The Maltese Falcon. Dans le texte qui suit nous garderons la distinction et notre oiseau rare sera « de Malte » dans sa version papier et deviendra « maltais » dès qu’on parlera de sa version sur grand écran.

 C’est donc du roman LE FAUCON DE MALTE, dont -aux USA- on célébra le 75e anniversaire en 2005, le 14 février exactement (date de sa première parution), et de ses personnages et de son auteur, que  nous parlera en détail Fred Zackel dans l’article qui suit. Mais aussi de sa meilleure version filmée, celle de Huston, avec Bogart, Peter Lorre, Mary Astor, tous à la recherche du « rara avis », la matière même dont sont faits nos rêves…

E.Borgers, janvier 2006

( illustration: couverture de l'édition originale de 1930 )

Note
Plus personne ne conteste à l’heure actuelle le rôle fondateur de Dashiell Hammett.
Avec Raymond Chandler, ce sont les deux écrivains ayant eu la plus grande influence directe sur le genre, au point qu’on peut sans contestation les nommer comme source et fondement du roman noir policier moderne.
Personnellement j’y ajouterai James M. Cain, qui complète le tableau par sa vison tragique du quotidien des personnes ordinaires et du rôle de la destinée, au cœur de quelques romans qui sont des chefs d’œuvres et qui ont également influencés tout un pan de la littérature noire policière moderne.   (EB)





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Les Métamorphoses du Faucon

EDITIONS  FRANÇAISES



quelques exemples
Le Faucon de Malte - première édition française -1936   Le faucon de Malte_SN 58_1950
 Le faucons maltais - rééedition "carré noir"
Le faucon de Malte - édtion folio - récente
première édition - 1936
Le scarabée d'or

Gallimard
   réédition 1950
   Série Noire  n° 58
   Gallimard
 réédition
 carré noir n°116
 Gallimard
réédition
folio policier n° 50
Gallimard








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LE FAUCON DE MALTE
75 ANS SUR LE FIL DU RASOIR

de  FRED ZACKEL

( traduction : E.Borgers )
                                       
                                   ** les chiffres
i à v  renvoient aux notes qui suivent le texte **
Il y a 75 ans, en 1930, le roman  Le faucon de Malte  écrit pat Hammett était publié pour la première fois. C’est le seul roman qui met en scène l’emblématique Sam Spade et il est considéré quasi mondialement comme le meilleur roman de détective privé jamais écrit.

Le troisième film tiré de ce roman, « The maltese Falcon » (1941) –
Le faucon maltais, de John Huston – se retrouve régulièrement dans les listes des dix meilleurs films jamais réalisés. Ce classique du film noir était en fait le premier travail de réalisateur confié au grand John Huston. Dans ce film, C’est Humphrey Bogart qui interprète le rôle de Sam Spade, tandis que Mary Astor est  Brigid O'Shaugnessy, la femme fatale. Sydney Greenstreet y est Casper Gutman et c’est sa première apparition à l’écran : il avait déjà 62 ans et il pesait pas loin de 140 kilos. Peter Lorre était Joel Cairo et leur complicité d’acteurs évidente à l’écran les fit jouer ensembles dans huit films supplémentaires. Acteur de composition, Elisha Cook Jr. était le flingueur William Cook, tandis que le père de John Huston, Walter Huston – déjà nommé aux Oscars comme acteur  pour un film précédant-  apparaissait brièvement dans le rôle du Capitaine Jacobi.

Pour ce premier film, John Huston fut nommé aux Oscars de l’Academy Award pour son scénario  (John Huston était déjà scénariste avant ce film, pour des réalisateurs tels Walsh, Hawks et Litvak. NdT). La légende dit que John Huston n’a pas écrit ce scénario, mais simplement copié le roman : mot à mot, scènes après scènes, le film est virtuellement identique au roman (à l’exception de la « parabole » de Flitcraft, qui n’est pas dans le film – on y reviendra plus loin). Ce qui a vraiment facilité le travail de Huston, était le style très objectif d’écriture à la troisième personne adopté par le roman ce qui en faisait un très proche équivalent, en prose, de ce qu’aurait pu faire une caméra et un magnétophone.

 
Mais qu’est ce qui fait que  Le faucon de malte  soit si emblématique ?
Commençons par l’auteur, Dashiell Hammett.
Raymond Chandler écrivit, dans « The Simple Art of Murder » (1947, publié en français dans des recueils de nouvelles. NdT), que « Hammett a redonné le crime à ceux qui le commettent pour de vraies raisons et non pas pour simplement fournir un cadavre… ».
Hammett a créé le détective  du genre dur-à-cuire (hard-boiled) : un héro très réel,  dur, décontracté, usé par la vie. Hammett a mis au point le modèle de l’homme seul, pris entre  idéalisme romantique et  réalisme social. Ses détectives (d’abord le Continental Op et plus tard Sam Spade) étaient isolés et solitaires, des hommes vulnérables et amers s’appliquant à maintenir un code moral dans le maelström de la Californie urbaine.
Une partie de l’aura de Dashiell Hammett vient de ce qu’en trois ans il écrivit quatre de ses grands romans, et qu’il n’était âgé que de 32 ans lorsqu’il commença. Pourtant, après  L'introuvable  (The Thin Man, 1934  ) Hammett ne finira plus aucun autre roman.
L’histoire de détective que Hammett a créée est une moralité poussée à sa limite, jusqu’à  la ligne séparant le bien du mal. Elle met en scène un homme d’action, un dur à cuire, qui habituellement est plus un anti-héro qu’un héro.  Il n’a pas besoin d’un faire-valoir assujetti, il peut agir seul et ses actes parlent  plus clairement que des coups de feu.
Les intigues développées par Hammett étaient stéréotypées. Comme le fait remarquer Diane Johnson dans sa biographie de Hammett (« Hammett »- 1983) : « Dans  La moisson rouge  (Red Harvest - 1929) le Continental Op (l’agent de la Continentale – NdT) arrive pour nettoyer la ville de l’Ouest. Sang Maudit (The Dain Curse -1929) est le conte de fée d’une damoiselle enchantée en détresse, et Le faucon de Malte  est une chasse au trésor.

Samuel Dashiell Hammett est né dans le Saint Mary’s County, comté du Maryland, le 27 mai 1894 et fut élevé à Philadelphie et à Baltimore. Il attrapa une mauvaise grippe durant affectation de l’armée durant la première Guerre Mondiale, ce qui entraîna une tuberculose pulmonaire qui le hanta toute sa vie et qui eut une grande influence sur celle-ci.
Il était détective à l’Agence Pinkerton durant la Prohibition, lorsque les bootleggers vendaient de l’alcool aux écoliers. La « grande expérience sociale » avait échoué et avait engendré les racketteurs, les gangsters, et une corruption généralisée.

Son troisième roman,  Le faucon de Malte, est l’histoire de Sam Spade et de  Brigid O'Shaughnessy, la rousse aux yeux bleus,  qui partagent un monde fait d’escroqueries, de trahisons, de cupidités et de meurtres.  C’est l’histoire de l’Oiseau Noir. Et cet oiseau noir a plusieurs significations. Il peut être perçu comme le symbole approprié de la richesse illusoire, du matérialeisme désespéré, et même de la fausseté et des illusions de la vie elle-même. Pourtant, cet oiseau noir est n’existe essentiellement qu’en tant qu’accessoire, un raccourci visuel rappelant une ou plusieurs des significations mentionnées ci-dessus, et il n’est pas le centre de l’histoire.
Hammett a libéré le genre du roman à détective. Il accorde plus d’importance aux relations entre les personnages et moins aux détails du meurtre et de l’enquête. Beaucoup de sa force et de son originalité vient de ce qu’il se concentre sur la construction des personnages plutôt que sur une ingéniosité formidable.

Edgar Allan Poe a inventé l’histoire de détective moderne dans Double assassinat dans la rue Morgue ( Murders in the Rue Morgue – 1841), lorsqu’il a créé Auguste Dupin, un détective professionnel qui utilise le raisonnement déductif pour résoudre un crime horrible. A l’intrieur d’une chambre fermée, à l’étage, une femme et sa fille ont été brutalement assassinées, la gorges tranchée, et l’une d’elles a été fourrée dans un conduit de cheminée parisienne, les pieds en avant.
Comme Ross Macdonald, un des héritiers les plus fameux et les plus cultivés de Hammett, explique dans « On Crime Writing » que Poe « …conçu (l’histoire de détective) comme un moyen d’exorciser et de contrôler la culpabilité et l’horreur ». Dupin déduit que seul un singe meurtrier a pu escalader le bâtiment,  tuer de manière si barbare et puis fourrer la fille morte dans la cheminée. Pour ces raisons, le tueur doit être un singe.
Macdonald continue : « Les raisonnements de Dupin maîtrisent le singe (meurtrier) et expliquent l’inexplicable- mais non sans laisser une horreur résiduelle. Les explications n’ont cependant pas fait disparaître le cauchemar, et il persiste sous la dent de la raison. L’équilibre instable entre la raison et les éléments plus primitifs est caractéristique des histoires de détectives. Pour à la fois l’écrivain et le lecteur, c’est une arène inventive où de tels conflits peuvent se résoudre en sécurité, sous contrôles artistiques. »
Là, c’est exposé comme dans une autopsie encore fraîche : le Bien contre le Mal. La raison qui se bat contre l’horreur. Le super-Ego contre le Ça. Le détective rationnel s’opposant au singe meurtrier dans les enfers urbains.
Pourtant il y a aussi plus que ce que Macdonald suggère. Beaucoup de critiques et de lecteurs comprennent que les conventions de la fiction littérature populaire offre une échappatoire apparente à la vie de l’auteur et à la vie du lecteur. Mais en analyse plus profonde, c’est aussi un masque mis sur l’autobiographie de l’auteur, un masque de protection qui dévie l’acier froid de la réalité alors qu’il lutte avec sa propre ombre falstaffienne.

Le faucon de Malte n’est pas fondamentalement un « whodunnit »- un roman de détection traditionel ; c’est un roman qui traite des personnes, et particulièrement d’une personne : Sam Spade, qui sont prisonnières d’un monde criminel. Il offe un point de vue particulier pour soutenir cette vision : le point de vue détaché, distancié, par lequel nous n’entrons jamais dans la tête d’aucun des personnages. Nous flottons simplement,  observateurs invisibles, et le narrateur a disparu.
Nous entendons et voyons les événements tels qu’ils se passent, comme si nous étions présents dans la pièce, mais invisibles. Ce n’est pas vraiment la « caméra-stylo », l’oeil devenu caméra, car alors le lecteur ne serait autorisé à ne voir ce que la caméra voit et ce qu’un microphone entend. Dans  Le faucon de Malte , il y a des commentaires et des interprétations. Nous sommes des observateurs invisibles dans la pièce.
Dans Le faucon de Malte , le meurtre est encore représenté comme un jeu du Bien contre le Mal (bien que la plus grande partie de la violence se passe hors champ). Le joueur ici c’est L’As de Pique (= Ace of Spade)[i], Sam lui-même. L’ambiguïté de son personnage est au centre de l’histoire. Dans ce monde où tout est corrompu, où tout peut se corrompre, Sam Spade connaît la musique : « La plupart des chose à San Francisco sont à vendre, ou à prendre ».

Lorsque Miles Archer, son associé, est tué, Sam Spade se propulse lui-même dans l’arène et se bat pour obtenir l’Oiseau Noir. Il enjôle, il cajole, il menace, il ment, il persifle et bluffe pour découvrir qui a tué Miles Archer.
Le parcours dans lequel s’égare Hammett est formidable. La mort d’Archer devient vite une intrigue secondaire, trouver l’Oiseau Noir devient l’intrigue principale. Et pourtant, dès que l’oiseau est retrouvé, la mort d’Archer est résolue.
Pour beaucoup de gens, la monstruosité  spécifique dans Le faucon Maltais  réside dans le fait que Sam Spade est un vrai partenaire instantané pour le vol et le meurtre. En l’observant de près, on n’est jamais certain que Sam Spade soit honnête. L’ambiguïté de son personnage est telle, que même Iva dit : « Oh, Sam vous l’avez tué ? ».

Toutes les histoires ont pour sujet un héro en crise. Le but principal d’un drame est d’inquiéter le public. C’est ce qui est obtenu par le suspense. Mais la moralité du personnage est l’essence de l’histoire , et cette morale est authentifiée par celle du lecteur.
Hammett a décrit Sam Spade comme étant un Satan blond, ce qui se traduit assez bien comme étant un sorcier de la magie blanche, un magicien, quelqu’un comparable au Gandalf  du Seigneur des Anneaux, ou au Merlin des histoires sur Camelot.
Sam Spade est un solitaire, un homme qui prend la plupart de ses repas à l’extérieur, un homme qui lit les journaux en  mangeant. Il sait quel est le prêteur sur gages qui offre le plus d’argent. Il sait qu’il faut ouvrir le boîtier arrière de la montre qu’il examine. Il ne se saisi pas quand il marche sur la main d’un homme mort.
Spade est un homme complexe. Le cynisme et l’idéalisme s’affrontent en lui. Il est homophobe, il peut devenir violemment sadique en un éclair, il éprouve le zéro scrupule pour son adultère avec la femme de son associé. Et il est l’homme qui peut se mettre à califourchon sur le fil du rasoir entre le bien et le mal.
Effie Perine, secrétaire de Spade, lui dit : « Vous croyez toujours savoir ce que vous faites, mais vous êtes trop baratineur pour votre propre bien. Et, un de ces jours vous allez le découvrir. »

Dashiell Hammett ressentait l’importance de faire en sorte qu’on ne soit pas certain de la droiture essentielle de Sam Spade. Pour Hammett, Spade doit être « un type dur et égueulasse ». Il ne faut pas de culte du héro, seulement une objectivité limpide.

Comme l’écrivait Diane Johnson dans sa biographie de l’écrivain « Hammett » (1983) : « Le récits de détective est essentiellement une allégorie dans laquelle le détective est le super ego et le criminel est le ‘ça’ ; les deux aspects de la même personnalité ». Que le  chasseur et la proie soient les deux aspects d’une même personnalité  est quelque chose d’évident, mais pour Hammett, la tension entre Sam et Brigid était également une affaire où la confiance est face à la trahison.  Dans la vie réelle, comme dans les histoires de détectives, les meilleurs meurtres sont des affaires de confiance trahie.  Parents, amants, frères et sœurs, grands-parents, amis, peuvent vous trahir.  Pas vos ennemis.

Sam Spade dit à Brigid O'Shaghnessy : “Je n’ai rien contre vous faire confiance aveuglément, sauf que je ne pourrai pas beaucoup vous aider si je n’ai pas une petite idée de ce dont il s’agit. »  Caspar Gutman, le mauvais, à propos de la vérité : « J’aime bien un homme qui vous dit d’emblée que sa préoccupation c’est lui-même. N’en sommes nous pas tous là ? Je ne fais pas confiance à un homme qui le nie. Et un homme qui dit la vérité, alors qu’il dit mentir, est celui en qui j’ai le moins confiance, car c’est un  idiot qui va à l’encontre des lois de la nature. » Mais la vérité peut être insaisissable. Et elle est définitivement malléable.
Le lieutenant Dundy, de la police de San Francisco, demande à Spade : « Que voulez-vous que nous pensions que la vérité soit ? »
Sam Spade n’est pas un homme vertueux. Dans presque l’entièret » du roman, il ne vaut pas mieux que l’un ou l’autre des méchants. Mais Sam Spade a un code moral, et, en finale, il se rachète, et, par extension, nous aussi.

Ce "faucon maltais", comme nous le raconte John Huston, dans le film qu’il a tiré du roman, est ce dont sont faits les rêves. Un rêve de  joyaux sous un revêtement de plomb. Une tentation qui permet d’échapper au quotidien et à ses préoccupations. Il déclenche la rapacité qui mène au meurtre et au chagrin.
Ross Macdonald voyait  Le faucon de Malte  comme une tragédie. Il écrit que « Hammett est le premier écrivain américain d’importance à avoir utilisé le récit de détective comme support pour présenter une vision flamboyante mais désenchantée de nos vies. »  Selon Macdonald, Sam Spade « a les vertus du pionnier et suit le même code que celui-ci. Jeté dans l’enfer urbain pour ses péchés, il rassemble son courage et sa ruse pour  affronter ceux qui s’y trouvent, joue pour les plus gros enjeux possibles, l’amour et l’argent, et perd tout à la fin. Son code de conduite, étroit et amer, l’oblige à la livrer (Brigid O'Shaughnessy) à la police ». Le faucon maltais a été dépouillé de ses joyaux.

Un message essentiel est le fait que Sam Spade est un survivant. Il en a trop vu et « ne veux pas être un ballot » ; il ne baissera pas sa garde, même pour l’amour ni pour ce qui y ressemble fort. C’est la fin aigre-douce de Sam Spade. Oh, il est gagnant, mais en sang.
Plus important : comment quittons-nous Sam Spade ? Quelle est l’image finale que nous nous nous faisons de cet homme ? quel est son destin et le connaît-il ?
Quand Effie lui dit que Iva attend à l’extérieur, Sam frissonne et dit : « Bon, fait-la entrer ». En finale, Sam Spade se retrouve seul dans l’enfer urbain.

 Sam Spade vit dans un monde d’ambiguïté morale, un monde fait de trahison et de promesses non tenues. Au mieux, il sait que n’importe quel succès n’est qu’un remède temporaire. Le Mal revient toujours pour une attaque supplémentaire. Le détachement de Spade n’est qu’une ruse : il se soucie fort du monde, de la chair et du diable.
Mais il ne pactisera pas avec le mal. Pour Spade, le mal surgit du compromis. Sam spade refuse d’agir de manière déshonorante- même si cela veut dire de renvoyer Brigid, et il agit selon son propre code, code qui est proche du sens individuel de l’honneur chez Hammett. Peut-être ce code individuel de l’honneur était une évolution naturelle pour beaucoup de vérérans épuisés par la Grande Guerre qui virent la Prohibition comme une autre noble intention dont la mise en pratique tourna très mal, qui ont vu l’Amerique se transformer sous la Prohibition en un monde de gangsters, de violence urbaine et d’hypocrisie généralisée.
N’oublions pas qu’en 1919 le World Series (Championnat national de baseball aux USA. Ndt)   fut trafiqué, une combine pour enrichir les parieurs de New York. A la même période, beaucoup de gens ont nourri une forte suspicion selon laquelle le Président Warren G. Harding avait été assassiné par sa femme[ii], à San Francisco, quelques années auparavant.
Une partie du code de l’honneur de Hammett venait aussi des années durant lesquelles il travailla pour l’Agence Pinkerton[iii], lorsqu’il travailla à briser les grèves dans le Montana.

 Le faucon de Malte  fut un gigantesque succès et réimprimé sept fois durant la première année de publication. En un rien de temps, Dashiell Hammett devint riche et célèbre. Il a gagné des millions (de dollars ! NdT) juste au moment où la Bourse venait de s’effondrer.[iv]Il se rendit à Hollywood et écrivit quelques scénarios, puis il s’établit à Manhattan et y devint un genre de playboy siroteur de cocktails, avec son amie et compagne Lillian Hellman. Il a romancé leurs continuelles beuveries pour en faire L’Introuvable   (The Thin Man).
Mais, comme Spade, Dashiell Hammett avait un code moral strict, un code très individualiste, et il a toujours pris ses responsabilités personnelles. En 1942, à l’âge de 48 ans, il s’engage dans l’armée car il pensait qu’il le devait. Il passa ce second service militaire dans les Aléoutiennes (îles américaines, proche de lAlaska. Ndt), ce qui aggrava sa tuberculose et le conduisit à l’emphysème.

Dashiell Hammett était aussi un marxiste. En 1951, son dernier combat fut contre le « comité des activités anti-américaines  »[v]. Il était un des administrateurs du fonds des secours créé pour payer les cautions pénales, au sein de la Civil Rights Congress (= Association pour les Droits Civils. NdT) et refusa de révéler les noms des contributeurs.
Dans sa biographie, Diane Johnson cite la compagne de Hammett, Lillian Hellman, qui dans son éloge funèbre déclara : « La nuit avant qu’il aille en prison, il m’a dit que peu importe ce qu’on en pensait, la position qu’il avait prise n’avait aucune  motivation politique, qu’il s’en était simplement tenu à sa conclusion selon laquelle un homme doit rester fidèle à sa parole ».
Hammett fit 6 mois de prison pour offense à la Cour, ce qui le rendit encore plus malade et le conduisit droit à son lit de mort.

Tout ceci aide à cerner un auteur, mais je découvre plus de traces du véritable Dashiell Hammett dans Le faucon de Malte, dans l’histoire que raconte Sam Spade à Brigid O'Shaughnessy à propos du mystérieux Flitcraft, un homme dont Spade avait retrouvé la trace dans le Pacific Nordwest. Lorsqu’une poutre faillit le tuer en tombant, explique Sam, Flitcraft abandonna sa vie ordinaire, erra sans repos, et recomposa une espèce de simulacre de sa vie précédente, toutefois avec une nouvelle famille.
En racontant cette parabole à propos de Flitcraft, Sam Spade nous fait savoir également à quel point il est conscient d’être lui-même mortel, conscient de l’existence de la chance pure, conscient de la tendance très réelle qu’a l’ humain à se faire des illusions.
Il faut aussi se souvenir qu’à cette époque Hammett avait dèjà souffert de dix années de tuberculose chronique et que la maladie l’avait obligé de vivre séparé de sa famille, forcé de laisser tomber la publicité (domaine qu’il aimait) et forcé de faire face à sa propre condition d’être mortel. Pour n’importe quel homme ayant à peine atteint la mi-vingtaine, un tel handicap doit être ressenti comme la mort de l’espoir.
Je soupçonne que, comme Flitcraft, Hammett « se sentait comme si quelqu’un avait soulevé le couvercle qui cache sa vie et lui  en avait laissé contempler le mécanisme ». Comme pour Flitcraft, pour Hammett « La vie pourrait s’arrêter au hasard de la chute d’une poutre ; sa vie pourrait changer de manière aléatoire simplement en s’en allant, en laissant tout derrière lui ».
Spade (et Hammett par extension ) se rend compte que chaque vie est dépendante de la chance.« Il s’en est allé comme ça, comme un poing qui disparaît dès que vous ouvrez la main » dit Spade.
Johnson a une fois déclaré que Hammett était: «… un homme qui était clairement convaincu  qu’il n’y aurait pas de lendemain… Lorsque la fin approcha, on était trente ans plus tard que ce qu’il avait prévu, et la mort lui doit de vraies excuses. »

 
Rien ne peut séduire Sam Spade. Ni la rapacité sans bornes de Gutman, ni le narcissisme de Joel Cairo. Pas même Brigid, la menteuse pathologique. Mais la mort nous trahit tous
.

Fred Zackel, 2005

DASHIELL HAMMETT

Dashiell Hammett est mort le 10 janvier 1961 d’un cancer des poumons
Contre les efforts véhéments de J.Edgar Hoover, et peut-être grâce à l’intervention d’un de ses plus grands fans, le Président  Dwight D. Eisenhower, Samuel Dashiell Hammett, vétéran des deux guerres mondiales, a été enterré parmi les vétérans dans le Cimetière National d’Arlington, Washington D.C.

 L’ histoire de privé hard-boiled (=dur à cuire) a survécu, plus forte que jamais, à la fois à l’écran et en littérature, et est toujours un sujet ayant trait au bien et au mal. C’est toujours le récit de l’élimination des monstres. Le héros y combat encore l’effroyable.  

OEUVRES LITTÉRAIRES PRINCIPALES

Hammett a écrit cinq romans :
Red Harvest (1929) – La moisson rouge (1932)
The Dain Curse”(1929) -  Sang maudit  (1933)
The Maltese Falcon (1930) - Le faucon de Malte (1936)
The Glass Key” (1931) – La clé de verre (1932)
The Thin Man (1934) – L’Introuvable (1934)

S’ y ajoutent 62 nouvelles.

(FZ)




Article de Fred Zackel,  2005, en anglais sous le titre :
The Maltese Falcon - 75 Years on The Razor


(Traduction française: E. Borgers, janvier 2006)


© 2005 Fred Zackel pour le texte original en anglais
© 2006 E.Borgers pour la traduction française




NOTES

[i] Ace of Spade est un jeu de mot ; en anglais, « spade » voulant également dire : pique, une des  deux couleurs noires des jeux de cartes.NdT
(cliquez sur -i - ci-dessus pour retour texte ^ )

[ii] Warren Harding : président des USA de 1921 à 1923. Mort à San Francisco en 1923. Il était partisan des thèses isolationnistes.NdT
(cliquez sur -ii - ci-dessus pour retour texte ^ )

[iii] Agence Pinkerton : agence privée de détectives, fondée en 1850 à Chicago par Allan Pinkerton, dans une Amérique avec peu de lois et encore moins d'organisation de la police sur tout son territoire. Légendaire pour sa participation le plus souvent négative à la "conquête de l'Ouest" la Pinkerton National Detective Agency ,  au delà de son  activité d'enquêtes de police conventionnelles, fut très vite utilisée par les divers États, le Gouvernement Fédéral et les multiples Trusts et grandes compagnies, partout sur le territoire américain, pour infiltrer, détruire et terroriser les organisations ouvrières, syndicats et associations diverses (toutes de gauche ou anarchistes). Elle reste célèbre pour ses activités de "briseur de grèves" en recrutant malfrats et  tueurs pour attaquer physiquement les grévistes et éliminer les meneurs. Dès 1877, cette chasse aux ouvriers devint une des activités premières de l'Agence Pinkerton! En 1924, avec la création du FBI, l'État américain fera moins appel à la Pinkerton qu'auparavant...  
Un détail parlant: le plus gros acheteur des fameuses mitraillettes Thompson (illustrées dans les films de gangster des années 30/50) fut l'Agence Pinkerton, et non pas l'ensemble de la pègre des années 20/30 !
Hammett fut engagé par l'Agence en 1915 (il avait 21ans)  et y resta jusqu'en 1921 (avec un arrêt de mi-1918 à mi-1919 pour son service militaire, l'Amérique participant à la guerre 14/18- mais Hammett resta aux USA). 1921 sera la date à laquelle, pour des raisons de santé physique défaillante, il décide de se consacrer à plein temps à l'écriture, année aussi de son premier mariage. 
Il débuta chez Pinkerton en 1915, dans leur agence de Baltimore logée dans le Continental Building; il s'en souviendra lorsqu'il crée la Continental Agency dans ses nouvelles policières avec le détective sans nom (Continental Operative - Continental Op, en abrégé, pour le désigner). 
S'il ne fait aucun doute sur la participation de Hammett à certaines opérations anti-grèves dans divers endroits des USA, sa participation à l'affaire sanglante de Butte, au Montana en 1917, est loin d'être prouvée, même s'il fut mêlé à l'examen et à l'infiltration de  ces grèves. D'après Lillian Hellman, ce fut le meurtre féroce de Frank Little en 1917 - meneur d'ouvriers des mines de la Anaconda Copper Company, du Montana- qui fit que Hammett remit en cause sa conscience sociale, et bascula dans le camp des "libéraux".  NdT
 (cliquez sur -iii - ci-dessus pour retour texte ^ ) 


[iv] La bourse : le grand krash d’octobre 1929 va propulser les diverses classes de la population des USA dans la misère noire, période dont les « bien pensants politically correct » américains n’osent plus parler en termes clairs actuellement. 
Après avoir utilisé la bourse comme un casino géant dans les années 1920 et en y attirant les petits épargnants, via banques et institutions financières, ce sera le krash dû aux spéculations sans réelles contreparties de couverture, laissant la spirale des biens immobiliers s'emballer et exploser en finale par manque d'acheteurs. Comme un château de carte, tout l’édifice capitalo-financier s’écroulera et l’Europe plongera elle aussi dans des années de misères provoquées. C'est la Grande Dépression, aux répercussions mondiales et désastreuses.
L’Allemagne sortant anéantie de la fin de la guerre 14-18,
et pillée par les années d'après-guerre,  subira le krash financier avec des répercussions  désastreuses; ce pays vivra alors une des périodes les plus pauvres et miséreuses de son histoire moderne, entraînant agitation politique et extrémismes de tous bords. L’ascension rapide de Hitler- et de ses alliés- porté par le soutien populaire d'après 1929, trouve une de ses meilleures sources dans cette misère organisée laissant les populations allemandes sans recours et sans espoirs.
Je parle évidemment du 20e s. Toute ressemblance avec le 21e n’est sans doute pas fortuite.  NdT.  (cliquez sur -iv - ci-dessus pour retour texte ^ )

[v] House Un-American Committee (HUAC) :    sinistre parodie de justice organisé en 1950 par un sénateur conservateur de triste mémoire, Joseph McCarthy. Sur base d’un rapport faisant état de quelques cas réels de sympathisants pro-russes présents dans l’Administration américaine, le gouvernement déclencha une vraie chasse aux sorcières, excluant des gens de leurs fonctions sur simple appartenance à des mouvements politiques de gauche, communistes ou autres. Les intellectuels et les célébrités de Hollywood furent spécialement visés par McCarthy, afin de « faire cesser la propagande dirigée contre les USA et le complot intérieur ». Et surtout pour être certain que les médias s'y intéressent de près, lui fassent sa publicité et créent une impression  forte sur  un public médusé qui découvre le complot ourdi par des gens célèbres. Avec l’aide du FBI qui, dans la personne de son directeur Edgar Hoover, aimait se dire à la pointe de la vigilance pour combattre ce qui est anti-américain càd de gauche, ou simplement en opposition politique marquée- le tout sous l'étiquette "communiste" pour terroriser l'opinion publique de l'époque...
En fait, toute cette odieuse et sanglante comédie fut encouragée, puis tolérée par Eisenhower et son gouvernement. Lorsque McCarthy, en plus, débuta des enquêtes et des contrôles sur le personnel de l’Armée et essaya de viser très haut dans l’Administration- jusqu'au Président- pour alimenter ses accusations publiques, en 1954, le Président Eisenhower et ses conseillers mirent un point final aux agissements de McCarthy et de son tribunal public. Et à la fameuse commission.
Dashiell Hammett, en 1951, fut une des nombreuses victimes de la folie absolutiste des pouvoirs politico-financiers des USA lors de ces "purges" légalisées et télévisées.  Il en sortit diminué physiquement et ruiné, mis à l'index de la Black List-- listes de personnes qu'il était conseillé de ne plus employer et de ne plus leur donner accès à une plate-forme d'expression, officielle ou privée. Encouragées par le gouvernement, le FBI et les patrons d'industries, ces listes circulaient et signifiaient la mort économique et professionnelle de ceux qui y figuraient. Les livres publiés par Hammett  furent brûlés en place publique par des foules en délire, interdits de bibliothèque et d'école, comme ceux de nombreux autres "anti-américains" .
McCarthy et le McCathysme, un autre épisode que les biens-pensants américains actuels n'aiment pas détailler  (Ecyclopaedia Britannica -par ex- n'y consacre que quelques lignes, en minimisant les conséquences et en soulignant le danger communiste). 
Je parle ici du milieu du 20e s. Toute ressemblance avec le 21e est sans doute réelle. NdT.   
(cliquez sur -v - ci-dessus pour retour texte ^ )







Statue pour collectionneur - Black Bird

Le Faucon en statue
objet de collection















INTRO/LE SUJET
LES METAMORPHOSES
DU FAUCON
ARTICLE (texte)
notes
HAMMETT ET LE CINÉMA
FRED ZACKEL

















































































































































































































The Dashiell Hammett Tour - Don Herron

The Dashiell Hammett Tour
A guidebook by
Don Herron
Guide de San Francisco proposant de suivre les pas de Hammett et de ses personnages dans cette ville. Très bien documenté avec une excellente introduction sur la vie de Hammett.
Rédigé par Don Herron, un passionné  et un érudit
Publié par City Lights Books, éditeur à SF et librairie mythique de la période beat.  
La couverture reprend une photo de Dashiell Hammett.           - EB















INTRO/LE SUJET
LES METAMORPHOSES
DU FAUCON
ARTICLE (texte)
notes
HAMMETT ET LE CINÉMA
FRED ZACKEL






















LE FAUCON, HAMMETT ET LE CINÉMA
LE FAUCON MALTAIS _ Affiche du film Le Faucon maltais_Affiche

Pour sa contribution au cinéma, on relève 25 films basés sur les romans et nouvelles de Hammett.

 Bien que non reconnue au générique, « La moisson rouge » a été l’inspiration pour « Yojimbo » (1961- film d’Akira Kurosawa. NdT). Plus tard il a été réutilisé dans « Per un pugno de dollari » (1963 – « Pour une poignée de dollars » film de Sergio Leone. NdT) et dans « Last Man Standing » (1996- film de Robert Hill. Ndt).

 Les frères Cohen dans « Miller’s Crossing » ont basé leur film sur deux romans de Hammett :
La clé de verre  et  La moisson rouge. Leur film précédent, « Blood Simple » (1984) est basé sur un extrait de La moisson rouge .

 
Samuel Dashiell Hammett est le nom donné à un des pre-cogs dans « Minority Report » (2002- film de Steven Spielberg. NdT). Certains critiques disent que le récent « Deadwood », série produite par HBO pour le câble est aussi basé sur « La moisson rouge ».

Pour le film « Julia » (1977 – film qui retrace une partie de la vie de Lillian Hellman- NdT), Jason Robards interpréta le rôle de Dashiell Hammett et obtint un Oscar pour son interprétation.      (FZ)

NdT
On peut ajouter le film de Wim Wenders : « Hammett » (1983), basé sur un roman de Joe Gores, qui mettait Hammett en scène.
(EB)

The Maltese Falcon _ Affiche      The maltese Falcon _ Affiche (2)



FRED ZACKEL (auteur de l'article)

Fred Zackel est l’auteur de deux romans de détective privé 

   -« Cocaine and Blue Eyes » (1978)-                       Cocaine and Blue Eyes - Fred Zackel (1978)
*traduit à la Série Noire de Gallimard : 
 "Coco & Bel Œil" (1980 – SN 1800)
*il fut également traduit en espagnol, en Argentine, en 1994
*ce roman sera republié en 2006 par Point Blank Press
*il a été adapté, en 1983, en téléfilm pour la chaîne NBC, dans lequel jouait O.J. Simpson (1)

 
   -« Cinderella After Midnight » (1980)-

En 1978, Ross Macdonald a écrit : « Le premier roman de Fred Zackel me rappelle l’oeuvre du jeune Dashiell Hammett, pas parce que c’est une imitation, mais parce qu’il ne l’est pas. C’est un roman puissant et original tiré des vies et du langage des gens qui vivent à San Francisco de nos jours. »

 Actuellement, Fred Zackel enseigne au Département d’Anglais de l’Universtié de Bowling Green, dans l’Ohio.

 (1)NdT 
Telefilm sous le titre original du livre 
         « Cocaine and Blue Eyes » 
C’est un « pilote », une série était prévue à l’origine. Simpson y tenait le rôle du détective privé. Ce film pour la télé regagna une célébrité certaine en 1994, à partir du procès télévisé de Simpson- vedette sportive ultra populaire; Simpson (ancien joueur de football américain)  avant le procès, accusé du meurtre de sa femme et en fuite, fut poursuivi sur la route par la police, poursuite filmée en direct pour la TV !  (EB)













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Mise à jour:  29 janvier 2006

©Copyright 2006 E.Borgers. Les illustrations restent la propriété des ayants droit. 
© 2005 Fred Zackel pour le texte original en anglais: The Maltese Falcon - 75 Years on The Razor
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