CANAL NOIR



 
 
 
 
 
 
 
FRANÇOIS BARCELO


Auteur québécois, François Barcelo faisait du roman noir sans vraiment le vouloir.

Adepte de l'humour grinçant, chroniqueur des familles dysfonctionnelles, Barcelo finit par identifier lui-même sa tendance au roman noir. 
Après une  série  de romans publiés au Canada, il s'adressa à la Série Noire de Gallimard qui publia avec succès deux de ses romans en France "Cadavres" et  "Moi, les parapluies" .
 Un troisième  sortira en cette fin 2000: 
"Chiens sales".
Découvertes pour le lecteur européen, son humour noir et son écriture précise font merveilles.

François Barcelo a bien voulu répondre à quelques questions que je lui ai posées à distance.
 


 
 

EB
Au vu de votre bibliographie, il semble qu'en tant qu'auteur vous avez touché à différents genres du roman : récits pour les jeunes, SF, humour, et finalement le polar.

Qu'est-ce qui vous a poussé, ou motivé, vers le roman noir?
Etait-ce simplement une prolongation de votre tendance à l'humour grinçant, prolongation vers le polar qui vous permet de noircir un peu plus cet humour?
 

François Barcelo
En fait, ma principale occupation a toujours été le roman-roman ou roman littéraire, appelez ça comme vous voudrez. Dans ces romans (Agénor, Agénor, Agénor et Agénor, par exemple), j'ai souvent intégré des éléments de SF ou de policier sous une enveloppe de quasi-contes philosophiques.
Depuis une douzaine d'années, je ne fais rien d'autre qu'écrire, après avoir gagné ma vie comme concepteur-rédacteur publicitaire. Cela m'a posé un problème : j'étais trop productif. Il m'est arrivé de sortir deux romans la même année - un au printemps, l'autre à l'automne. Les médias, les critiques et peut-être aussi les lecteurs ont montré quelques signes de désintérêt ou de fatigue.
Récemment (depuis deux ou trois ans), je me suis rendu compte que je peux enfin écrire trois livres par année s'il s'agit de trois genres différents.
Et personne ne trouve plus que j'écris trop.
Je dis souvent et pas totalement à la blague que j'écris un roman sans me demander à quel genre il appartient et qu'une fois le brouillon terminé, je compte les morts. S'il y en a beaucoup, c'est un roman noir. S'il n'y en a qu'un ou deux, c'est un roman-roman. Si le protagoniste a moins de quinze ans, c'est un roman jeunesse.
Tout ça pour dire que, quel que soit le public, j'utilise la même manière : beaucoup d'humour, des tas de surprises et de rebondissements, un style généralement clair et direct.

Vie sans suite  (1997) est probablement mon meilleur roman noir ou tous genres confondus - l'histoire d'un pédophile qui se retrouve malgré lui avec une petite fille qu'il essaie de protéger des malfaiteurs, à commencer par lui.

EB
J'ai lu dans un bref compte rendu spécialisé que la littérature policière québécoise n'avait rien produit de convenable jusqu'à très récemment, seulement des récits assez pauvres, des "romans populaires" dans la plus  mauvaise acceptation des termes...
Quelle est votre opinion, en quelques mots?
Le polar est-il bien reçu dans la Belle Province?

FrB
Chez Gallimard à Montréal, on me dit que la Série Noire marche mal ici, à part quelques vedettes. 
Cadavres s'est vendu à environ 7000 exemplaires en France et 2000 ici (les deux chiffres me font plaisir : je ne veux être lu ni exclusivement en France ni surtout au Québec).
Le quotidien montréalais La Presse a publié le 8 octobre 2000 un article sur le polar québécois, qui se porterait bien par le nombre des titres. 

J'ai lu quelques auteurs d'ici, comme Jacques Bissonnette et Sylvain Meunier, qui en valent bien d'autres.
Mais le nombre de lecteurs est peut-être, à mon avis, le principal problème. Il est insuffisant ici pour faire vivre des collections. Imaginez la Série Noire dans une France qui ne compterait que six millions d'habitants.
C'est pourquoi Moi, les parapluies a été publié d'abord ici sans mention policière, l'éditeur se disant que mon nom attirerait plus de lecteurs sans elle.
Mais je ne me plains de rien. Quand Cadavres a été publié, le quotidien Le Devoir (l'équivalent québécois du Monde) m'a consacré un article en première page, avec photo en couleur. Je pensais que je n'y aurais droit qu'à mon décès. Et encore...

EB
Êtes-vous un aficionado de littérature policière ?
Quels sont vos auteurs préférés du genre?

FrB
Quand j'ai commencé à écrire Cadavres, je pensais que j'écrivais une parodie de polar français. Par la suite, j'en ai lu quelques-uns. Et je me suis rendu compte que je me gourais totalement.
Dans un polar français, on boit beaucoup, on fume énormément, on baise tant qu'on peut et on parle en argot.
Dans Cadavres, on ne boit quasiment pas, on ne fume pas du tout, on ne baise pas même si on a déjà baisé un petit peu, et on parle un français pas du tout argotique.
C'est ma faute: je lisais peu de polars.
J'en ai lu quand j'ai appris que je serais publié dans la SN. Quelques Raynal (il est bon de connaître les gens qui vous publient). Deux Izzo, deux Jonquet, un Dantec, deux Belletto. J'ai tout lu avec un plaisir certain, mais jamais avec un enthousiasme délirant.
Ce qui me gêne dans ce genre, c'est que chaque auteur semble s'efforcer de devenir un sous-genre à lui tout seul. Jonquet écrit des Jonquet, jamais des Belletto. Chacun trouve sa formule, son créneau, et essaie de ne plus en bouger.
Je ne suis pas capable d'en faire autant. Chacun de mes livres est un livre différent des précédents : nouveaux personnages, nouveau milieu, nouveaux lieux, nouveau récit, nouveau sujet, manière pas nécessairement nouvelle de raconter mais volonté d'oublier celle des livres précédents. 
Je suppose que les lecteurs sont embêtés parce qu'il ne se retrouvent jamais en terrain familier. Et beaucoup sont déçus parce que ce n'est pas comme le dernier.
Ce n'est pas ma faute : je n'aime pas écrire en terrain familier.

Quelques auteurs m'ont malgré tout influencé. J'avais lu Fantasia chez les ploucs de Charles Williams avec délectation quand j'avais dix-huit ans. Presque quarante ans plus tard, je m'en suis souvenu, sans le relire, en écrivant Cadavres. J'ai relu Fantasia récemment. Ce n'était pas tout à fait comme je me rappelais. Mais vachement bon quand même.
En fait, l'écrivain que je pourrais le plus qualifier d'auteur-frère est un Finlandais, Arto Paasilinna, qui écrit des livres désopilants comme j'aime en lire et aimerais en écrire. Ce n'est pas du polar. Mais cela procure le même plaisir que les meilleurs polars : une bonne histoire pleine d'imprévus et bien racontée. Qu'est-ce que ça peut faire si personne ne meurt de mort non naturelle?
Comme chez moi, les trois quarts de ses pages se passent dans la nature et non entre quatre murs. Et il me semble que les Québécois et les Finlandais sont faits du même bois. Du moins dans les romans.
 

EB
Vous êtes le premier Canadien francophone publié dans la Série Noire, avec la parution en 1998 de l'excellent "Cadavres " (SN no 2513), suivi du grinçant "Moi, les parapluies" (SN no 2547- 1999).
Pouvez-vous nous expliquer comment cela s'est passé?

FrB
La véritable petite histoire d'un livre!
J'ai raconté à droite et à gauche dans quelles circonstances j'ai écrit Cadavres. Quelques journalistes ont rapporté mes propos, parfois avec quelques erreurs - soit que je me sois mal exprimé, soit parce qu'on m'a mal compris. Voici donc une fois pour toutes la véritable histoire de ce petit roman...

En 1993, j'ai écrit un livre intitulé Moi, les parapluies... Je me suit dit qu'il serait peut-être à sa place dans une collection comme la Série Noire. Comme je ne lisais presque jamais de romans noirs ou de polars, j'ai demandé l'avis d'un ami, grand amateur de ces genres. Sa réponse a été catégorique : mon livre n'était pas du tout un roman noir, pour des tas de raisons que j'ai oubliées. J'ai donc envoyé le manuscrit aux Éditions Libre Expression, mon éditeur habituel, qui l'a publié en 1994.
À la sortie du livre, j'ai eu l'impression qu'il aurait reçu un accueil différent s'il avait été présenté pour ce qu'il était et non comme un roman de littérature générale. Après deux ans de réflexion, j'ai songé que rien ne m'interdisait de l'envoyer, par exemple, à la Série Noire. 
Croyant me souvenir que les Français aiment beaucoup le roman noir américain, j'ai entrepris d'en faire une nouvelle version - en changeant les noms de lieux. Sorel est devenu Burlington. Tracy, Saint Albans. Travail facile à faire, avec la fonction recherche et remplacement du traitement de textes. Mais le résultat, à la relecture, était désastreux. Privés de leur couleur québécoise, mes personnages avaient perdu toute leur substance.
J'ai donc eu recours à un autre stratagème. J'ai sorti Moi les parapluies... à l'imprimante, avec le titre Le coup du parapluie. Et je l'ai envoyé chez Gallimard, aux soins de la Série Noire, comme s'il n'avait jamais été publié. Je m'attendais à recevoir une lettre quelque peu paternaliste, du genre "Ça n'est pas tout à fait ça, mais si vous faites attention à tel ou tel truc, vous pourriez, cher monsieur Barcelo, espérer un jour, après de nombreuses tentatives, pénétrer dans notre auguste collection."
Six mois plus tard, alors que j'étais au Mexique sur une plage avec le téléphone le plus proche à une demi-heure de marche, ma compagne m'annonçait, justement au téléphone, que Gallimard venait de lui apprendre qu'il voulait publier le livre au plus tôt. Aïe! Surtout que je n'avais prévenu ni Francine ni l'éditeur original, Libre Expression, de ma manoeuvre. 
Au camping non électrifié où j'étais installé, j'ai trouvé un Américain qui avait une imprimante dans son véhicule de camping. Il a accepté de m'imprimer des lettres aux deux éditeurs pour m'excuser de ma supercherie et leur expliquer la situation. Et je suis allé au village le plus proche faxer ces lettres - à grands frais.
Je n'avais aucune idée de la réaction de mes orrespondants. Pour calmer mes appréhensions, je me suis lancé aussitôt dans la rédaction d'un roman noir, original celui-là, à envoyer à la Série Noire. J'ai écrit le premier jet de Cadavres en un mois environ, puis je suis rentré au Québec où j'ai appris que Libre Expression et Gallimard s'étaient entendus sur la publication de Moi, les parapluies...
Comme rien ne pressait, j'ai pris mon temps pour peaufiner Cadavres que j'ai envoyé à Patrick Raynal (directeur de la Série Noire) à la fin août. Trois semaines plus tard, il me manifestait son intention de publier Cadavres en 1998, avant Moi les parapluies... qui paraissait un an plus tard.

EB
Un troisième roman va sortir en octobre/novembre 2000 à la Série Noire : Chiens sales.
Quel sera le sujet de votre nouveau livre?

FrB
Le titre Chiens sales fait allusion à l'appellation qu'ont donnée les Québécois à leurs poulets : les chiens.
On peut trouver sur le site Web d'un magazine féminin l'histoire véridique de mes rapports généralement peu harmonieux avec nos forces policières.
Chiens sales est écrit à la première personne par une narratrice naïve à laquelle tout le monde ment effrontément. Il y est notamment question de policiers qui font une connerie et qui, comme tous les policiers du monde, en font une plus grosse pour cacher celle-là.
Cela part d'un fait isolé qui se produit sur un îlot près d'ici. Et la fin frôle la guerre mondiale.
C'est aussi un peu un roman de la route, qui se déplace de Sorel à Montréal, à l'Abitibi, aux Laurentides.
Les thèmes, entre autres : la vérité et le mensonge, la bêtise policière et humaine sans discrimination.

EB
Vos récits dans les polars sont souvent très "visuels" avec une écriture précise, tout en évitant les descriptions inutiles.
Êtes-vous un amateur de cinéma? 
Se pourrait-il que (même inconsciemment) le cinéma ait influencé votre style d'écriture?

FrB
 Oui, j'aime bien le cinéma. Et il est certain qu'il a influencé mes livres. Quels films et de quelle manière? Je ne saurais dire. 
En fait, je crois plutôt que c'est parce que je sais que les lecteurs sont influencés par le cinéma. Je n'ai pas à leur décrire longuement des choses qu'ils ont vues au ciné ou à la télé. Et ils sont nombreux à vouloir de l'action, pas seulement des états d'âme. Et pas seulement de l'action : un minimum d'états d'âme.

Parce qu'il y a une chose que le roman fait bien mieux que le film : nous faire pénétrer dans la tête d'un autre.
Peut-être est-ce pour cela que mes trois SN (et uelques-uns de mes autres livres, surtout les plus récents) sont écrits à la première personne, et souvent au présent : on est là, à la place du protagoniste. On devient quelqu'un d'autre.
Ce qui est une aventure extraordinaire.
Pour l'auteur encore plus que pour le lecteur.

EB
La famille semble jouer un rôle important dans vos polars, mais ce n'est pas toujours un rôle "socialement correct", ce qui fait d'ailleurs leur charme...
A côté de cela, je trouve que vos deux premiers SN ont un aspect surréaliste par les histoires qui s'y déroulent (Cadavres bien plus évidemment que Parapluies).
Êtes-vous d'accord avec ce genre de perception? 

FrB
Dans Chiens sales, il y a une réplique dont je suis content. Une mère dit à sa fille "Ma petite Carmen, tu ne peux pas savoir comme je suis désolée de t'annoncer ça, mais tu n'as pas le cancer."
Oui, j'aime bien les familles dysfonctionnelles dans les romans. Les familles normales sont ennuyeuses.
J'aime les mères cruelles et les pères dégueulasses.
Pourtant, j'ai été un père de famille pas trop mauvais. Mes parents étaient très bien. Et mes enfants le sont aussi. Mes quatre petites-filles également.
Cela ne m'empêche pas de parler souvent d'inceste même si je ne l'ai jamais pratiqué.

Le climat plus ou moins surréaliste de mes romans vient peut-être de ma méthode de travail. J'écris sans plan et sans savoir où je m'en vais. Je ne sais comment un roman va se terminer que lorsque j'écris les dernières pages.
Cela présente l'avantage que j'écris sans jamais me faire chier. Au contraire, j'ai hâte de connaître la suite.
Par contre, cette méthode risque de m'emmener là où je n'irais pas si je faisais exprès.
C'est ce qui s'est produit avec Cadavres. J'avais les deux premières phrases qui me trottaient dans la tête depuis un an : "Savez-vous quand j'ai commencé à regretter la mort de ma mère? C'est lorsque les premières gouttes de pluie se sont mises à dégouliner par le trou de balle dans le toit de la Pony."
Cela me donnait deux personnages, un milieu social, un début d'histoire, une attitude face à la vie.
Le reste s'est écrit tout seul. Presque.

EB
Vous êtes, à ma connaissance, un des rares auteurs francophones de polar tenant lui-même son propre site sur la toile (le WEB d'Internet), rejoignant en cela une démarche rencontrée plus fréquemment chez les auteurs américains.
Mise à part la promotion de votre production littéraire, cela vous a-t-il apporté quelque chose de plus, personnellement? 
Vos sentiments à propos de ce nouveau moyen de communication?

En fait, il ne s'agit pas de promotion, mais d'information.
Je ne cherche pas du tout à vendre mes livres. C'est le travail des libraires.

Je mets sur le Web des renseignements à la portée non seulement des lecteurs et de quelques amis qui habitent à l'étranger mais aussi et surtout des autres professionnels du livre.
Avant de m'inviter ou de me recevoir, les bibliothécaires, les libraires et les enseignants peuvent lire les plus récentes informations à mon sujet et les communiquer à leur public.
Presque tous les journalistes québécois consultent mon site Web avant de m'interviewer. Ils y trouvent des informations plus à jour que dans les dossiers de presse. Je gagne ainsi un temps fou à ne pas leur raconter ce qu'ils savent déjà.
Des étudiants, aussi, fréquentent mon site et ne se gênent pas pour me poser des questions lorsqu'un de mes livres est au programme (oui, oui, des profs de collèges québécois utilisent Cadavres pour enseigner la littérature!).

Il m'arrive souvent de regretter d'avoir créé ce site, parce que j'ai la coquetterie de le garder à jour. Rien n'est plus triste et quasiment honteux qu'un site abandonné. Je passe donc parfois plus de temps que je ne voudrais à le retoucher chaque fois qu'il m'arrive quelque chose de neuf, même s'il reste toujours des coins que je devrais mieux nettoyer.

Ce que je pense d'Internet? C'est une bonne idée qui ne transformera pas ma vie, mais une bonne idée quand même.

EB
Quelque chose que vous voudriez ajouter?

FrB
Peut-être la question de la langue quand un Québécois est publié dans la SN.
Dans tous mes romans, que je vise le public québécois, le public français ou les deux, je m'efforce d'utiliser un français universel. Donc une langue relativement édulcorée par rapport à celle d'un Michel Tremblay ou de nombreux auteurs français portés sur l'argot.
Lorsque j'ai reçu les épreuves de Cadavres (il ne se fait pas de révision, me semble-t-il, pour la SN), j'ai remarqué que le correcteur français avait mis des points d'interrogation à côté de deux ou trois mots. "Achalant", par exemple, qui veut dire emmerdeur. J'ai mis emmerdeur. Parce que je sais qu'avec les Français, si vous avez le malheur d'utiliser un mot qu'ils ne comprennent pas à la page 100 d'un livre de 300 pages, ils vont dire "Ah! Barcelo, c'est très bien, mais on ne comprend rien."
À mon avis, un auteur devrait justement avoir comme premier souci d'être compris. Cela peut couper un peu de couleur locale, mais pas tellement si on sait s'y prendre.
Malgré cela, Chiens sales est bourré de couleur locale. Les gens d'ici vont peut-être même me reprocher d'abuser du folklore.
N'empêche qu'en l'écrivant j'ai bien rigolé.

EB
Un livre dont  nous nous  réjouissons d’avance!
Merci François Barcelo.


HORS -  TEXTE
"En fait, il n'y a qu'un de mes livres qui serait hors de portée des 
Français. Il va paraître en janvier, à Montréal, sous le titre J'enterre mon lapin (un contrepet sur J'en perds mon latin). C'est un texte écrit à la première personne par un déficient intellectuel qui est aussi muet. Comme il utilise un ordinateur avec correcteur orthographique, il est convaincu qu'il ne fait jamais de faute" (un échantillon en est reproduit ci-contre).



Interview réalisée par E.BORGERS . 
Octobre 2000.


 
 

                François Barcelo
           (photo:Ludovic Fremaux)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Bibliographie sélective

polars et assimilés

  • Je vous ai vue, Marie, roman, Montréal, Libre Expression, 1990
  • Le Voyageur à six roues, roman, Montréal, Libre Expression, 1991
  • Vie sans suite, roman,                   Montréal, Libre Expression, 1997
  • Cadavres, roman,Paris, Gallimard, Série Noire, 1998
  • Moi, les parapluies, roman,Paris, Gallimard, Série Noire, 1999
  • Chiens sales, roman,Paris, Gallimard, Série Noire, 2000

  •  
 proche du polar (aventures)

-Nulle Part au Texas, roman, Montréal, Libre Expression, 1989
-Ailleurs en Arizona, roman, Montréal, 
Libre Expression, 1991
-Pas tout à fait en Californie, roman, Montréal, Libre Expression, 1992
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

        VIE SANS SUITE - couverture
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

(*) Extrait de
J'enterre mon lapin
de François Barcelo
 

"J'ai été à l'école rien que quand j'étais petit.
Pas tellement de tant.
En troisième année j'ai appris la grammaire que ça s'appelle. Mettons que je me demande quoi mettre après je veux. Dans ma tête je me dis je veux faire. Puis là je sais que ça prend er. Si je dirais je veux fait dans ma tête ça prendrait é pas er.
Mais ma maîtresse a dit tu comprends jamais rien. Elle a dit Mets des numéros dans ton cahier pour pas déranger personne.
J'ai commencé par 1. De tant zen tant quand ça arrivait à un autre 1000 j'allais la voir pour savoir c'est quoi après.
Rendu à un millions j'ai été la voir. Elle a dit Laisse fer c'est juin l'année est quasiment finie.
Ça fait que je sais pas c'est quoi après un millions. Mais c'est pas grave parce que ça me donne rien de savoir ça. C'est rien que les millionnaires.
L'année d'après je m'ai en allé pensionnaire à l'école des sourds muets. Ils ont voulu m'apprendre à parler avec mes doits. J'ai pas été capable à cause que j'étais rien que muet. Ça fait qu'ils ont dit à tout le monde qui parle dans l'école Parlez lui rien qu'avec les doits à Sylvain.
J'ai pas été capable pareille. C'est pas grave. Je savais mes lettres. Je savais mes numéros jusqu'à un millions. Ça fait qu'ils m'ont laissé écrire ce que je voulais. J'ai fait un cahier chaque année tout en majuscules COMME ÇA. Puis là ils m'ont envoyé chez Maman pas pensionnaire parce que j'ai tout appris ce qu'y avait à apprendre là.
Maman a gardé mes cahiers. Une fois elle a essayé de les lire. Elle comprenait pas. Maryse non plus. Ça fait qu'elle les a jetés. Ça tombait bien c'était la première année du recyclage que ça s'appelle. Elle a dit Comme ça ça sera pas gaspillé.
Mes cahiers sont changés en journal. J'aimerais mieux en livre mais on peut pas le demandé."

©  Copyright 2000 François Barcelo
.
                             
                           (retour).

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NOUVELLE
François Barcelo nous a permis de mettre en ligne, en exclusivité pour le Web, une de ses nouvelles. 
Son histoire nous parle d’un jeune voleur, de musique et de fatalité. Mais avant tout elle est drôle.
Pour un avant-goût de son humour acidulé, Prenez cinq.
 

Liens sur le Web:

François Barcelo, écrivain 
Gallimard - Collections - Catalogues
Hard-Boiled Mysteries: le roman "dur" américain

Contactez-nous:  freeweb@rocketmail.com
 


 
 
 
 
 
 
 

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Création: 20 octobre 2000


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