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   YASMINA KHADRA
        
 
 
 
Yasmina Khadra a bousculé le petit monde du polar francophone lorsqu’en 1997 paraissait son premier roman de la trilogie du commissaire Llob, roman qui avait l’Algérie contemporaine comme toile de fond. Et comme cible.

Pour éviter le droit de regard de l’armée algérienne sur ses écrits, cet auteur, officier et vivant sous l’aile militaire depuis sa petite enfance, préférera utiliser deux des prénoms de sa femme pour publier ses romans en France. La saga du commissaire Lob fut encore plus percutante pour nombre de lecteurs par le fait qu’on la présentait comme écrite par une femme.
Mais au-delà de l’anecdote, ce premier roman paru en France, 
Morituri,  fut directement reconnu comme un des romans noirs importants de la décennie. Par sa force et sa virulence, il renouait avec les racines dures du roman noir tout en étant un constat impitoyable d’une certaine société algérienne.
En 1999, Khadra se révélera être un homme .  En 2001, sous son vrai nom :  
Mohamed Moulessehoul, il dévoilera sa carrière militaire et son histoire personnelle. Cette même année, il s’installera dans le sud de la France.

Cet auteur sincère qui se veut témoin de son temps bouleverse souvent par ses écrits sans concessions qui vont à l'essentiel,
avec un vrai style d'écriture. Que ce soit dans la noire ou dans la blanche.  
Et il est bien décidé à ne pas s’arrêter.
Les racines humaines du mal, le diable invité permanent à la table des puissants, le broyage des couches basses de nos sociétés contemporaines disloquées sont les gargouilles qui font l’ordinaire de sa chasse à la vérité.
Pour déboucher sur l'universel.

J’ai rencontré Yasmina Khadra à Bruxelles, dans le cadre du festival TOTAL POLAR 2005, et il a bien voulu répondre à mes questions.

E.Borgers
Janvier 2005

 



EB
Yasmina Khadra, vous écrivez en français, mais de toute évidence vous n’êtes pas un écrivain français, sans mauvais jeu de mots.
Morituri,  par exemple, a une telle force d’écriture, un récit d’une telle  puissance, tout en restant  direct, choses  qu’on ne rencontre pas dans la littérature policière française actuelle
.

Yasmina Khadra
Je ne parle toujours pas très bien le français… Avant c’était pire. Ca s’est amélioré depuis que j’habite en France !
J’ai toujours écrit en français, pour moi la relation que j’ai avec la langue française est silencieuse… c’est une relation intériorisée. Textuelle, pas orale.
On pourrait dire : des écrits muets… Je reste économe de mes moyens et j’essaye de ménager le lecteur. Je passe à l’essentiel et je ne fais pas de racolage.


EB

Une des qualités majeures  des fondateurs du roman noir, celui qui vient d’Amérique, est que certains des meilleurs auteurs étaient tout à fait « synthétiques », comportementalistes pour reprendre un terme un peu plus savant. Ce qu’on retrouve souvent dans votre trilogie du commissaire Llob, tout en le mélangeant avec une touche d’introspection. Un bon mélange des deux.

YK
Oui, j’essaye d’aller un peu plus loin. J’essaye de faire du « beau texte » aussi… d’y mettre de la poésie…

EB
La première fois que j’ai essayé de lire Morituri , peu après sa sortie en France, j’avais été passablement excédé par la préface qui  « présentait l’auteure »  - puisqu’à l’époque vous étiez présenté comme une auteure féminine, et votre pseudo faisait le reste-  et à la lecture des 50 premières pages dans lesquelles il me semblait que la femme qui avait écrit l’ouvrage s’appliquait à singer l’écriture et la vision d’un homme écrivant du roman noir « dur » (hard-boiled). Cela me paraissait être une mimique forcée…


YK
C’est le côté macho qui existe dans le roman qui a fait ça. C’est vrai que macho (
= les attitudes parfois manifestées par Llob dans le roman -ndlr) pour une femme, c’est pénible.

EB
Je me suis repris et, un peu plus tard, j’ai lu votre premier roman avec le commissaire  Llob en entier. Un choc. Une vraie découverte…


YK
D’un autre côté on est parfois injuste avec les écrits des femmes, il peut s’installer une espèce de ségrégation. Il y a eu pas mal d’injustice par rapport à l’écriture de la femme comparée à celle de l’homme.


EB
Heureusement, ce n’est pas systématiquement vrai
.

YK
D’accord. D’ailleurs il peut y avoir d’autres genres de ségrégations en littérature, même dans le polar.
J’écris du polar, mais il n’y a pas de maghrébins qui font du roman noir,  il n’y a pas de tradition de ce genre de littérature dans nos pays d’origine. Ce qui fait que les gens du polar me disqualifiaient sur cette base-là.


EB
Il y a même très peu de romans policiers dans la littérature arabe moderne, contemporaine.
Quelques uns tout au plus…


YK
Cela ne fait pas partie de la tradition arabe de l’écriture, et aussi parce que le roman noir policier provoque toujours des préjugés assez réducteurs qui faisaient, par exemple, que les gens qui voulaient rester sérieux devaient s’en préserver, l’éviter.
Cela ne change que maintenant, grâce à ce que font certains auteurs de romans policiers, leur talent, leur conviction, leur force et surtout leur style ; ils construisent une nouvelle place, assez méritée, pour cette littérature, ce qui est encourageant !


EB
En revenant au commissaire Lob, il est certain qu’il est pour une grande partie vous-même, l’auteur, dans sa révolte et dans ce qu’il a de plus profond. Simplifiant, on pourrait dire que Llob c’est vous. Auriez-vous de plus pris comme exemple un policier que vous aviez connu, et ainsi faire un mélange des deux ?


YK
Non… non. Llob c’est un mélange de plusieurs Algériens révoltés. Le prototype de l’Algérien révolté. Le personnage, au lieu d’être commissaire aurait très bien pu être un fonctionnaire de l’Administration, un cadre de marketing… C’est l’Algérien révolté, mais qui n’a pas les moyens de sa révolte. C’est donc un écorché vif qui ne peut que subir deux fois les mêmes aléas, les mêmes vicissitudes.
Cela me permet aussi d’avoir une plus grande liberté d’écriture, car si j’avais choisi un seul modèle existant pour ce personnage, je n’aurais pas eu cette marge de manœuvre qui me permet de faire ce que je veux.


EB
Dans certains articles et interviews que vous avez donnés il y a quelques années, vous citiez des romans qui avaient précédé Morituri . Magog par exemple… C’était la première forme de Morituri ?


YK
Oui, la première écriture de  Morituri , c’était  Magog, ou l’Intégrisme vu par un flic .
Ce roman était tellement virulent que Gallimard ne l’a pas publié, de peur que cela ne lui retombe sur la tête. Surtout qu’au même moment il y a eu les attentats du RER en France…
Donc il était périlleux de publier quelqu’un d’une telle virulence sans le connaître.

EB
C’était fort différent de Morituri ?


YK
Oui, très fort… Beaucoup plus virulent, et sans aucune concession. C’était un écrit extrémiste.

EB
Si on vous demandait de le republier aujourd’hui, vous diriez non ?


YK
On pourrait, je dirais oui avec plaisir… Mais où le trouver ?


EB
Vous ne l’avez plus ??


YK
Non… J’avais un rituel. Quand j’écrivais un roman, j’en envoyais le manuscrit à trois éditeurs. Si  les trois refusaient, je brûlais le manuscrit.
En fait, j’ai brûlé de 15 à 20 romans comme cela…

EB
Donc le seul qui en a encore une copie, c’est Gallimard ?


YK
Peut-être…
De toute façon, même si Magog était très virulent,  Morituri, la version atténuée a dèjà bouleversé certains lecteurs qui n’étaient pas préparés à ça…


EB
Le roman était dur, mais ce n’était pas une dureté gratuite…

YK
Elle était nécessaire cette dureté… J’initiais déjà, alors, le monde à ce qui se passe aujourd’hui… D’ailleurs, les Américains lorsqu’il ont publié A quoi rêvent les loups, ils m’ont demandé de déplacer le premier paragraphe, car l’ouverture du roman était dure, absolument intenable. J’ai accepté, car il faut que les gens découvrent ce monde. Mais je ne voulais pas traumatiser le lecteur. Je voulais le secouer, mais pas le traumatiser.


EB
Le dingue au bistouri, c’était
également déjà le commissaire Llob...

YK
C’est le premier commissaire Llob que j’ai écrit. Pratiquement six ans avant Magog.

EB
Vous l’avez publié en français quelque part ?


YK
Il a été édité, mais contre ma volonté en finale… Un écrivain français avait besoin d’aide pour se remettre sur pied, aussi j’ai accepté de le faire publier, mais aujourd’hui je le regrette beaucoup. Il est déjà réédité, et même traduit dans certaines langues, mais c’est malheureux car cela a cassé un peu l’image du commissaire Llob…


EB
Et  La foire ?


YK
Il est sorti en Algérie. J’ai refusé la réédition de celui-là, car je le considère comme le roman le plus médiocre de la littérature contemporaine… Vraiment, il ne mérite pas d’être réédité. C’est n’importe quoi…


EB
Llob, personnage complexe montre un cynisme certain par moment. Certainement un révolté, mais un cynique. Du moins, c’est comme cela que j’ai interprété certaines de ses réactions au cours de la trilogie…


YK
C’est un cynique, oui.  Il est méchant avec les gentils…
Il n’est pas tellement efficace sur le plan de l’investigation, mais il reste attachant par ses convictions. Il est tellement honête qu’il se permet de temps en temps des airs de petit salaud, pour ne pas être un saint dans un pays qui est complètement bordélique.


EB
Et où il n’a pas sa place…

YK
Llob a sa place comme révolté, mais effectivement il n’a pas sa place dans le pays officiel… ni dans les hautes sphères du pouvoir et de l’argent. Pouvoir et argent, les ailes du diable.
Il ne participe pas aux diableries non plus.
L’argent c’est le poison de l’humanité aujourd’hui.
Il suffit de regarder ce qui se passe avec la mondialisation qui se base sur l’argent, l’Europe qui se construit sur l’argent …
Comme je le disais dans Morituri, l’argent, ce dieu,  n’a pas besoin de prophète pour lui faire de la propagande, tout le monde y croit !
Cette diablerie finira par nous détruire après avoir commencé par déshumaniser l’humanité. Les relations humaines ne sont plus affectives, mais financières.
C’est tout à fait dangereux !


EB
Le cynisme de Llob pourrait être aussi un de ses moyens de défense…


YK
Le cynisme est  une déclaration de faiblesse. On ne peut pas être cynique sans être faible…
Ici la défense, c’est pour faire un peu l’équilibre, pour ne pas sombrer dans la paranoïa.


EB
Votre nouveau roman La part du mort, qui est sorti courant 2004, reprend la saga du commissaire Llob. Mais cette fois-ci il s’agit d’un roman épais, un gros livre, contrairement aux trois premiers.
Il y avait une raison spéciale pour cela ?


YK
Je voulais faire une bonne histoire, une belle intrigue et créer un vrai suspense. Mais c’est toujours dans la perspective de la révolte de Llob.
Ce roman explique un peu pourquoi ce pays, l’Algérie, a sombré. Il met en scène les premiers ingrédients de la dérive intégriste. C’est 1980, au commencement de l’avènement Intégriste
.

EB
Peu de gens, surtout en France, ont compris d’ailleurs la nécessaire intervention de l’armée pour essayer d’endiguer ce fanatisme aveugle.


YK
La démocratie, vous savez, est capable de laisser introniser un second Hitler au nom de la liberté d’expression. Je suis personnellement contre la liberté d’expression qui menace celle des autres.
Mais on a laissé faire car des gens voulaient voir ce pays partir en fumée et ne voulaient pas de quelque chose comme l’Irak dans le bassin méditerranéen.
Il y a aussi les puissances financières. Ces groupes financiers qui interceptent nos prières, les musèlent, et qui nous renvoient des choses qui n’ont absolument rien à voir avec la volonté de Dieu.


EB
Mais le message que l’Intégrisme fait passer au plus délaissés, aux démunis, est très puissant…


YK
L’Occident, dont l’Europe, est tout à fait dépassé par ce discours ! Il l’avait minimisé.
Il pensait que sa suprématie technologique lui assurait une certaine « inexpurgeabilité », et finalement on voit que la  technologie la plus efficace, c’est l’homme lui-même !


EB
A la limite, le dialogue avec l’Intégrisme est impossible ; tout ce qu’on peut lui dire, ou essayer de lui faire comprendre, n’a pas de sens par rapport à ses valeurs propres, à son discours rigide.


YK
Ce sont deux mondes parallèles…  ils ne peuvent se rejoindre. Même à l’ infini, ni dans la perspective,  ils ne peuvent se rejoindre.


EB
Yasmina Khadra, vous êtes musulman, c’est certain.
Question très personnelle : Êtes-vous pratiquant ?

YK
Oui, je suis pratiquant.


EB
Après La part du mort, vous allez continuer la saga de Llob ?


YK
Je ne sais pas encore. Cela dépendra des avatars du commissaire Llob dans la réalité.
J’ai été déçu par l’accueil réservé à mon dernier roman avec Llob. Il a été carément boudé par la presse. On a attendu 8 semaines pour un premier papier, et cela ne pardonne pas pour un livre actuellement. Même si le livre est excellent.
Je crois que c’est un des meilleurs livres que j’ai écrits, mais en France on l’a boudé… il est mort.
J’attends de voir ce qu’il va recevoir comme accueil dans d’autres pays.


EB
Cela n’a rien à voir avec le fait que La part du mort a été publié dans une série à réputation littéraire, chez Julliard pour ne pas les nommer ?


YK
Non. C’est plutôt parce que ma relation avec une certaine presse en France est assez compliquée… étant mal vu par certains qui ont réussi à imposer leur vues.
Et paradoxalement, je suis mieux reçu à l’étranger. Donc on verra si la diffusion à l’étranger va amener quelque chose. Sinon, je resterai dans la blanche.


EB
C’est vrai que la plus grande partie de votre œuvre est consacrée au roman littéraire, la blanche, et à l’autobiographie
...

YK
Et ce qui a le mieux marché jusqu’à présent, c’est la blanche. Les hirondelles de Kaboul par exemple est un succès mondial. A quoi rêvent le loups, aussi ; il est étudié jusque dans les académies militaires américaines, avec  Les agneaux  du Seigneur .


EB
En fin de compte, votre contribution au roman noir devient presque anecdotique dans votre carrière d’écrivain, si on la compare au restant.
Alors, pourquoi revenir à Llob ?


YK
Parce que beaucoup ont demandé qu’il revienne. Des demandes de nombreux pays : Espagne, Italie, Allemagne… Mais c’est un mélange avec mon propre enthousiasme… Et puis, Llob reste un ami très cher…


EB
A l’heure actuelle, comment vous définiriez-vous, en tant qu’écrivain ?


YK
Un écrivain polyglotte et polyvalent !
Pourquoi pas un romancier complet ? Là on va en agacer certains !
J’appartiens à mes personnages… Je ne suis que le nègre de mes personnages. Ce sont eux qui décident s’ils veulent un roman noir ou un roman blanc pour évoluer. Un texte très soigné ou un texte ordinaire.
J’ai fait toute les littératures : l’essai, le roman, la biographie, le policier… Si il y avait eu un nom (
d'auteur -ndlr) occidental sur mes livres je crois que j’aurais été vendu des dizaines de fois plus…
Il y a une espèce de « pavlovisation » des réflexes : passez devant un livre sur un étal, écrit par un Américain vous l’achèterez ; passez devant un livre d’un écrivain du Sri-Lanka, d’un Malgache, d’un Malien, vous n’êtes pas sûr de vous arrêter.


EB
Avez-vous déjà songé à faire du roman de la veine des Llob, mais sans lui ? Des romans noirs, branchés sur la réalité, mais sans ce personnage.


YK
Oui, j’y ai déjà songé car je ne peux rester dans ce que j’écris sous mon pseudo actuel. C’est un territoire où je me donne beaucoup, très contraignant pour moi. J’ai évidemment besoin de créer, mais ce sera sous un autre pseudonyme… de préférence occidental.
En dehors du roman noir et de certains de mes autres romans,  j’ai besoin aussi de créer des choses assez légères; je dois aboutir à un équilibre, sinon je vais finir par trop me prendre au sérieux !
J’ai déjà écrit un demi roman, dans la veine policière, très violent et qui est sans le commissaire Lob. Il sortira sous un pseudonyme occidental.


EB
Vous avez une parution prochaine de prévue ?


YK
Oui, oui. C’est programmé pour la rentrée littéraire.


EB
Indiscret de vous demander le titre prévu ?


YK
Eh bien, mon éditeur et moi sommes devenus un peu superstitieux,  car chaque fois qu’on dévoile un secret ça tourne mal…


EB
Ce sera toujours chez Julliard ?


YK
Je suis fidèle, je sais qu’avec lui je n’aurai pas trop de problèmes.
Pour un romancier c’est le meilleur…

EB
Il a d’ailleurs la réputation de très bien suivre ses auteurs, de les épauler…


YK
Il n’est pas corrompu, il croit en la littérature, il croit en l’écrivain, même s’il est incapable d’accéder aux grands prix littéraires… Mais ce n’est pas cela qui m’intéresse. Les gens finiront par réagir contre ces combines et ce sera la littérature qui sera gagnante. Pour l’instant, c’est la littérature qui est sanctionnée par le système actuel d’attribution de la plupart des grands prix… nos grands ancêtres littéraires sont poignardés dans le dos…

EB
Avez-vous une activité, littéraire ou autre, en dehors du roman ?


YK
Non. Je vis exclusivement de mes livres. J’aurais aimé faire du cinéma,  ou écrire pour la télévision, mais malheureusement je ne suis pas sollicité, je n’ai pas de contacts. Ce sont souvent des chapelles, en France, et des chapelles hermétiques… et ils n’ont pas besoin de quelqu’un qui vienne de l’extérieur pour perturber, d’autant qu’à l’heure actuelle c’est un cinéma qui souvent n’a pas plus d’ambition que d’imagination… Ceux qui en font vivent de petites choses, mais ils vivent quand même…
Llob lui est déjà adapté. Le film sortira en mai 2005.

EB
Et vous êtes confiant ?


YK
Je vais le découvrir comme le commun des spectateurs. Je n’ai pas voulu me mêler du travail d’un cinéaste. J’estime que lorsqu’une œuvre est présente sur les étals des librairies, elle appartient à celui qui l’achète, qui la lit ou qui veut l’adapter…

EB
Vous n’avez pas participé au scénario ?


YK
Si,  j’y ai participé. De manière assez périphérique.
C’est un cinéaste algérien, Okacha Touita,
qui le réalise, et c’est une co-production franco-algérienne. Tourné en Algérie.

EB
Les autorités ont accepté ?


YK
Oui, car ça fait des années que ce cinéaste court pour pouvoir réaliser ce film. Depuis 1997. Ça fait sept ans pour réaliser son projet. Et, pourquoi empêcherait-on qu’un livre qui a touché beaucoup d’Algériens soit adapté pour le cinéma ?
La censure algérienne évolue, et à l’heure actuelle ils n’interdisent plus un livre, ils ont trouvé un moyen beaucoup plus subtil. Un livre qui se vend 6 Euros en France il se vend là-bas à 600, 1000 francs et plus. Une manière de censurer.
Quand c’est un film qu’on veut sanctionner, on ne lui donne pas de fonds, pas de subvention.

EB
Une dernière question, à propos de l’Algérie. Que devient son armée ?


YK
A présent on peut dire qu’il n’y a plus d’armée, elle s’est effilochée au cours du temps. Ce que certains désiraient fortement, ceux qui voulaient conquérir l’Algérie…
Il n’y a donc plus de contre-pouvoir. L’Algérie est devenu une république bananière… Maintenant elle appartient à la France, c’est un territoire français.

EB
Merci, Monsieur Khadra.
Puissiez-vous encore longtemps nous obliger, par vos écrits, à rester vigilants dans ce monde déchiré par les assoiffés de pouvoir et l’argent, leur venin absolu !



Bruxelles, 29 janvier 2005 - festival TOTAL POLAR


commentaires dans Polar Noir
sur la
trilogie du commissaire Llob :
                                                          voir
  >>> nos Carnets Noirs


© E.Borgers, 2005



 
 
 


 


 

Yasmina Khadra  -  festival Total Polar 2005    

          Yasmina Khadra                        (photo E.Borgers)

              
 
 
 
 
   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




















































































































































                  

         
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Mise à jour de cette page:  19 février 2005
Création: 15 février 2005


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