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On ne meurt que deux fois

(He Died with His Eyes  Open - 1983 )

 Robin Cook
 SN 1919 - Gallimard - 1983
 

Le Sergent de la section A14 il enquête sur la mort d'un écrivain plus ou moins raté, retrouvé le long d'une route, dans Londres, tous les membres brisés.
Habitué de se charger d'enquêtes dont personne ne veut, ce qui est monnaie courante dans son département de police méprisé, le sergent va s'accrocher et démêler opiniâtrement ce qui fut la vie de Charles Staniland, ce quinquagénaire vivant dans un appartement sordide.
Il trouvera par hasard un carnet racontant une partie des dernières années de la vie infernale que s'est créée l'écrivain, s'entêtant à vivre avec Barbara une maîtresse frigide et indifférente, qui se plaît à le tromper régulièrement et à le détruire moralement. Des cassettes audio lui apprendront la lente dégringolade d'un auteur doué qui, ne voulant aucun compromis finira par abandonner son art, ira s'établir en France avec sa fille et sa femme. Il finira par les abandonner pour suivre Barbara lors de son retour en Angleterre, après un nouvel échec.

Le sergent reconstituera pas à pas le parcours de Staniland, retrouvant ceux qui l'ont côtoyé, sa maîtresse et  son frère. Lentement, s'identifiant presque à la victime il revit son calvaire. Lorsqu'il aura débusqué les assassins de celui qui fut battu à mort, le sergent se retrouvera  face à son propre destin dans un monde indifférent.

Premier roman du cycle de "l'Usine", surnom donné au commissariat dont dépend le sergent sans nom  racontant l'enquête. C'est dans le département de "morts non expliquées" qu'exerce ce sergent sans ambition, sensible au mal sous toutes ses formes, personnage dur et insensible lorsqu'il rencontre les loups, ceux qui infligent mort et tourments à leurs semblables. Mais il est empli de pitié et de  compassion envers les victimes. Surtout si leur statut obscur est une charge supplémentaire qui risque de les faire oublier et rejeter, oubli qui les fait mourir une deuxième fois, comme s'ils n'avaient pas droit à la justice.
La traque du sergent est obstinée, obsessionnelle, tout en sachant que la fin du parcours est toujours la même: 
se trouver face au mal pour douvrir qu'il n'est que produit de l'homme. 
Et, c'est chargé de ce fardeau qu'il avance dans la fange humaine, dans la mort et la désolation.

Premier volet de la meilleure série de romans de Robin Cook, celle de la quête d'un anonyme, exorciste de la mort,  à la poursuite du mal et de l'horreur.
Exemplaire.

Note
Robin Cook est le nom de cet auteur anglais qui fut obligé de prendre le pseudonyme de Derek Raymond dans ses publications anglaises, afin qu'il ne soit pas confondu avec le Robin Cook américain  -faiseur de "thriller médicaux" sur mesure-  très éloigné de l'oeuvre personnelle et prenante du Robin Cook que nous présentons ici.

EB (mars 2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 

Robin Cook - On ne meurt que deux fois
 
 







































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Les mois d'avril sont meurtriers

(The Devil's Home on Leave - 1984)

Robin Cook
Folio Policier 130 - Gallimard - 1984
 
 
 

Le sergent de la section des morts non expliquées est cette fois-ci chargé par Scotland Yard d'enquêter sur un meurtre barbare et hallucinant. La victime tuée d'un coup qui lui a défoncé une tempe fut découpée, les morceaux bouillis et le tout bien rangé dans des sacs en plastique retrouvés alignés dans un immeuble abandonné.
La minutie et la finition de la mise en scène fait très vite souçonner un travail de professionnel, d'une personne habituée à supprimer son prochain sans laisser trop de traces.
Mais cette fois-ci c'est le côté halluciant et minutieux qui mettra très vite le sergent sur la piste du tueur. Mais il ne peut prouver que ce psychopate, tueur patenté,est bien l'auteur du meurtre du petit malfrat sans envergure et dont personne ne soucie vraiment.
Contrairement à son habitude, le sergent cherchera la publicité de la presse pour étaler l'affaire au grand jour, prenant tout le monde de court: Scotland Yard qui est obligé d'y consacrer plus de temps, les truands qui sont souçonnés d'avoir aidé le meurtrier, jusqu'aux services spéciaux de la police qui semblent eux ausi concernés.
Les cadavres se multiplieront tout au long de l'enquête obstinée du sergent qui une fois encore est persuadé de pourchasser le Mal, ce pourvoyeur d'horreur et de mort.
Ce qui le mènera au bout de sa propre nuit...

Deuxième roman du cycle de "l'Usine" de Robin Cook. L'Usine, le sobriquet sous lequel tout le monde reconnaît le commissariat de Poland Street à Londres, dans laquelle la section A14 du sergent s'occupe des affaires sans gloire, celles dont personne ne veut, souvent sordides et inextricables et où les victimes sont des gens sans importance.
Dans Les mois d'avril sont meurtriers, dont le récit ressemble à un long combat et dont la noirceur laisse peu de place pour l'espoir, Robin Cook poursuit sa traque du mal sous toute ses formes et nous en livre des portraits effrayants sous forme de cadavres déshumanisés. 
 

EB  ( mars 2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Robin Cook - Les mois d'avril sont meurtriers
 
 





















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RN 86
 

Jean-Bernard Pouy

Folio Policier 5 - Gallimard -  réédition 1998 (première édition 1992, Éditions CLO)
 
 

Léonard a perdu sa femme dans un accident de voiture qui ressemble à un suicide, et se remet difficilement de sa nouvelle solitude. Comme Lucie, sa femme, avait pris un mois de congé sans lui, lors d'un séminaire professionnel qu'elle animait près de Nîmes environ trois moi avant sa mort,  Léonard pense qu'une partie de l'explication se trouve dans cette région. Surtout que Lucie qui aurait du revenir après une semaine de séminaire lui avait annoncé qu'elle resterait plus longtemps et que s'il voulait la revoir il ne devait lui poser aucune question lors de son retour. Ce qu'il fit. Surtout que la seule chose qu'il a retrouvée dans les affaires de son épouse qui puisse évoquer son escapade est une carte postale du Pont du Gard. Autant dire rien.
Léonard en pleine déprime se rendra sur place,  et essayera de retrouver les traces que sa femme aurait pu  laisser dans les lieux qu'elle visita, à commencer par le fameux aqueduc romain.

RN 86 est un récit prenant qui se transforme rapidement en suspense,  grâce au talent de J-B Pouy.  Le lecteur s'associe pleinement à la recherche fiévreuse du personnage central,  recherche dans laquelle le Pont du Gard fait office de porte initiatique, le lieu qui fait revivre les fantômes du passé. 
L'explication que cherche Léonard se profilera peu à peu pour finalement déboucher sur l'horreur et sur l'anéantissement de ses souvenirs heureux.

Excellente écriture de Pouy, avec un style recherché mais sans ostentation, qui n'est pas sans participer au climat onirique du roman: elle parvient à imposer la  région du Sud français comme personnage à part entière de l'intrigue, ce qui la renforce d'autant. D'autre part, l'auteur réussit à mélanger habilement récit à la troisième personne et  monologue du personnage central dans un même chapitre,  tout au long du roman, et ce sans alourdir et sans raccords "visibles", procédé qui  participe à l'accentuation de l'aspect "image surexposée" du récit. Impeccable.

EB  (mars  2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

RN 86 -  Jean-Bernard Pouy
 
 




















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En avant les singes !
 

Pierre Bourgeade

SN 2625 - Gallimard -   2001 
 
 

Charlène, aidée par André son petit ami du moment, élabore une escroquerie dont la victime sera un des ses anciens amants. Ceci avec l'aide de Marc, ce mystérieux ami qui prétend avoir appris à vivre pour presque rien au Mexique et qui semble avoir convaincu le couple d'en faire autant.

A partir de ce point de départ assez banal, Pierre Bourgeade va élaborer un conte d'inspiration surréaliste sur fond d'érotisme insolite, pour déboucher via des combats publics de singes en France sur une conclusion qui se veut métaphysique et n'est que dérisoire.
La noirceur du récit est plus d'origine gothique qu'existentielle, et l'humour qu'on y trouve doit tout à la composante surréaliste déjà soulignée,  l'ensemble sentant un peu trop l'exercice littéraire.

En avant les singes ! n'est en fait qu'une longue nouvelle d'un peu moins de 100 pages.
Reposant pour les yeux...

Note
Ce mince bouquin, proche du format de la plaquette, comporte une nouvelle additionnelle de vingt pages, Cette nuit-là, qui  ne casse pas la deuxième patte du canard!.

EB  (mars  2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers



 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En avant les singes !  - Pierre Bourgeade
 
 







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Mise à jour: 14 mars  2002 1