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Au balcon d'Hiroshima

 Jean Amila
 SN 2007 -  Gallimard -  1985 
 
 

Deux malfrats professionnels, Robert et Delaveine, en prison durant la deuxième guerre mondiale pour vol à main armée, parviennent à s'échapper lors d'un raid de bombardement de la RAF.
Ils sont bien déterminé de retrouver Dampiere, leur complice, qui lui avait pu s'échapper, en vie et avec le butin de plusieurs millions.
Ils remontent la filière suisse des faux papiers et de l'argent noir, à leur manière,  en bousculant très fort le passeur pour savoir où s'est réfugié le troisième larron.
Ils le retrouveront, et. c'est en pleine cataclysme guerrier  que tout le monde se retrouvera interné, mais cette fois-ci dans des conditions qui font des prisons françaises un beau club de vacances pour gentils membres. Ce qu'ils prenaient pour une catastrophe se révélera vite bien pâle  face à ce qui les attend. Seul leur restera un goût de cendres ...

Ce bref récit à l'humour plus que noir, avec ses personnages qui ne sont que les marionnettes de leur destin, avec sa finale en forme de farce tragique débouchant sur une suite de tableaux dignes d'un Jérôme Bosch, est le dernier roman de Jean Amila (il mourut en 1995), grand auteur du roman noir français. Allégorique, dense,  en forme de croquis au noir poussé à la caricature, le dernier ouvrage d'Amila nous apporte en condensé sa vision sarcastique de la folie des hommes, du destin incontrôlable, de l'imbécillité des organisateurs de guerres et des  massacres d'innocents ordonnés par les hommes de pouvoir, thèmes majeurs traités tout au long de ses romans noirs, de "Y'a pas de Bon Dieu" jusqu'au dernier: "Au balcon d'Hiroshima".

EB (avril 2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 

Au balcon d'Hiroshima - Jean Amila
 
 













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Chien de faïence

(Il cane de terracotta - 1996)

Andrea Camilleri 
Fleuve Noir - 1999
 
 
 

Enquête du commissaire Montalbano, qui débute par l'arrestation d'un mafieux notoire et dangereux. De fait, Tano s'est littéralement rendu à Montalbano dans un simulacre d'arrestation avec résistance. Tano aux mains de la justice, se fera finalement abattre.
Mais, Montalbano trouve la cache d'armes que lui a signalé le truand avant de mourir, et ce sera le début de preuve qu'une des personnalités de l'île est bien compromise dans les affaires louches plus ou moins reliées à la mafia. Un témoin important disparaîtra dans des circonstances qui incrimineront définitivement les mafieux locaux. La lutte de Montalbano et de ses collègues, juges et policiers, contre les magouilleurs du cru peut se poursuivre, mais n'empêchera pas de nouveaux meurtres...
Lors de l'exploration de la grotte qui abritait le stock d'armes, la police découvre deux cadavres qui datent d'il y a une cinquantaine d'années, un homme et une femme... ainsi qu'un chien de faïence couché à leurs pieds.
Ce sera l'objet d'une deuxième enquête s'imbriquant dans le récit général, enquête qui refera surgir des cadavres des placards de familles italiennes prises dans la tourmente de la guerre lors d'événements qui eurent lieu en 1943.

Récit vivant et attachant dans lequel Camilleri fait intervenir nombre de personnages secondaires qui illustrent la mentalité et la manière de vivre (et de mourir...) d'un district de la Sicile actuelle. Meurtres et arnaques se déroulent sous le soleil ambiant, dans une Italie provinciale et sicilienne chère à l'auteur. Le petit monde de Don Montalbano... 

Le traducteur, Serge Quadruppani (également auteur de polars), a utilisé des expressions venant du langage méridional actuel afin de donner au texte français un semblant de contre-partie au sicilien utilisé dans les dialogues, et même dans une partie du texte original. Ce qui participe au rendu de l'ambiance propre à Camilleri dans la traduction, me semble-t-il.
 

EB  ( avril 2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Chien de fa´ence - Andrea Camilleri
 
 





















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Bruxelles - Menapian Connection
 

Robert Janssens

(autoédition - Nivelles, Belgique) - 1995
 
 

Rob Patula, Belge d'origine, est détective privé à Paris et se voit proposer une enquête par un ami qu'il n'a plus vu depuis vingt ans. Son compatriote lui demande d'effectuer une enquête pour le compte de l'épouse d'un politicien bruxellois. Celle-ci victime d'un chantage basé sur l'existence d'un fils naturel qu'elle a abandonné à sa naissance et qui serait, sous le nom de Serge Schummer, en passe d'être condamné pour un meurtre qui s'est déroulé dans des circonstances scabreuses... Le mari, sénateur, veut épurer les milieux politiques bruxellois et est prêt à demander les élections locales anticipées pour appuyer sa campagne de moralité politique et publique... La révélation du passé de sa femme et du meurtre pourrait compromettre gravement sa position.
Patula est chargé d'établir la filiation de Schummer et d'essayer d'éclaircir le meurtre dont il est accusé. Bien que conscient du merdier vers lequel on le pousse, la pagaille dépassera toutes ses espérances face aux flics pourris, aux avocats sans scrupules, sans oublier les politicards ivres de leur pouvoir et les truands de tout acabit. Poursuivi, menacé, brutalisé, embastillé, Patula continuera son enquête qui le mène dans les quartiers chauds de Bruxelles, les clandés et quelques adresses chics. Et les meurtres se multiplient autour de lui... Mais, Patula est un dur, il sait encaisser et rien ne l'empêchera d'aller jusqu'au bout.

Le style est direct, les dialogues sont mordants, ça bouge dans tous les sens, et l'histoire assez touffue progresse au pas de charge. Un certain langage parlé tient lieu d'argot non conventionnel et débouche souvent sur une prose évoquant certains passages de San Antonio, tout en étant fort différent.
Menapian Connection est très proche du roman populaire, qui, on l'oublie trop souvent, est, avec le roman-feuilleton d'aventures, une des racines populaires du roman noir policier.
La réussite de Robert Janssens dans son troisième roman, est d'entraîner le lecteur dans le récit des aventures de son détective privé avec des évocations réalistes  suffisamment accrochantes pour qu'elles relèguent les défauts de l'ensemble au second plan.
C'est Mickey Spillane qui ne se prendrait pas pour un justicier et qui ironiserait le quotidien, c'est Alphonse Boudard qui ne se prendrait pas pour un écrivain...
C'est... un je-ne-sais-quoi.
A suivre.

Voir également  notre interview de Robert Janssens

EB  (mars  2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Menapian Connection - Robert Janssens
 
 






























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Mise à jour: 6 mai  2002 1