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La forme de l'eau

(La forma dell'acqua - 1994)

 Andrea Camilleri
 Fleuve Noir - No 49 - 1999
 
 

Le commissaire  Salvo Montalbano officiant à Vigatà, en Sicile, doit clore l'enquête concernant la mort sur la voie publique de l'ingénieur Luparello. Mais, pris d'un doute intuitif  ne se basant sur aucun fait il retardera le dépôt des conclusions. Luparello est bien mort de mort naturelle, aucun doute, mais l'ingénieur est une personnalité politique de premier plan qui dépasse le cadre de la petite ville de Vigatà où il fut retrouvé mort, et tout le monde sait qu'il entretient des relations fructueuses avec le pouvoir mafieux de l'île. Mais pourquoi Luparello manifestement mort en plein ébats amoureux dans sa propre voiture, avait-il éprouvé le besoin de venir la parquer dans ce dépotoir où toute la faune locale vivant d'amours vénales exerçait en toute impunité... 
Les officiels se réjouissent du calme et de la compréhension  de Montalbano qui ne mettra pas la presse aux courant de ces détails qui pourraient ternir l'image du défunt. De même que maître Rizzio, cet avocat au service de Luparello et homme fort au sein de la coalition politique de Luparello.  Cependant,  Montalbano n'encaisse pas l'environnement dans lequel l'ingénieur est mort, environnement  qui ne cadre pas avec la puissance et la fortune du défunt. Et puis il y a ce collier de grande valeur trouvé sur les lieux du décès... 
Y-a-t-il eu mise en scène,  exécution? Avec Luparello les tentacules de la mafia ne sont jamais loin... Montalbano va s'octroyer le temps de remuer l'entourage du politicien.
Avec détermination.

Premier roman de la saga de Montalbano, ce flic sicilien qui doit beaucoup à Maigret, c'est évident, mais qui plus que son modèle va patauger dans les eaux plutôt noires de la société moderne et de sa corruption. Camilleri lui-même admet avoir été influencé par le commissaire de Simenon, mais il réussit à en faire un personnage différent, une espèce de double italiano-sicilien de Maigret. Le tout avec humour et une certaine bonhomie qui est le reflet de la province sicilienne dans laquelle se trouve Vigatà, point d'attache et univers de Montalbano: c'est le petit monde de Don Montalbano!

Certes, l'intrigue policière très détaillée reste au centre de l'histoire, dans une enquête dont le déroulement est proche d'un simple "whodunnit" à l'anglaise. Mais, l'ambiance spécifique céée par Camilleri et le contexte assez réaliste faisant appel au crime organisé et à la corruption des institutions, nous rappelle que le territoire de Montalbano fait partie de la carte du Noir.
Les personnages habilement campés et le récit attachant  font de ce roman un moment de lecture plus que plaisant. Si on  y ajoute le talent de conteur et le style de Camilleri, on comprendra pourquoi cette série de romans a le succès populaire qu'on lui connaît.
 

EB (juin 2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 

La forme de l'eau - Andrea Camilleri
 
 



































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La course au sac

(Blood Money - 1973)

Max Allan Collins
SN 2237 - Gallimard (réédition de 1990)
 
 
 

Nolan, truand qui se spécialise dans les banques, en a marre de son existence d'errant.  Avec l'argent de son dernier coup, planqué chez son complice quelque part dans l'Iowa, il espère pouvoir acheter un bar ou un motel. Bref, il voudrait vivre une cinquantaine plus calme que ce qui précédait.
Tout ça, c'est sans compter sur la ténacité de certains de ses ennemis, membres de la mafia, qui vont lui rendre sa vocation de limonadier plus qu'hasardeuse. On ressort les flingues, on copine avec certaines branches des "familles"... et en fin de compte on court après son propre fric preque honnêtement gagné. C'est pas vraiment comme ça que Nolan avait envisagé sa retraite ! Tout cela finira mal si on continue à s'acharner sur lui, et Nolan sait que s'en sortir vivant sera déjà une victoire en soi.

Bien sûr le personnage de Nolan est fortement inspiré de Parker, le truand emblématique de Richard Stark qui en fit le dernier des indépendants, dur comme l'acier... Mais ce deuxième roman de la série des Nolan, datant du début de la carrière de Max Allan Collins, est déjà porteur de qualités qui annoncent les romans plus originaux qui suivront.
 "La course au sac" reste cependant un  bon roman de la veine "hard-boiled", incisif, au récit attachant et qui s'inscrit dans la tradition des petits maîtres des années 50/60. 
Alors, pourquoi se priver du plaisir de le lire?

EB  ( juin 2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La course au sac - Max Allan Collins
 
 






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L'excursion à Tindari

(La gita a Tindari - 2000)

Andrea Camilleri
Fleuve Noir - 2002
 
 

Le commissaire Salvo Montalbano doit démêler deux affaires assez dissemblables: le meurtre d'un homme encore jeune, informaticien abattu devant la porte de son domicile et la disparition d'un couple de retraités assez âgés. Si le meurtre porte en filigrane la signature de la mafia locale, il n'en reste pas moins qu'on ne peut le relier à rien, à aucun fait connu. Il en est de même de la disparition du couple âgé, pour laquelle  le fils, régulièrement en rapport avec ses parents n'avait reçu aucun avertissement, vu aucun signe avant-coureur d'une quelconque escapade ou de problème grave. 
Dans l'esprit de Montalbano et de ses équipiers, bien que le couple et l'informaticien habitent le même immeuble, rien ne laisse supposer que les deux cas sont liés...
Par ailleurs, Montalbano est assez occupé: un vieux chef de la mafia locale veut absolument le rencontrer, son adjoint direct Mimi Augello se fiance et veut quitter l'équipe...
Le commissaire se fera manipulateur et rusé pour contenir ces problèmes, tout en se concentrant sur le meurtre et la disparition qui, elle, apparaît de plus en plus étrange.

Comme à l'accoutumé il y a un plaisir de lecture attaché a ce texte de Camilleri, avec un récit aux personnages vivants et attachants, le tout dans un petit monde provincial à l'évocation imagée et proche de la comedia par certains aspects. Montalbano, professionnel efficace, obstiné et modeste reste un personnage de chair: il a faim (souvent), il est fatigué, il oublie (spécialement sa fiancée de toujours, Livia), il se fâche... Il y a du Maigret dans ce commissaire sicilien, l'humour en plus... 
Dans le présent roman si on admire  l'écheveau des affaires et la manière fine de le démêler, on regrettera par contre qu' une espèce de grosse explication finale qui est sensée tout expliquer vienne presqu'abruptement mettre le point final à l'intrigue. La fin a tout de la queue de poisson et ne convainc pas par son côté vague et plaqué, vu l'attention donnée aux détails du récit et à la minutie avec laquelle l'enquête est décrite.
Reste évidemment l'ambiance du petit monde de Don Montalbano...

EB  (mai  2002)

(c) Copyright 2002 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L'excursion  Tindari - Andrea Camilleri
 
 




















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Mise à jour: 10 juin  2002 1