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L'hexamètre de Qunintilien   


Eliza Vix  
Rouergue Noir – Éditions du Rouergue - 2014


 

Dans ce suspense bâti autour de la mort d'un bébé de 6 mois, le petit Yanis, retrouvé dans la poubelle de son immeuble, Lucie Hartmeyer, jeune journaliste pigiste au démarrage de carrière problématique, va trouver matière à alimenter ses premières chroniques criminelles prises au sérieux par de vrais journaux. D’autant plus facile pour elle qu'elle habite le même immeuble.
Le problème c'est que cet immeuble est habité par des gens tout ce qu'il y a de plus normaux, que la mère de Yanis, n'a pas beaucoup de temps à consacrer à sa famille de deux enfants, surchargée de boulot pour survivre depuis que le père de Yanis est en prison.
Comme souvent, la police suspecte tous ceux proches ou en contact régulier avec le bébé, mais la commissaire Beethoven semble plus instinctive que ses collègues. Plus insistante aussi. Elle a même compris que Lucie est menée en barque sentimentale par le dragueur du 1er étage, ce Marco trop sur de lui ! C'est dire si Lucie aura dur à résoudre seule les questions qu'elle se pose comme tout enquêteur : qui, comment.... Et surtout : pourquoi ? Les questions du fameux hexamètre de Quintilien...

Roman en forme chorale, où les locataires de l'immeuble habité par Lucie s'expriment à tour de rôle, vivant à la fois leur vie propre et leur relation au drame de l'assassina du bébé.
Cette forme, ici, est loin d'alourdir le récit, il l'alimente en souplesse, permettant au lecteur de saisir le profil des personnages par leurs actes et leurs réflexions, sans longueur, dans un style d'écriture clair et dans une construction efficace présents tout au long du roman, ce qui maintien l'intérêt du lecteur jusqu'à la conclusion.
On y trouve aussi une certaine dérision que l'auteur parsème dans son regard sur le parcours de la plupart des personnages, alliée à une tendresse certaine pour nombre d'entre eux.

On sera un peu plus réservé quant au manque de force de la deuxième partie, où les drames résonnent d'autant moins qu'ils sont graves. Ce qui est dommage pour cette intrigue habilement amenée et mise en scène. Autre regret : le personnage de la commissaire qui n'est plus exploité à sa vraie valeur dans cette partie, et où sa déprime est un peu vite évacuée.
On ne pourra reprocher la fausse originalité d'une fin à retournement, car nous savons tous que l'art réside, surtout dans le genre qui nous occupe, dans la variation réussie du traitement d'un thème connu ; comme en jazz, comme dans la musique pré-classique. Et dans L'Hexamètre de Quintilien, le premier mouvement est fort bien amené !
Terminons en soulignant que cela reste un roman de bonne lecture, au dessus de la moyenne.


EB (juin 2014)

(c) Copyright 2014 E.Borgers 

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Eliza Vix - L'hexamètre de Quintilien
 
 























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Le dernier témoin    

(Ch'oehuùi chùngin – 1979)

Kim Sòngjong
Actes Noirs - Actes Sud - 2014

 

Ce gros roman de 450 pages nous vient tout droit des années 1970 et de Corée (du Sud).
Il s'agit bien, effectivement, d'un roman policier -et noir de surcroît, si on considère qu'ici, au fil du récit, la frontière entre mélodrame et roman noir s’amenuise de plus en plus.
On suit cependant avec intérêt l'enquête obstinée de l'inspecteur O Pyòngo qui cherche à comprendre pourquoi un homme âgé, Hwang Pa'u, qui vient d'être libéré en 1972 après 20 années d'emprisonnement aurait tué la personne qui fut victime de son méfait. S'il en arrive à cette recherche qui finira par l'accaparer entièrement, ce sera en essayant de trouver l’assassin d'un homme proéminent et relativement riche, Yang Talsu, tué vers le milieu de l'année 1973.

Assez vite O apprendra qu'une très grande partie de relations entre les diverses personnes de l'entourage de Yang ont eu leurs destins qui se se sont croisés en 1952 lors de la fin de la résistance communiste, au coeur d'une cellule de combattants affam »s et réfugiés dans des collines avoisinates. Un drame qui prendra corps lors d'un essai de reddition aux autorités locales.
Un épisode qui en dehors d'une très jeune fille enceinte et de Hwang Pa'u, retenus par la dizaine de partisans traqués fait apparaître le rôle de négociateur qu'a eu la victime actuelle, Yang Talsu !
En déroulant tous les fils que lui fournissent les personnes côtoyant la victime, l'inspecteur retrouvera les traces de la maîtresse de Yang, qui n'est autre que la jeune fille enceinte de l'épisode sombre des partisans, mais aussi les traces de la vie passée de l'infortuné Hwang Pa'u, homme fruste et simple, honnête et bienveillant, d'après tous les témoignages de l'époque.
Tout au long de son enquête solitaire, à peine épaulé par un seul de ses supérieurs, O Pyòngo sera confronté en permanence aux malheurs et aux destinées brisées de personnes les plus diverses, d'anéantissement de leins familiaux quand ce n'est pas l'extermination du au circonstances.
Le tout face à la dissimulation et aux mensonges, le lot courant de tout enquêteur, mais ici conjugués aux perversités mortifères de certains et au peu de considération pour la vie humaine pour la plupart. Seul, provoqué à tout bout de champ, l'esseulé O continuera sa lente progression vers la vérité qu'il espère de tout son être, au coeur de la rudesse indifférente de l'hiver coréen.

Avec des sous-intrigues développées, de multiples personnages peu ou prou liés à l'enquête principale, les deux tiers finaux de ce roman on tout du mélodrame qui vit de rebondissements dans les relations et les faits cachés. Mais le tout reste cependant intéressant, une espèce de quête qui, si elle doit apporter la vérité, ne pourra jamais apporter la paix des âmes. Même pas de celle de l'enquêteur.
Carcan de traditions sociales figées, culte de l'honneur de façade qui justifie toutes les exactions et injustices, rapports d'autorité rigides et incontournables présents partout dans cette société coréenne, rendent cette enquête encore plus pénible malgré le désir de transgression de l'enquêteur.
A tout cela s’ajoutent les difficultés sociales et humaines d'un pays paupérisé sortant à peine d'une guerre civile terrible, l'anticommunisme à tout crin subsistant dans la Corée du Sud en proie à la dictature et aux contraintes d'un pouvoir soutenu à bout de bras par les Américains.

Le dernier témoin, la quête d'un honnête homme dans le chaos coréen, chaos aux apparences de civilités et de traditions, dans un pays habitué à négliger l'individu.

Ndlr : Les notes sur le comportement social des Coréens sont évidemment les bienvenues dans le roman, face à une culture coréenne fortement éloignée de l'Occident.
Ajoutons que le prénom des individus est très important dans un pays dont plus de 80 % de la population ne se partage que 5 noms de famille !! A savoir aussi, que, comme souvent en Asie jaune, le nom de famille est donné en premier lieu, donc l'auteur est M.Kim, l'inspecteur est M .O , etc.
Traduction : loin de nous de vouloir juger une traduction d'une langue que nous ne possédons pas, mais il faut signaler que la deuxième partie du roman nous semble parfois mise en français hésitant, comme si cela avait été fait à la hâte, et dans le dernier tiers, des coquilles amènent jusqu'au contresens ce qui accentue la confusion...


EB  (juillet 2014)

(c) Copyright 2014 E.Borgers 

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Kim Sòngjong  -  Le dernier témoin
 
 



































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Mise à jour: 25 juillrt 2014