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La veillée des rombières
 

(The Baby Blue Rip-Off - 1983)

Max (Allan) Collins
SN 1928 - Gallimard - 1983
 

Ce roman Mallory, vétéran du  Vietnam, mène une vie d’indépendant, profitant de la prime de démobilisation pour se  consacrer à l’écriture d’un polar.
De toute façon, ses expériences précédentes avec le monde du travail n’avaient pas été  couronnées de succès, même lorsqu’il fut flic pendant 6 mois. Réinstallé assez sommairement dans la petite ville de sa jeunesse, il y côtoie épisodiquement ses amis de lycée et les autres personnages qui font partie de sa jeunesse.  Côté cœur, ses liaisons restent précaires et c’est pour faire plaisir à Sally, sa dernière compagne, qu’il s’est porté volontaire pour distribuer le repas chaud du soir deux fois par semaine à quelques vieilles personnes isolées.
Il est plutôt conquis par la gentillesse naturelle des vieilles dames qu’il côtoie maintenant régulièrement lors de ses tournées qu’il ne manque pas d’allonger pour leur faire la conversation. Jusqu’au soir où il découvre un cambriolage organisé et en cours. S’il est agressé assez sauvagement, ce n’est rien comparé au sort de la propriétaire : assassinée dans sa maison qui a été vidée de sa collection d’assiettes décoratives danoises et de tout ce qui avait un peu de valeur.
Il ne faudra pas longtemps à Mallory pour se rendre compte que ses agresseurs doivent le connaître car ils le retrouvent chez lui pour une deuxième tournée de gnons et sévices divers.
 Exaspéré, révolté par le meurtre crapuleux de la vieille dame inoffensive, Mallory  va rechercher les origines de ces cambriolages qui ont écumé la région, mais sans violence jusqu’alors. Il voudrait pouvoir compter sur ses amis pour l’épauler. Amis ? On peut même dire qu’il devra faire cavalier seul pour essayer de retrouver une bande prête à tout pour défendre son petit business.
Mallory devra ranger son stylo et affronter la musique… aux  accents funèbres.

Roman qui ne fait pas partie des séries à personnages récurrents de Max Allan Collins, La veillée des rombières  est d’une lecture agréable par le ton du récit qui oscille entre le narquois discret et l’autodérision pratiquée par le narrateur, Mallory.
L’utilisation de la première personne et un style d’écriture clair et direct accrochent le lecteur tout au long du récit plus construit qu’il n’y paraît, et qui se resserre de plus en plus pour aboutir à sa conclusion assez noire, contrastant avec la fausse bonhomie d’une bonne partie de l’histoire racontée par Mallory.
Le traducteur a vraiment compris la « température » d’écriture de l’original et en a fait un texte français dont la lecture semble couler de source. Ce qui mérite vraiment d’être signalé et n’est pas si évident, ni aussi facile qu’il n’y paraît.

 La veillée des rombières  n’est peut-être pas un des meilleurs romans de Max Allan Collins, mais il reste un roman attrayant, qui déploie  sur le mode mineur une variation réussie d’une intrigue souvent mise en place dans le polar. Et il y a le savoir-faire de Collins…
Une agréable lecture de vacances.

 

EB (mars 2005)

(c) Copyright 2005 E.Borgers



 
 
 
 
 
 
 
 

La veillée des rombières - Max Allan Collins  
 
 











































Listes livres
 
 
 

 


 
 
 
 
La part du mort 

Yasmina Khadra
Julliard - 2004


Le commissaire Brahim Llob nous revient dans cette intrigue qui se déroule à une période se situant en 1987-88, donc indépendamment de la trilogie consacrée au même commissaire et qui fut publiée initialement chez Baleine, puis reprise par Gallimard.
Chronologiquement, cette nouvelle enquête de Llob prend donc place avant sa trilogie et la montée de l’Intégrisme en Algérie, montée exacerbée par la démocratisation des institutions gouvernant le pays, décidée en 1988.

Le cas qui occupe Llob est tordu. Vraiment tordu, dans un pays ou la torsion des faits est un art de vivre. Surtout pour ceux qui tirent les ficelles à tous les niveaux.
L’amnésique, sans nom connu, condamné pour être le tueur en série des crimes ayant eu lieu une vingtaine d’année auparavant, vient d’être amnistié, comme tant d’autres criminels, par le Raïs qui voit dans la manœuvre une manière d’augmenter sa popularité.
Lob sera vite prévenu par un éminent professeur en disgrâce, devenu responsable d’un hopital psychiatrique, que l’amnésique est potentiellement très dangereux, capable de récidiver.
N’ayant pu empêcher la libération du psychopathe, Llob se sent responsable des suites possibles et fera suivre et contrôler l’amnésique sans relâche.
Une première enquête pour découvrir les origines et le vrai nom de cet amnésique qui semble flanquer une trouille noire à nombre de personnes bien placées. Sachant très bien que poursuivre l’enquête va lui créer des ennuis sans fin, Llob décidera pourtant d’y plonger à corps perdu, malgré les recommandations de certains « amis ».
C’est au milieu de tout ce fourbi, que Lino son adjoint préféré, jeune flic impétueux, choisi de tomber amoureux d’une jeune et jolie luronne friquée. Et amie particulière d’un des requins officieux de la République : Hadj Thobane. Tout le monde essaye de dissuader Lino, Llob en tête, mais l’amoureux est transi et continue à s’endetter pour pouvoir suivre la belle dans les endroits fréquentés par l’argent et le pouvoir. Lino ne se donne même plus la peine de faire acte de présence au bureau. Jusqu’au jour où Hadj Thobane échappe de justesse à un attentat qui tue son chauffeur de plusieurs balles de 9mm venant toutes de l’arme de service de Lino.
Embastillé par les services secrets, Lino sera torturé pour qu’il avoue son crime.
Lob ne pourra que mettre tout son zèle à découvrir les dessous de l’attentat contre le corrompu influent, afin d’essayer disculper son adjoint. Vite, car autrement Lino ne sortira pas vivant des mains des services secrets.
Comme l’amnésique semble compromis dans cette histoire d’attentat, Llob s’accrochera également à toute piste qui permettrait d’éclaircir le passé du psychopathe. Jusqu’à la découverte de détails qui se sont passés en 1962, dans une petite bourgade agraire, lors de la nuit du massacre des Harkis, au lendemain de la libération de l’Algérie.

Mais le jeu est pourri et Llob doit faire confiance à tous ceux qui détiennent une parcelle de la vérité. La vérité ? Cette denrée rare, aussi rare que l’honnêteté des fonctionnaires en place, aussi rare que la liberté de ce peuple opprimé par ceux qui venaient de les délivrer. Une vérité qui semble de plus en plus vérolée à mesure que Llob avancera dans ses recherches et qu’il sera obligé de se pencher sur les faits de responsables et de hauts placés.
Ce qui le soutient c’est l’idée de pouvoir coincer un de ces pourris et de sauver Lino par la même occasion.
Mais le parcours nécessaire  le laissera pantois, meurtri et un peu plus fracassé, face à une vérité déguisée en putain de la République. Au sourire serein.

Long roman assez touffu par les intrigues qui le tissent,  La part du mort se suit cependant avec intérêt, avec des rebondissements non prévus et une enquête à plusieurs tableaux.
Roman noir qui se donne par moment des airs de thriller, mais dont la tension vient de la noirceur des faits et des personnages en clair-obscur qui y sont décrits. Yasmina Khadra y déploie à nouveau son écriture assez soignée et sa verve habituelle, le tout contribuant au ton très particulier qui est la marque de l’auteur.
Personnellement, je regrette un peu l’écriture « urgente » de la trilogie Llob (qui a précédé « La part du mort ») même si on y retrouvait déjà les mêmes accents, la tonalité d’écriture évoquée,  l’urgence et la brièveté des récits y rendaient  l’écriture plus dense et plus agressive.
L’ampleur de La part du mort, par contre,  permet à Khadra de développer un texte au registre plus enveloppant et plus varié, le tout sur un tempo qui vous mène pas à pas, mais inéluctablement, au cœur du récit  bâti par l’auteur. Le bout du chemin sera un  dénouement qui vous  laisse avec un net goût de cendre face à ce sentiment d’échec sans issue vécu par Llob.

Désillusion, révolte et recherche de justice restent les constantes de la saga de Llob, sans oublier le calvaire algérien crûment exposé par les cadavre des victimes de tout bord.
C’est ce qu’on trouve aussi dans La part du mort. Et le talent confirmé de Yasmina Khadra.



EB  (avril 2005)
 

(c) Copyright 2005 E.Borgers


Note
Vous trouverez dans Polar Noir les analyses de la trilogie du commissaire Llob, se composant des titres suivants, dans l'ordre :
Morituri  -  Double blanc  -   L'automne des chimères

---->>>  Reportez-vous à la page: Carnets Noirs


 
 
 
 
 
 
 
 
 

La part du mort - Yasmina Khadra  
 
 


























































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1983 

(Nineteen eighty three – 2002)

David Peace
Rivages/Thriller – 2005

 
Le quatrième volume de la tétralogie de David Peace, consacrée aux meurtres en série perpétrés durant une décade dans le West Yorkshire, met en scène trois personnages qui servent de fils conducteurs à ce roman de conclusion.
Au travers des récits, souvenirs et actions des trois protagonistes, qui interviennent à des niveaux et des époques diverses, on assistera au démontage de l’intérieur d’une série de meurtres ignobles ayant tous des fillettes comme victimes.
Le cadre, certains acteurs et les autorités concernées, sont ceux rencontrés dans les trois volumes précédents qui décrivaient la traque de l’Eventreur du Yorkshire, qui de 1974 à 1980 tua au moins treize femmes dans les rues du West Yorkshire.
Le meurtre des fillettes obligera d’ailleurs à ceux concernés par la vérité à remonter à des faits s’étant déroulés sur une longue période de temps, jusqu’à une époque aussi lointaine que 1969.
A partir de crimes se déroulant en 1983, une partie de la solution recherchée pour une série de meurtres et d’exactions repasse par le cauchemar vécu par Edward Dunford, le journaliste au centre de l’enquête qui prend place dans 1974, premier volume de cette tétralogie.
Que ce soit Maurice Jobson, le superintendant de la police locale ayant fréquenté d’un peu trop près ceux qui ont organisé les dérapages au sein de la police du Yorkshire, ce Nord qui se veut tellement différent et indépendant du reste de l’Angleterre, ou John Piggot, cet avocat atypique qui se charge de la révisons du procès de Michael Myshkin
(*), déjà emprisonné pour le meurtre de plusieurs fillettes, tous sont emportés par les relents de corruption et de meurtres qui sévirent dans le Yorkshire. Poursuivis par un passé qui n’est qu’un vaste chassé-croisé entre l’horreur pure et la folie de l’autorité qui se veut absolue, ils vivront tous un cauchemar faits d’horreurs remontant par le puits de la Vérité et venant d’un passé que certains voulaient enfoui. A jamais.
Sans oublier BJ, ce paria qui tout jeune a appris à côtoyer la mort et l’abject, dans un parcours fait de flics corrompus, de vice et de vies détruites, parcours qui se bute sans cesse à ce que découvrent ceux qui essayent de comprendre où est la vérité dans ce Yorkshire de juin 1983 qui ajoute le martyre de deux fillettes à la longue liste de meurtres brutaux qui paralysent la population de cette région en pleine déconfiture économique et sociale depuis plus d’une décennie.

Les faits vécus et les découvertes des protagonistes sont racontés par David Peace sur trois modes narratifs bien distincts entremêlés au fil des chapitres, pour former une longue cantate noire et désespérée à plusieurs voix. La musique de l’horreur…
Vécue de l’intérieur, la lente agonie des trois protagonistes se décline sur des textes quasi incantatoires, créant une fascination directe sur le lecteur qui ne peut qu’être emporté dans le tunnel expiatoire que crée Peace pour ses personnages, au-delà de la raison et du rationnel, dans une écriture proche de la poésie narrative. Le plus court chemin pour un face à face avec le Mal absolu : celui qui se trouve au cœur de l’homme.
On ne peut que subir fascination et répulsion en suivant l’itinéraire que nous impose Peace, obligeant le lecteur à tout vivre à son tour de l’intérieur, envahi par la musique noire du texte et la progression inexorable de l’horreur des faits
(**).
Un grand roman !
C’est en juin 1983, sur fond de réélection de Margaret Thatcher, exécutrice des basses œuvres néo-libérales à la sauce anglo-saxonne…


Si Peace a su assimiler Ellroy et son regard de l’intérieur des milieux en marge de la corruption, et s’il a pu subir une certaine fascination pour le traitement des textes des romans les plus récents du grand James, je ne le vois pas comme un continuateur de ce dernier.
C’est ailleurs qu’on trouvera la continuité.
J’avais déjà souligné, dès le premier volume de la Tétralogie (appelée Red Riding Quartet  en anglais), la filiation évidente entre Peace et Robin Cook -cet autre auteur anglais, exorciste de la Mort, traqueur du Mal-  non par l’écriture mais par leurs visions et leurs attitudes face au monde corrompu qu’ils nous décrivent.  Ils ont en commun une certaine dimension métaphysique qu’ils donnent à la mort, au mal et…à la vie tels qu’on les trouve dans leurs romans.
Cependant, Peace n’est pas un suiveur, et par son style d’écriture, fascinant et poétique,  il parvient à transcender  le roman noir dans cette œuvre majeure et personnelle qu’est la Tétralogie. 
Une étape incontournable du roman noir moderne.

 

EB  (mai 2005)

NOTE
Voir aussi nos commentaires pour les trois premiers volets de cette série : 1974, 1977 et 1980 dans les pages de POLAR NOIR.
Nous recommandons fortement de les lire dans l’ordre afin de mieux percevoir la progression voulue par David Peace dans sa Tétralogie


(c) Copyright 2005 E.Borgers


 (*)Michael Myshkin : personnage réel, condamné pour plusieurs meurtres de filletes et dans lequel certains, au début de l'affaire, voyaient l’Eventreur du Yorkshire.
^^^^------retour

(**) Le roman et les faits : le roman  1983  ne se termine pas sur une explication complète des meurtres ayant eu lieu dans le West Yorkshire. Certains segments de cette horrible saga reste donc sans véritable explication, selon la volonté de l’auteur ; David Peace s’en expliqua par ailleurs, faisant remarquer que dans la vie réelle il n’y a pas toujours une explication connue à tous les faits sous investigation.
^^^^------ retour

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1983 - David Peace  
 
 
























































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Ville Ceinte

 (The Dope Priest -  1999)

Nicholas Blincoe
Série Noire n°2726 – Gallimard – 2005
 

 

C’est au milieu d’une description très réaliste le vie des Palestiniens parqués dans les diverses zones qui leur sont allouées par Israël, avec leur quotidien fait de pagailles qu’ils orchestrent avec talent, fait de contrôles israéliens, de routes interdites aux porteurs de documents palestiniens, de ville coupées en quartiers  que Nicolas Blincoe a placé son histoire de faux prêtre  n’ayant qu’une idée en tête : trouver une combine valable pour retrouver assez d’argent et une vie aisée pour les années qui viennent.
C’est que, David- ancien trafiquant de haschich ayant ramassé des sommes folles sur la place de Beyrouth, au temps béni de la guerre qui s’y déroula pendant de nombreuses années- a la nostalgie de la vie facile depuis que son magot s’est épuisé. D’autant que le hasch qu’il avait enterré il y a quelques années à Beyrouth, son copain Tony et lui, leur plus gros coup est perdu pour toujours : enfoui sous un camp de réfugiés. Et David se sent vieillir.

Si David, au passeport irlandais, se retrouve en Israël, c’est que Tony est Palestinien et vient d’appeler son ami qu’il n’a plus revu depuis le coup du hasch perdu. Tony lui a promis une combine qui va les remettre tous deux à flots.
Comme tout ça semble assez délicat et que cela prendra du temps, David ressent de plus en plus l’absence son shit quotidien et est prêt à s’embarquer dans n’importe quoi qui lui assure de fumer son joint dans le quart d’heure qui suit.
La vie de David devient vite assez compliquée sur le sol d’Israël : le hasch y est sévèrement interdit, les services spéciaux israéliens semblent vouloir rester trop proches, sœur Yvonne le prend pour un vrai prêtre catholique, la nièce de Tony ne semble pas trop insensible à son charme naturel, malgré la différence d’âge.
Pour couronner le tout, il apprendra vite que la combine de Tony est mortelle : vendre un appartement palestinien de Jérusalem à des Juifs… pour un gros tas de pognon, c’est assez facile, mais pas avec les chiens de garde intégristes qui voient d’un très mauvais œil une tractation avec des Israélien à propos de biens palestiniens. Intégristes qui tuent pour moins que ça !
David pare au plus pressé et se procure le shit tant attendu, plane et se promène dans le pays dans un état second, mal éveillé et vaseux mais assez détendu. Assez détendu que pour fréquenter des Russes allumés jusqu’à la folie, que pour ne pas trop s’en faire quand on le livre à la police après avoir assisté une scène de meurtres démentiels par des compagnons de fumette ayant pété les plombs.
Mais rien n’est clair dans ce jeu de dupes à plusieurs niveaux et ce sera un peu plus inquiet que David se demandera par quelle porte se trouve la vraie issue de son petit cauchemar palestinien.

Dans un environnement très bien décrit par Nicholas Blincoe, on se laisse conduire en complice dans les méandres de son histoire à l’exotisme un peu aigre, et c’est dans un Israël plus vrai que nature vu du côté palestinien qu’on assiste a une succession de tableaux ironiques ou allumés, vision un peu folle de cette folie ambiante, de ces vies régentées par des règles établies par la force qui ne font que combler l’absence de règles écrites.

Tout le roman baigne plutôt dans une ambiance d’humour noir empreinte d’une réelle tendresse envers ses divers personnages de tous les bords. Le tragique y est toujours noyé dans cette folie ordinaire si bien rendue par Blincoe, qui, lorsqu’elle ne débouche pas sur la farce, reste malgré tout sous le regard complice de l’auteur.
On hésite à parler d’humour à froid, vu le climat de l’endroit, mais cet humour souvent détaché reste omniprésent pour exploser dans des scènes de dingueries dignes du meilleur hallucinogène. Tout en suivant l’itinéraire vacillant de ce "Prêtre de la Dope"…


 

EB  (mai 2005)

(c) Copyright 2005 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 

Ville ceinte - Nicholas Blincoe  
 
 












































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Mise à jour: 24 mai 2005




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