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Adios Schéhérazade 

(Adios Scheherazade - 1970)

Donald Westlake
Rivages/noir n°650 - Éditions Payot & Rivages - 2007
 

« C’est déjà assez emmerdant à écrire, si en plus il fallait le lire. »
Edwin G. Topliss

Très bonne idée qu’a eue Rivages de republier ce roman issu de la veine humoristique de Westlake, un ouvrage qui a acquis un statut de roman-culte au fil des ans et qui était pratiquement introuvable ces dernières années en français.

Nous sommes en 1967 et Edwin George Topliss, jeune auteur de romans pornos est en panne : la crampe de l’écrivain l’a surpris dès le début des 10 jours qu’il consacre mensuellement à la rédaction de ses romans libidineux, écris au mètre et formatés. Très rentables aussi, car l’éditeur paye très bien. Un roman par mois, chaque mois…
Mais cette fois, rien n’y fait et il se débat dans des textes qui dérapent tous vers l’autobiographique, principalement vers ses relations (et ses rapports…) avec sa femme Betsy. La panique l’envahit, l’échéance pour la remise de son manuscrit en cette fin du mois de novembre est tellement proche, qu’Ed ne remue que des pensées sombres, peu propices à engendrer une histoire penchant vers la gaudriole. Car au fond, il n’est que le nègre de ce copain qui lui a laissé le soin de rédiger de romans pornos à sa place et sous son nom de plume. De plus, l’agent qui est le réceptionnaire des manuscrits se fiche d’Ed, seule sa production sous le nom de l’autre l’intéresse. Et ses 10%. Tout ça fait qu’Ed ne cesse de ruminer des pensées assez réalistes, peu propices à  dépanner notre auteur en butte au manque d’inspiration pour son 29e roman. Sans parler de Betsy qu’il ne peut plus voir que comme emmerdeuse de première, cette épouse qui a abusé de lui, de sa jeunesse. Et puis il y a son train de vie qui tout entier dépend de ces fichus pornos… Allez vous concentrer quand vous réalisez que votre monde journalier est pourri, que tout tient à un fil… à un élastique de petite culotte !

Le mélange continu de ce que vit Ed et ce qu’il écrit, jusqu’à l’inversion du procédé car ce qu’il écrit va finir par affecter sa vie, est manié avec art par Westlake. Ce, avec en permanence une pression qui régit son auteur de pornos et le mène vers la panique intellectuelle et l’angoisse, mettant son imagination en roue libre pour mélanger n’importe quoi dans ses tentatives d’écritures de premier chapitre. Ce qui nous vaut une minisérie d’histoires lancées puis avortées, allant du délirant au mélo, et qui toutes finissent par se croiser dans les tentatives d’écriture du 29e roman. On change de point de vue, on change d’atmosphère, on a même droit à un court roman épistolaire. Westlake s’amuse dans  Adios Schéhérazade  à nous donner un cours d’écriture appliquée tout en s’amusant des procédés romanesques divers et de quelques ficelles du métier. D’ailleurs, il  cite souvent ce roman comme un de ses romans préférés, quand ce n’est pas « le » préféré. 

Il faut savoir qu’à ses débuts, et pour arrondir ses fins de mois, Westlake sous divers pseudos à écrit du porno pendant quelques années  (de la fin des années 1950 au début des années 60). Il ne s’en est jamais caché et considère tout ça d’un œil réaliste et alimentaire… Des « soft porns », romans coquins et érotiques, qu’il qualifiait de « roman des euphémismes ». On ne peut pas dire la même chose de son comparse et ami, Lawrence Block (auteur de romans noirs, très connu aux USA), qui, à la même période, exerçait le même genre d’écriture polissonne, et qui fait encore tout de nos jours pour nier et démentir. Westlake a d’ailleurs un malin plaisir, sans fournir de détails, à rappeler dans des interviews - dès que cette période est évoquée-  que Larry (Lawrence) comme lui, écrivait du porno par nécessité.

 Adios Schéhérazade, un divertissement intelligent développé sur un ton pince-sans-rire, et dans lequel Donald Westlake fait ses adieux à sa période de trimard du porno populaire (*). Il en profite, au passage, pour nous livrer quelques recettes, avec résultats à l’appui, pour l’écriture rapide de romans formatés. Avec humour, légèreté et subtilité. Et une vraie facilité d’écriture, la marque de cet écrivain prolifique qui a toujours su marier production et qualité.
Ce n’est pas polar à proprement parler, mais pourquoi bouder son plaisir !

(*) Il s’est d’ailleurs ingénié à y semer des traces qui se rattachent à sa propre carrière, et même certains détails se rapportant à sa bibliographie ou autres références le concernant.

 
EB (décembre  2007)

(c) Copyright 2007 E.Borgers



 
 
 
 
 
 
 
 

Donald Westlake - Adios Schéhérazade
 
 











































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Dictionnaire du cinéma d'épouvante  

 

Robert de Laroche
Éditions Scali - 2007

    

Comme le titre l’indique ce dictionnaire examine les diverses facettes de l’épouvante au cinéma,  non pas exclusivement les films d’horreur mais aussi ceux qui jouent plus subtilement avec l’effroi sur la toile blanche : fantastiques, thrillers sanglants, bizarres, suspenses utilisant la frayeur proche de l’épouvante, etc.
En dehors des entrées consacrées aux films les plus représentatifs de leur catégorie, du chef-d’œuvre au nanar pur jus, on y trouve des rubriques sur les acteurs, réalisateurs, producteurs, scénaristes et maisons de production.
Ce cinéma est directement issu du cinéma de pur divertissement qui est une  spécialité made in USA,  de cette volonté de divertir qui  un des premiers moteurs historiques de ce qui sera d’abord une industrie avant de devenir un art. Il est produit dans de nombreux pays, mais avec une prédominance certaine des USA et du monde anglo-saxon, ce qui est bien entendu reflétée dans cet ouvrage. Plus que dans l’épouvante pure ou l’horreur exacerbée, le cinéma francophone a par exemple trouvé plus de terrains fertiles dans le fantastique  et le surréel.
D’autre part, il est certain qu’un cinéma découlant de l’expressionisme allemand fut une des branches d’influence majeure sur l’esthétique du film noir classique et que le film policier moderne doit beaucoup à la violence développée dans le cinéma d’épouvante, pour l’approche et la technique de cet aspect lorsqu’il est poussé à l’extrême.

Fort de ses 550 pages (au format 15 x 24 cm et  au texte fort aéré) consacrées au dictionnaire lui-même, cet ouvrage aborde les sujets autres que les films sous l’éclairage exclusif du film d’épouvante (ou assimilé) et donc, par exemple, la filmographie donnée pour les acteurs et les réalisateurs ne concerne que les films appartenant au genre. Pour chaque film mis en entrée, outre un commentaire d’ensemble et les données de base le concernant, on trouve cinq à six lignes bienvenues résumant l’amorce du sujet, sans révéler l’intrigue. On soulignera aussi  avec plaisir que les titres originaux sont toujours mentionnés.
Une bibliographie et un index détaillé complètent la donne et de nombreuse illustrations en noir et blanc de petit format, principalement reproduction d’affiches, parsèment les pages du livre. Si on aurait aimé voir une sélection de photos tirées des films compléter le volume, il faut reconnaître que la méthode choisie réduit les coûts et permet de proposer le livre à un prix très abordable.
Le peu d’ouvrages en français consacrés au film d’épouvante examiné dans son ensemble et en détail, associé à l’approche directe choisie par l’auteur, évitant jargon inutile et fausse science, font que ce  Dictionnaire du cinéma d’épouvante  s’adresse d’abord à tous les amateurs du genre, et non pas qu’aux spécialistes.
Bien entendu il n’est pas question ici d’exhaustivité (pour cela il aurait fallu sans doute de 5 à 10 volumes), mais bien d’un recensement de l’essentiel, fait avec éclectisme et qui ratisse large.
Un regret cependant : la trop faible représentation du cinéma asiatique. S’il est bien un cinéma qui joue de l’épouvante, de l’horreur, des fantômes et du sanglant, c’est bien celui-là, avec en premier lieu ce qui nous venait depuis longtemps de Hong Kong et du Japon, parfois d’Inde, et qui s’étend actuellement à nombre d’autres pays asiatiques.

 Dictionnaire du cinéma d’épouvante  : Une bonne introduction au genre en même temps qu’un aide-mémoire utile vu le nombre élevé d’entrées examinant les divers créateurs et films concernés.

 

 EB  (décembre 2007)  

(c) Copyright 2007 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 

Robert de Laroche - Dictionnaire du cinéma d'épouvante
 
 







































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Moi, Fatty   

(I, Fatty  - 2004)

Jerry Stahl
Rivages/Thriller - Éditions Payot & Rivages - 2007

 

Roman en forme de récit autobiographique qui nous raconte, vu de l’intérieur et avec la voix du personnage central, l’ascension et la chute de Roscoe « Fatty » Arbuckle, vedette du cinéma muet américain des années 1910 à 1920. Une star de l’époque, qui, dans ses rôles de petit gros comique avait un succès phénoménal et était adulé par le grand public. Personnage bien réel, qui, venu de rien, de moins que rien, de gamin abandonné par son père pour finalement  accéder à la gloire et l’argent facile à Hollywood. Et à un destin tragique.

Fatty
En passant par une expérience de comique de music-hall vivant de maigres cachets et de petits boulots. Fatty venait du bas de l’échelle du rêve américain, de cette classe qui réunissait ces émigrés peu ou pas qualifiés qui remplissaient les quartiers miséreux des grandes villes américaines ou les petits lopins de terre ingrats dans la version campagnarde de la misère made in USA. Le petit Roscoe, un peu trop enveloppé pour son âge sera vite rebaptisé « Fatty » (Tas de graisse, gros lard – en anglais populaire) par son père et les gamins de son entourage. Habitué de vivre sous les quolibets et sous les coups de son père ivre la plupart du temps, le petit Roscoe va développer une vision du monde qui lui est propre : si quelque chose va mal, c’est de sa faute…
Une réaction de culpabilité qui va cimenter son égo, le rendre taiseux, renfermé et d’une timidité maladive durant le reste de sa vie.
Gamin, il va remplace sur scène un artiste de music hall de seconde zone, lui qui n’était que le balayeur de bistrots et de salles de danse, et ce sera en chantant un peu et en faisant le pitre qu’il s’en sort. Loin de se faire virer par le public populaire de l’époque, il l’amuse et Roscoe se lance dans la carrière des planches, dans un monde du spectacle qui le fascinait depuis toujours. Mais de petits boulots en cachetons minables, en s’accrochant à tout pour pouvoir survivre, le gamin, abandonné à l’âge de huit ans, va se faire ses classes du spectacle à la dure mais  en élève doué. Il passera du chant aux numéros comiques et légèrement acrobatiques, et finira par gérer une petite troupe qui tournera dans certaine partie des USA quelques années plus tard. Si ce n’est plus la misère, c’est toujours des lendemains assez durs qui attendent Roscoe au tournant, les difficultés matérielles, l’absence de contrats, le manque d’argent. Mais, depuis le début des années 1900, il sait que c’est le m étier d’acteur de music hall qui est sa seule chance : sans éducation scolaire, sans le support de son père, il ne peut que compter sur lui-même, et il sait se servir de sa corpulence pour faire rire les gens, il a le sens de scène, ce qui amènera le public à l’accepte facilement. Pas comme sa vie privée, dans laquelle il traîne toujours et encore le passif d’un « Fatty » houspillé et meurtri.
En 1912, se produira l’événement qui changera sa vie : il est engagé par Mack Sennett comme faire valoir pour certaines des comédies filmées qui font le succès de son studio, la Keystone : un humour direct, visuel, mécanique, souvent assez primitif, tenant de la pantomime et de l’acrobatie en est la marque de fabrique. En deux bobines. Le cinéma des masses qui fera la richesse de Mack Sennett (à signaler, au passage, l’extraordinaire portrait qu’en fait Jerry Stahls son roman, nous y faisant revivre un Sennett plus vrai que nature).
Très vite Fatty Arbuckle va devenir acteur principal de ces comédies, adulé des spectateurs, dans tous le pays et à l’étranger. Une vedette de l’époque héroïque de Hollywood. (voir ci-dessous un lien vers un aperçu du comédien et de sa carrière, dans un petit docu de 6 minutes)
S’il travaille beaucoup, sa situation matérielle s’améliore très vite et Sennett laisse Roscoe parfois intervenir dans les scénarios et la mise en scène. Jusqu’en 1917, date à laquelle un producteur associé lui permet de fonder sa propre compagnie de production, tout en lui laissant le contrôle de la mise en scène, des scénarios…etc. La popularité de Fatty va exploser, et comme le lui avait promis son associé, il engrange assez vite son premier million de dollars de l’époque, au prix de surmenage et de vie privée absente sous la pression du studio (la Paramount) et surtout d’Adolph Zukor  qui le poussent vers les longs-métrages et la surexploitation. De plus en plus riche, toujours aussi fermé, plus que jamais Fatty ne se sent vivre que dans ses films. Sa dépendance à l’héroïne, résultat de l’incapacité d’un médecin, ses tendances à l’alcoolisme ne ferons que murer un peu plus la cage dans laquelle Fatty s’enferme, son ultime protection.
Ce sera dans ce tourbillon orchestré par les magnats de Hollywood, bien décidés à exploiter la bête jusqu’à épuisement, que Fatty  va rencontrer une deuxième fois un tournant décisif dans sa destinée, en 1921. Durant un congé qui aurait dû être de détente, une demi-mondaine, modèle à ses heures, fausse vierge et vraie allumée va décéder suite à un malaise survenu dans la suite d’hôtel de Fatty Arbuckle, noire de monde, au milieu de ce que la presse appellera une orgie… L’alcool y avait coulé à flots, et on était encore en pleine prohibition. Impardonnable. Hollywood, déjà dans le collimateur des ligues de bienséances et des intégristes de tout acabit pour la liberté de ses mœurs, ses scandales vite étouffés et sa grande influence sur le public de masse, va subir un assaut gigantesque à l’occasion de l’inculpation de Roscoe Arbuckle suite au décès de la jeune femme,  qui entraînera pour l’acteur une accusation  de  viol et de meurtre prémédité.
Le pays va se déchaîner, la presse va devenir hystérique, et Fatty, d’idole des foules, va passer au statut d’homme le plus détesté des USA. Puis ce sera le lâchage : les studios le mettent sur liste noire. Les procès et la déchéance  le mèneront rapidement à la tombe, en 1933. Il avait 46 ans. Il n’eut que peu d’amis : Buster Keaton, qu’il fit découvrir et qui resta très proche d’Arbuckle jusqu’à la fin, Charlie Chaplin, et d’une certaine manière, le producteur Joseph Schenk le seul d’Hollywood qui ne le laissa pas tomber après sa déchéance.

« Les films, la danse, le jazz, l’évolution, les Juifs et les Catholiques détruisent notre beau pays. »
-Révérend Bob Schuller, Eglise de la Trinité méthodiste de Los Angeles, 1921
Si nous avons détaillé quelque peu le parcours de Roscoe Arbuckle, c’est que sa        déchéance et les procès infamants qui lui furent intentés, mélange d’arrivisme politique et de vindicte puritaine, manipulé par les tenants du pouvoir judiciaire local, sont moins bien connus en Europe que de l’autre côté de l’Atlantique- où le cas reste une des affaires judiciaires les plus célèbres des annales des USA et est constamment citée, encore de nos jours.
Arbuckle en sortira blanchi, mais la chasse aux sorcières et l’hystérie puritaine auront raison de sa carrière, de l’homme et …de la liberté des studios. De toute façon, les dirigeants de ces studios n’étaient que des exploiteurs forcenés, aux méthodes de truands, qui voulaient aussi faire rêver les gens en dehors des salles obscures et les fidéliser au factice en exhibant dans l’actualité les cages dorées dans lesquelles ils enfermaient leurs créatures, bien conscients des fortunes immenses que leur rapportaient leurs attitudes monopolistiques appliquées au divertissement de masse. Donc, ce furent ces dirigeants qui mirent au point le fameux code de censure Hays, hypocrite et puritain, qui suivit le cas Arbuckle afin de pouvoir poursuivre leur mainmise sur le secteur du cinéma et sur ses milliards.

Ecrite sous forme de long monologue,  Moi, Fatty  n’est pas une simple relation des divers épisodes qui marquent la vie de Roscoe Arbuckle. C’est une étude de personnage confronté à son univers mental, à ses difficultés de vivre et à l’hostilité ordinaire du monde qui l’environne. L’étude d’un personnage diminué physiquement qui semble parcourir triomphalement le chemin du rêve américain, alors qu’il reste intimement convaincu de son inutilité, de la distance qu’il ne peut franchir pour découvrir les autres, restant constamment replié sur lui-même. Et qui, cliché quasi issu des mélodrames filmés par Hollywood, finira écrasé par la machine qui l’a enfanté.
Jerry Stahl, par de petites touches d’observation en arrière-plan, nous fait également sentir de manière vécue l’insensibilité sociale d’un pays qui se veut modèle et qui fut longtemps le paradis du misérabilisme, de l’injustice…et du crime. Un pays qui ne parle que de morale et qui ne sait qu’inviter le diable en laissant ses intégristes appliquer leurs modèles simplistes et liberticides.

C’est dans ce monde que se débat Roscoe, insensible à son propre sort, résigné, et qui ne semble vivre que pour la comédie, une vie décrite dans ce qui est un des meilleurs romans étrangers de 2007 publiés en France. Avec Moi, Fatty , Jerrry Sthal est parvenu à recréer un véritable univers, celui de Fatty Arbuckle  qui nous raconte de manière désabusée et souvent ironique ce qu’il vit au plus profond de lui-même. L’écriture efficace et très soignée du roman donne une formidable unité de ton au récit, dans un style qui n’appartient qu’à l’auteur et qui marque. Une réussite.
Recommandé.


EB
  (décembre 2007)

(c) Copyright 2007 E.Borgers


 Liens sur le Web

-Présentation (extraitsfilm et photos) de Roscoe "Fatty" Arbuckle   (You Tube)
-Court métrage de "Fatty", av.Bustter Keaton: The Hayseed (Le cul-terreux - 1919) (You T)
-L'affaire Arbukle - détails et procès  (en anglais)


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Jerry Stahl - Moi, Fatty
 
 


Roscoe "Fatty" Arbuckle
1887- 1933

Connu de son public sous le nom de Fatty, son immense succès a souvent occulté le côté innovateur de ce comédien /réalisateur. Il fut l’un des premiers à penser les scènes successives comme des « tout », donc devant garder un minimum de logique dans leur chronologie interne. Même approche pour les « gags » qui, au delà des acrobaties, sont développés avec leur logique visuelle propre, et filmés en conséquent par Arbuckle réalisateur avec un vrai montage de divers plans (et non pas comme sur une scène de théâtre, pratique courante à l’époque). N’oublions pas que vers 1915-17, le cinéma comique muet aux USA ne s’embarrassait pas beaucoup de construction cinématographique ni logique…

            Fatty Arbuckle - Affiche de film

C’est à juste titre qu’on considère Roscoe Arbuckle comme un des trois grands comiques innovants du début du cinéma, avec Buster Keaton et Charlie Chaplin. Arbuckle travailla d’ailleurs avec Keaton et Chaplin à leurs débuts, et il est évident que plusieurs gags en forme de séquence que l’on trouve chez Chaplin furent directement repris de ce que faisait Arbuckle devant la caméra. Arbuckle fut aussi un des maillons importants et un pionnier du film comique moderne par son travail derrière la caméra (scénarios, réalisations)  EB


































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Mise à jour: 20 décembre 2007
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