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La femme en vert  

(Graforpögn - 2001)

Arnaldur Indridason
Métailié Noir - Éditions Métailié - 2006
 

C’est le quatrième roman de la saga du commissaire Erlendur, le second à être publié en français. On y retrouve le commissaire islandais face à ses démons personnels : les récits de voyages dangereux qui finissent tragiquement, sa solitude dans son univers privé, son enfermement émotionnel résultat ou cause des relations qu’il n’a jamais pu maintenir…
Sans oublier l’indifférence de son fils, la rancœur haineuse de son ex-femme qu’il va recroiser brièvement après vingt années d’absence et surtout les relations difficiles avec sa fille, droguée et enceinte, qui essaye de renouer avec ce père qu’elle n’a pas connu tout au long de sa jeunesse.

Des événements et souvenirs personnels vont émailler tout le récit de l’enquête d’Erlendeur, enquête à propos d’un squelette ancien découvert dans un chantier de la proche banlieue de Reykjavik par des habitants proches. C’est vraiment vieux et on soupçonne vite que la mort pourrait ne pas être naturelle. En l’absence d’un technicien scientifique, Erlendur acceptera l’aide d’une petite équipe d’archéologie afin de récolter un maximum de traces dans l’endroit de l’enfouissement du corps. Bien lui en pris, car archéologues comme le légiste penchent pour un cadavre enterré depuis une cinquantaine d’année, voire soixante. Donc le moindre indice comptera.
Mais le métier d’archéologue demande patience et longueur de temps qu’Erlandur ne parvient pas à brusquer, alors que l’enquête sur le voisinage et les habitants du petit quartier des années 1940 s’avère pénible et hasardeuse : beaucoup sont morts de vieillesse, les maisons dont la plupart servaient de maison d’été à certains habitants de la ville, changeaient de main souvent, et furent détruites lors de l’extension de la banlieue… 
On ne déterrera pas que des os. L’enquête d’Erlendur va faire resurgir des drames familiaux du passé, notamment ce suicide d’une jeune fiancée qui devait épouser un commerçant aisé qui semblait l’aimer passionnément et qui était le propriétaire d’une maison d’été, maison qu’il avait louée après le drame. A qui ? Enquête lente, pénible dans un passé où tout se complique par l’établissement d’un camp miliaire anglais dans les environs, suivi par l’arrivée de troupes américaines lorsque les anglais seront envoyés au front. Ce sont les dernières années de la seconde guerre mondiale, et l’Islande, loin des champs de bataille est une base idéale pour les Alliés dans l’Atlantique Nord. Mais la mort, la tragédie et les vies brisées n’auront pas besoin de cette guerre pour sévir dans cette banlieue, les milieux familiaux y pourvoiront. Avec froideur, et sans pitié.

Comme souvent dans les romans d’Indridason, c’est le passé qui est le terrain d’enquête de son commissaire, ce qui permet à l’auteur de dérouler l’intrigue avec une certaine lenteur lui donnant l'occasion de développer les personnages principaux et leur vie privée. C’est comme cela que dans La femme en vert, Erlendur nous révèle les tenants de son mariage raté, début du renforcement de son isolement, et nous révèle aussi quelques indices qui sont  la base d’une tragédie personnelle vécue durant son enfance et qui tournera à l’obsession de la recherche de récits de « voyageurs perdus ».
Cette fixation sur le passé se retrouve dans un second récit qui se déroule dans les années 40 et qui est intimement lié à l’intrigue du squelette ; procédé que l’auteur a exploité dans certains romans suivants de la série, avec une meilleure intégration de l’ensemble. Mais on est pris par ce récit, et c’est dû au talent de romancier d’Arnaldur Indridason, talent qui nous fera oublier la forte tendance au mélodrame déployée dans la fin de ce second récit de la saga, et à quelques exagérations dramatiques qui semblent n’exister que pour servir la noirceur du roman.
Il reste un roman qui ne peut que captiver le lecteur par l’ambiance créée, et la grisaille de la vie d’Erlendur qui semble répondre aux échos des tragédies exhumées.



EB (septembre 2008)

(c) Copyright 2008 E.Borgers



 
 
 
 
 
 
 
 

Arnaldur Indridason - La femme en vert
 
 











































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La récup'
   
 

Jean-Bernard  Pouy
Fayard Noir - Librairie Arthème Fayard - 2008
 
 

Petit artisan consciencieux, serrurier épris de technologies anciennes, voire antiques, vous gagnez honorablement votre vie, sans plus. Mais voilà : vous ressuscitez votre passé lointain de monte-en-l’air, spécialité coffres anciens, car vous voudriez rééquiper votre atelier notamment d’un tour au goût du jour, avec commandes automatiques, précision allemande et le toutim, mais le prix affiché de la bricole est loin au-dessus de vos moyens. Ceci expliquant cela.
Et c’est le début de votre calvaire : les Ruskoffs, commanditaires de l’opération ne vous donnent pas les 10.000 euros promis alors que tout est réussi, déjà duraille à faire passer. Comme vous protestez avec conviction, ils vous collent quelques pains à vous décrocher la tête et vous envoient d’une simple piquouze au paradis chimique d’où vous ne devriez pas revenir…
Ça tient du miracle, mais vous survivez. Amoché, pas très frais mais vivant. Et pas content. Alors là, pas content du tout. Vous avez fait consciencieusement votre boulot d’ouvreur de coffre, dans un château de campagne, sans dégâts et les autres sont repartis avec des objets plats et rectangulaires qu’ils en ont extraits. Et votre fric, passé au bleu. Pas juste ! pas moral. C’est donc la rancœur au ventre que vous vous lancez sur les traces des fantassins de l’Est et de ceux qui vous ont mis en rapport avec eux. Tout ce que vous voulez c’est votre dû, les 10.000 patates. Votre salaire.
Après quelques démarches discrètes, il s’avère que c’est bien pourri de tous les côtés et que pour revoir votre pognon, va falloir remonter toute la filière. Grosses têtes comprises.
Ça risque de saigner. Z’êtes plus à ça près.
Si on ne peut même plus truander en confiance, où va-t-on ? Et votre tour super-automatique y devient quoi là-dedans ? Ruskoffs ou pas, gros bras, grosses-têtes… rien à cirer. Vous allez réclamer votre pognon. Haut, fort. Partout.

L’histoire vous rappelle quelque chose ? Oui, moi également. Et c’est tellement vrai que notre serrurier s’en rend compte lui aussi : Lee Marvin dans « Point Blank »(*). Le truand dur et indépendant qui durant tout le film va réclamer sa rémunération à ceux qui l’ont roulé.
Et qui se fiche de découvrir que tout est orchestré par une branche de la mafia. Il exigera son dû par tous les moyens, quitte à faire trinquer la hiérarchie. Qui n’en revient pas.
Notre serrurier cinéphile va dès lors s’inspirer du comportement de Lee Marvin. Avec des adaptations bien sûr… et acharnement.

Roman de lecture plus qu’agréable, La récup’ le doit au talent stylistique et à l’écriture efficace de J.-B. Pouy, qui, ici comme souvent, y mêle une bonne dose d’ironie, d’humour noir et de jeux de mots discrets. Sans compter les références multiples à la littérature et au roman noir qui s’ajoutent à celles plus évidentes du cinéma de la même couleur. Le lecteur y reconnaîtra les siennes dans ce récit de l’entêtement et du "arde-bwalède" à la française. Un récit qui tient ses promesses et retient le lecteur. La patte à Pouy.

 (*) : Note à propos du film « Point Blank »
Formidable film noir, film charnière dans l’évolution du genre, il sort en 1967 sous le titre français de « Le point de non-retour ». Nous devons à John Boorman d’avoir donné dans ce film un de ses meilleurs rôles à Lee Marvin et quelques séquences d’anthologie cinématographique. A noter que le film est tiré d’un des romans de la très bonne série des Parker, truand indépendant, dur, efficace et discret, écrite par Richard Stark (un pseudo de Donald Westlke). Dans le film, le personnage du truand s’appelle Walker et non Parker ; vu la mainmise des studios sur les personnages de leurs scénarios, Westlake voulait garder le contrôle du  personnage de ses romans.
Par contre, dans le roman de Pouy on nous signale le titre du film comme étant « Blank Point » ; une typo, sans doute. Comme le héros du roman s’intéresse au cinéma, il ne pourrait confondre, même s’il ne pratique pas l’anglais… me semble-t-il.

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EB  (septembre 2008)
 

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Jean-Bernard Pouy  -  La récup'
 
 







































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Australia Underground    

(Underground - 2006)

Andrew McGahan
Actes Noirs  -  Actes sud  - 2008

 
On est en 2010 et quelque, et l’Australie est en état de siège depuis quelques années. Contre ses citoyens. Contre le terrorisme…
Ça ressemble à une couleuvre qu’on vous a déjà fait avaler, ici en Europe récemment ou aux USA il y a un peu plus longtemps ? Bien vu, car c’est exactement de cela que traite le roman légèrement anticipatif d’Andrew McGahan : les peurs imposées aux populations par ceux qui les dirigent et la perte de liberté qui en découle de facto pour « les défendre », « les protéger ». Deux fois victimes : une première fois du terrorisme (si terrorisme meurtrier il y a vraiment), une deuxième fois en remettant leurs libertés élémentaires dans les mains des menteurs professionnels et opportunistes qui les dirigent. Et qui roulent toujours pour plus puissants qu’eux. La voie tracée pour le fascisme ordinaire.
Mais tout ça vous le savez déjà, il suffit d’allumer votre télé et d’écouter la voix de son maître. En couleurs.

Dans Australia Underground, l’auteur nous propulse dans ce qui pourrait être l’étape suivante. Jusqu’alors, Leo James s’en est plutôt bien tiré. Promoteur corrompu, fortuné, brassant des projets qu’il n’aurait jamais dû approcher grâce à ses appuis dans l’administration et la politique. Une histoire qui vous semble familière aussi celle-là, ici et maintenant ? D’accord, mais attendez la suite. Leo a relativement facile depuis la montée en politique de son frère jumeau, Bertrand. Ce dernier a tellement bien réussi qu’il se trouve aux commandes de l’Australie, dans le fauteuil de premier ministre, l’aboutissement d’une carrière de conservateur étriqué, de technocrate sans éclat. Mais qui inspire tellement la confiance.
Et qui a su prendre ses responsabilités : quand les terroristes ont fait exploser une bombe atomique détruisant Canberra, la capitale, il y a quelques années, il a aussitôt fait parquer les arabes et les musulmans, imposé une répression de fer sur les immigrés clandestins, déclaré l’état d’urgence et promulgué l’état de siège permanent. Personne ne s’en plaint. Enfin, pas trop et pas trop fort, car s’opposer aux mesures de défense est un acte de haute trahison dans la nouvelle Australie. Si le roman s’ouvre sur une catastrophe naturelle qui détruit le dernier « grand » projet de Léo, inutile, pompeux et crevant l’environnement, il est plutôt content car ça ne marchait pas si bien financièrement, et maintenait c’est l’assurance qui le remboursera.
Dans sa fuite de la zone en pleine dévastation, il est brutalement enlevé par un petit groupe qui se veut les Islamistes du Sud et dont la leader est une jeune femme, Australienne bon teint, fanatisée,  qui se réclame du nouvel Islam libéré des contraintes historiques et sociales de l’Islam. Tous ceux qui l’entourent sont d’ailleurs de jeunes australiens convertis. Léo est persuadé que c’est en qualité de frère du Premier Ministre qu’il doit cet avatar. Jusqu’à ce que ce commando est rapidement décimé dans une embuscade par ce qui semble être des forces d’intervention officielles. Leo respire, mais n’est pas certain des intentions réelles des officiels. C’est vrai que son frère et l’entourage politique de celui-ci voyaient d’un mauvais œil le nom de Bertrand lui servant de sésame pour monter ses combines juteuses. Un Bertrand qui doit sa position à sa réputation d’homme intègre, non corrompu. Mais Leo sait ce que cache cette façade et la haine que pourrait lui porter le frérot s’il estime que Leo est un danger pour sa carrière. Et il avait raison de se méfier le Leo; lui qui ne fait pas de politique il va se voir mêler plus qu’il ne le veut à des mouvements d’opposition, ce que ceux du gouvernement appellent aussi « terroristes ». Pour soudainement se retrouver à la une des bulletins de  recherches des medias, en tête du hit parade des méchants, recherché par toutes les polices et l’armée. D’accord, Leo est un peu pourri. Un peu amoral. Mais il y a bien mieux... heu, pire que lui en place comme opposants en lutte contre le pouvoir d la clique à son frère. 
Un peu vieux aussi, le Léo : avec ses 59 balais, la cavale perpétuelle c’est pas trop pour lui. Et il aura besoin de toute l’aide qu’on peut lui donner. Mais pour aller où, dans cette Australie transformée en vaste camp policier sous surveillance perpétuelle, aux exécutions sommaires et autres tueries organisées par ceux qui protègent le peuple ? Et il court Leo, il court… même si l’ombre du mur dans lequel il va droit devient  de plus en plus grande.

Mélange de thriller, de roman d’aventures et de suspense,  Australia Underground est avant tout un roman de « spéculative fiction » qui fait un prolongement évident- et souligné par l’auteur- à la période que nous vivons depuis une petite dizaine d’années. Le mot Underground étant d’ailleurs  à prendre ici dans son sens de « Résistance », un mouvement de résistance.
D’autre part, il semble que le récit ait été écrit dans l’urgence, sans grande introspection, laissant place aux images et aux références qui sortent droit de notre époque de pertes de libertés, de détournement constant de la démocratie. Une époque subissant de plein fouet  la recherche du blocage politique par des groupes de pression qui viennent des milieux d’argent, de la religion, et par l’apparition de relents d’un fascisme social ou économique érigés en principes naturels par ces groupes. Et on ne vous parle pas de républiques bananières, ou de petits tyrans nourris aux mamelles d’une Amérique impérialiste comme jamais. Non, on vous parle de pays aux traditions de démocratie et de libertés sociales. De pays dans lesquels vous habitez… Il suffit de remplacer Australie par le nom n’importe quel pays occidental, et vous verrez : ça fonctionne aussi bien, si pas mieux…  Le virage général à droite, accompagné d’idéologies d’extrême-droite et de déni de droits sociaux, est présent partout, célébré et entretenu par ceux qui sont en place par la création de peurs appelées terrorisme ou mieux : socialisme (l’idéologie, pas ces partis qui partout se sont rangés du côté du manche).
Au-delà d’une certaine caricature (notamment le sort de Canberra, capitale artificielle, et le dénouement de l’intrigue politique, volontairement simpliste) on retrouve un cri de mise en garde devant le gâchis imposé par les dirigeants avides de pouvoir, toujours prêts à servir la soupe à plus puissants qu’eux. Avec comme modèle, que McGahan ne se prive pas de fustiger tout au long de son récit, le Premier ministre australien au long règne : John Howard, encore en place lorsque McGahan écrivait son roman (avant 2006).
Howard, sorte de protestant étriqué et ultraconservateur, au service des Américains, même contre l’avis de ses citoyens, en place depuis 1996, attisait de plus en plus communautarisme et affairisme dans un pays dont l’hédonisme et la tolérance traditionnelle sont maintenant en voie de disparition, pour faire place à un racisme ouvert et à des émeutes anti-asiatiques comme on l’a vu dernièrement. Entre autres.

Lisez Australia Underground comme un pamphlet, et assistez au sort de l’Australie plongée dans la démence autoritariste, tout en vivant la fin de parcours, tragique et remplie d’ironie noire, de Leo James, ce petit profiteur qui ne faisait pas de politique. Mais que le pouvoir politique a  écrasé.

  

 EB  (septembre 2008)

(c) Copyright 2008 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Andrew McGahan  -  Australia Underground
 
 
































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Remington
 
 

Joseph Incardona
Fayard Noir - Librairie Arthème Fayard - 2008 
 
 

Mise en garde : je conseille à tout futur lecteur de ce roman d’éviter de lire le résumé de la 4e de couverture, trop explicite et qui révèle trop du cœur de l’intrigue.

Encore jeune, Mateo Greco vit sa petite vie étriquée, seul. Enfin presque : son chat Basile est la seule compagnie qu’il a dans son appartement. De plus il est dans une mouise constante, de déficit bancaire, d’allocations complémentaires de chômage non versées, qui lui pourrissent la vie, et ce malgré son activité de garde de sécurité à temps partiel. Pour se défouler il suit régulièrement des entraînements de boxe, c’est aussi bon pour la forme.
Il est bac plus quatre, mais la vie n’est pas tendre avec lui…
Pourtant, il se voudrait écrivain et pour cela suit régulièrement un atelier d’écriture pour lesquels il élabore des textes sur l’antique Remington dont il se sert, faute de pouvoir se payer un ordinateur. Il ne s’y révèle pas trop mauvais, comparé à la production du restant de la faune qui peuple l’Atelier et y suit les enseignements et recommandations d’un romancier dont l’inspiration s’est tarie il y a longtemps. Et puis, ça l’occupe, Matteo, et ça lui permet de rencontrer d’autres personnes.
Tout va basculer avec la rencontre d’Elsa qui vient participer à l’atelier d’écriture, belle, autoritaire, mais distante, animée d’une volonté farouche de réussir dans le monde du livre. Les écrits de la dame seront d’ailleurs le pont qui permettra à Matteo de se rapprocher de la jeune femme, d’en tomber follement amoureux… et de baisser sa garde. Pour le pire.

Roman d’excellente facture par la qualité de l’écriture, Remington est avant toute chose un roman qui traite de rapports humains difficiles voire impossibles, en poussant le problème au cœur de relations gérées par l’autoritarisme, voire par des méthodes  qui ont tout du sadisme psychologique non avoué et qui peuvent déboucher dans la destruction physique. Le tout enrobé d’opportunisme et de prédation, caractéristiques courantes des arrivistes égocentriques.
C’est à ses frais que Matteo va apprendre qu’une bonne histoire ne doit pas nécessairement être calquée sur les faits divers ahurissants, comme ceux qu’il découpe de divers journaux pour y trouver sans doute une certaine inspiration. La vie courante est suffisamment pleine d’emmerdeurs et de gens qui  détruisent les autres, souvent très proches, que pour fournir une matière encore  plus dense et plus subtile génératrice de drames qui anéantissent les destinées.
Même si, en cas de révolte, le grand final est digne des faits divers horribles…

Joseh Incardona : un auteur à suivre, Remington en est la confirmation.

  

EB  (septembre 2008)

(c) Copyright 2008 E.Borgers


 


 
 
 
 
 
 
 

Joseph Incardona  -  Remington
 
 



















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Mise à jour: 27 septembre 2008
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