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Nager sans se mouiller  

(Matar y guardar la ropa - 2008)

Carlos Salem 
Actes Noirs - Actes Sud - 2010

 

Juan Pérez Pérez fait sa crise de milieu de vie un peu tôt. Très proche de la quarantaine, il ne sait plus trop qui il est. Surtout qu’il découvre que c’est dans un camp de nudiste près de Murcie, sur la côte sud de l’Espagne, que  son employeur l’a envoyé avec ses deux gosses, 10 ans le garçon et 15 ans la fille. Lui qui pensait enfin jouer son rôle de père divorcé passant un mois de vacances avec ses enfants qu’il voit peu et qui sont sous la garde de son ex, l’encore très jolie Leticia, autoritaire et protectrice, il va dès les premières minutes se retrouver dans un rêve éveillé, car la voiture indiquée par son Entreprise est en fait celle se son ex. Et il n’est pas garagiste Juan, Juanito pour les proches. Il est tueur à gages. Excellent dans son art, au sommet de la pyramide assez ésotérique que constitue la firme occulte qui l’emploie et le paye. S’il est là, au pays de la quequette à l’air et des adorateurs de Râ, c’est parce qu’on lui a demandé de surveiller la prochaine cible et le déroulement de l’opération d’élimination. Et la foutue plaque qu’on lui a indiquée est celle de son ex…  Et effectivement, il y trouve la bagnole en question, mais aussi son ex qui fait du camping avec son nouveau fiancé, juge de son état. Les deux dans la tente voisine de celle de Juan…
On deviendrait parano à moins que ça, d’autant plus que Juan ne sait pas qui est le tueur désigné par l’Entreprise ni qui est vraiment la cible. Mais tous les indices montrent que c’est dans son entourage qu’il faut chercher la future victime… pourquoi pas lui tant qu’on y est ! Parano on vous disait… Heureusement qu’il trouve quelque répit dans les bras de la trop jolie Yolanda, et que le vieil Andreas Camilleri, ce vieux professeur,  lui prodige des conseils judicieux et de la vraie philosophie de l’existence.
Et pout couronner le tout, ce commissaire Arregui, qu’il a déjà croisé dans l’exercice de ses fonctions, est sur la piste d’une araignée tueuse qui le fait débouler dans ce même camping naturiste, où il y a eu des victimes semble-t-il. Par contre, pas moyen de recontacter son supérieur dans l’Entreprise pour éclaircir le mic mac que cuit lentement le soleil du sud de l’Espagne.
Heureusement que Juan est expert dans nombre de disciplines, y compris dans l’art de passer pour quelqu’un d’autre, pendant des jours, des semaines, des mois. Mais pour combien de temps dans ce camp de nudiste qui ressemble de plus en plus au catalogue vivant des personnes qui en veulent à Juan, additionnées à tous ses proches et amis, sans les vêtements, ce qui l’oblige à une vie de caméléon … Et toujours  la mort qui rôde, Juan a déjà senti deux fois le souffle de la Faucheuse…

On retrouve dans Nager sans se mouiller, l’humour inventif de son auteur, friand de situations rocambolesques qui toutes s’emboitent dans une logique délirante. Si le registre y est moins déjanté que dans son roman précédent (l’excellent Aller simple – voir nos commentaires) l’exercice ne porte pas à la mélancolie, d’autant que Carlos Salem y manipule à nouveau, et avec humour,  ce qui semble faire partie de ses obsessions : la personnalité multiple, la révélation de la vraie nature des personnages, et ce mélange subtil entre fiction pure, voire délirante, et personnages réels réincarnés en clones plausibles faisant disparaître la ligne de démarcation entre personnages réels et fictifs…

Nous ne donnerons pas trop de détails, pour préserver le futur lecteur, mais sachez que le personnage de Juan embourbé de sérieux, de distanciation  et d’obligations à cause de son métier de tueur -celui dont la parade pour survivre était d’essayer de « nager sans se mouiller » -reste malgré tout et fondamentalement un faune, et que ce dernier ressurgit régulièrement dans ses péripéties au milieu des nudistes, dans ses efforts ludiques pour rassembler ce qui lui reste de famille et dans sa perpétuelle chasse à la gazelle aux longs cils et au aux courbes engageantes…
On est vite pris par ce roman burlesque et narquois de Carlos Salem, et même si le récit s’étire un peu vers le milieu, frôlant la répétition, le style agréable et précis de l’auteur vous l’emballe  façon cadeau.
Avec ou sans vêtements, plongez-vous dans Nager sans se mouiller. Rire sera votre seul risque.

  

EB (octobre 2010)

(c) Copyright 2010 E.Borgers 

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Carlos Salem - Nager sans se mouiller
 
 































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En ce sanctuaire
 
-une enquête de Jack Taylor

(Sanctuary- 2008)

 

Ken Bruen
Série Noire - Gallimard - 2010 

 
 

Septième volet de la saga de Jack Taylor, En ce sanctuaire renoue avec deux occurrences de la série : une rechute d’alcoolisme pour Jack et le dysfonctionnement de  milieux religieux. Le tout se passant dans l’Irlande de Galway, la ville de Jack qui ici est en pleine transformation, une ville se laissant engraisser aux promesses de l’économie libérale. Avec tous les problèmes qui en découlent, dont la perte d’identité n’est pas la moindre.
L’intrigue démarre par une lettre énigmatique reçue par Jack qui le met en garde en termes voilés : une série de six meurtres va avoir lieu selon la liste donnée qui reprend le statut des future victimes, comme : deux policiers, une nomme, un enfant… Lui qui se préparait à passer un peu de temps à New York, presqu’en partance et prêt à prendre quelques jours de détente, un Jack qui n’avait plus bu depuis quelques mois. Mais cette lettre le hante surtout que selon lui le décompte a probablement déjà commencé au vu de l’annonce d’un décès non expliqué. Jack Taylor aux prises avec les refus des autorités de prendre au sérieux ses intuitions et ses craintes, police en tête, se trouvera une fois de plus face à son plus terrible ennemi : lui-même.
Repris par son addiction à l’alcool, diminué physiquement, estropié,  par les séquelles d’un passage à tabac un peu trop musclé dans un passé récent, rongé par le remords d’une mort d’enfant, Jack retourne à la confusion et à la perte de conscience, états si familier de cet enquêteur occasionnel, ancien flic déchu et paumé qui essaye de se raccrocher à son bout d’Irlande, seul, sans ami. Mais avec une foule d’ennemis.
Dans ce cirage permanent qu’est sa vie, Jack va pourtant s’entêter. Au moins sauver l’enfant de la liste. Qui qu’il soit. Quel qu’en soit le prix.

Jack Taylor, personnage sombre de looser intégral est un des plus attachants antihéros du roman noir anglais moderne. Maudit, existentiel et nihiliste à ses heures, Jack cherche sans le savoir une forme de rédemption, une place dans ce monde qui fonctionne en symbiose parfaite avec le Mal, un territoire  qui lui est plus que familier.
Malgré la richesse du personnage et quelques réussites de Ken Bruen dans la série, on garde l’impression que les promesses du premier volume  de la saga (Delirium Tremens – « The Guards » – voir nos commentaires) n’ont jamais été complètement tenues. Il y a encore et toujours de grands moments dans les romans qui mettent en scène Jack Taylor, mais très rarement une réussite totale du roman.
Et c’est à cela qu’on se heurte dans En ce sanctuaire, d’autant que l’intrigue de base, sans être inintéressante, semble être traitée avec désinvolture par l’auteur. Et souvent, c’est en se perdant dans les intrigues secondaires que ce roman prend de l’ampleur et résonne.

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne veux pas : la série reste une des réussites du nouveau roman noir britannique (et irlandais), malgré l’approche pressée de Ken Bruen. Et En ce sanctuaire, même inabouti, reste un roman attachant.
Fatigue de l’effet de série ? Auteur qui publie à un rythme assez soutenu (les Taylor et tout le restant) ? Nous attendons toujours le roman qui reflétera la pleine valeur de ce romancier doué qu’est Ken Bruen, et l’ampleur de son talent que nous savons grand.

En Grande-Bretagne, le huitième volume de la série vient de paraître (« The Devil » – le diable - 2010).

  

EB  (novembre 2010)  

(c) Copyright 2010 E.Borgers 

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Ken Bruen - En ce sanctuaire
 
 

























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Tokyo ville occupée  

(Occupied City - 2009)

Daniel Peace 
Rivages/Thriller - Éditions Payot & Rivages - 2010

 
Deuxième volet de la trilogie consacrée au Tokyo de la juste après-guerre, ce roman s’attaque à un  fait divers macabre et étrange qui défraya la chronique en janvier 1948.

Un mystérieux docteur japonais attaché à la prévention des épidémies leurra tous les employés d’une agence bancaire en leur faisant ingurgiter un « vaccin » qui n’était qu’un poison violent.
Bilan : 12 morts sur les 16 employés présents.
Les autorités et la police sont sur les dents, et commence un vrai travail de fourmis pour une des sections de la police municipale qui essaye de retrouver tous les possesseurs d’une carte de visite distribuée par un médecin bien réel et dont s’est servi le meurtrier. Aussi, à partir de renseignements très parcellaires, reconstituer un portrait-robot valable et rechercher des témoins en faisant du porte à porte.
Pendant ce temps, et en sous-main, certains semblent vouloir lier l’empoisonnement méthodique des employés de banque à certaines pratiques et « expériences » d’une division de l’armée impériale qui procédait à de sinistres expérimentations en Chine et ailleurs en Asie, sur des asiatiques, mais aussi plus que probablement sur des prisonniers de guerre russes et américains. D’autant plus que dans les mois précédents, il y eu deux cas à procédure  proche : sous couvert de service sanitaire, et pour lesquels les enquêteurs viennent de faire le rapprochement.
Mais ce sont les autorités d’occupation américaines qui ont la main sur le contrôle sanitaire et la prévention médicale à Tokyo, sous le contrôle de l’armée. Une armée qui a déjà auparavant soustrait des criminels de guerre aux tribunaux, sous prétexte de repentance et d’aide aux autorités à trouver des pistes plus importantes… 
La vérité fuit, se défigure et se réfugie dans les coins sombres de ce Tokyo encore en ruines, avec une population qui ne se remet que lentement du choc de la guerre et qui subit l’humiliation de la défaite et de l’occupation étrangère. Avec l’ancienne élite japonaise  qui manœuvre efficacement pour retrouver ses prérogatives et effacer tout ce qui pourrait les précipiter vers les tribunaux américains. Ou la perte de statut.
Le coupable ? On finira bien par en désigner un.  Faites-leur confiance.

Ecoutez les dits des esprits et des participants à cette tragédie, réunis par le medium pour informer à tour de rôle l’écrivain de leur parcelle de vérité. Sous le toit de la Porte Noire, à la lumière des 12 chandelles, une pour chacun des récits. Tous réunis par la noirceur de l’ombre. La nuit noire la finale, une obscurité totale.

Pour Tokyo ville occupée, David Peace a choisi un découpage, qui sert de construction au roman, qui s’est inspiré d’une forme classique de contes populaires japonais qui se pratiquait oralement, en groupe et à la lueur de chandelles. L’accent étant évidemment mis par les divers conteurs sur le côté sombre, voire effrayant, des histoires  déclamées.
Ici, Peace nous livre le contenu des carnets de note des enquêteurs de la police japonaise (dont au moins un des inspecteurs évoqués était déjà présent dans le premier volume, Tokyo année zéro –voir nos commentaires), des rapports  et la correspondance venant d’un spécialiste de l’armée américaine, les notes et articles d’un journaliste japonais qui fouille l’affaire criminelle, le témoignage de victimes, le journal d’un soviétique chargé d’enquêter sur place et d’interroger les criminels de guerre qui affronteront le tribunal international, le récit d’un militaire japonais et d’autres sources pour former les douze chapitres requis.
On retrouve le style d’écriture propre à Peace dans les ouvertures et transitions diverses, un style prenant, mélange d’incantations,  de redites et d’hallucinations, sans oublier les passages qui sont rendus sous forme de prose poétique. Dans les comptes-rendus divers, il adapte son style au personnage et à la forme choisie pour chacun d’eux, avec efficacité et virtuosité.

Si dans l’ensemble des récits qui forment le roman, Tokyo et l’occupation américaine sont des leitmotiv obsessionnels resurgissant tout au long de celui-ci, criés, haletés ou murmurés par divers personnages, on se retrouve en finale face à un portrait morcelé de la mise en accusation de la guerre et des armées, des pouvoirs et des corrompus qui les soutiennent.  De tous ceux qui font exploser les limites de l’horreur et du mal orchestrés par l’humain.
Pas de réquisitoire, pas de thèses, rien qu’une mise au jour de faits dont le lecteur devra reconstituer les liens qui les unissent dans l’horreur. Au-delà de la froideur et de l’impersonnalité de beaucoup des documents qui les relatent, de la froideur administrative qui peut rendre compte de tout à des autorités qui par leurs manipulations les rendront socialement acceptables. Inoffensives.  Ou occultées.

Dans Tokyo ville occupée, tout est déclenché par un fait réel et symbolique, les meurtres de janvier 1948, qui devient l’intersection des deux horreurs ultimes : le meurtre en série et les massacres guerriers. Y compris, et surtout, les massacres guerriers orchestrés hors champs de bataille…  
Grâce au talent de David Peace, ces deux horreurs entrent en résonance et hantent le lecteur lorsque s'éteint la dernière chandelle du dernier conteur. Et que commence le travail de l'écrivain....

 
PS : Le troisième volume de la trilogie de Tokyo est prévu pour parution vers la mi- 2011 en G-B ; titre provisoire : « Tokyo Regained » (on pourrait le traduire par : Tokyo retrouvée -ou reconquise),  un roman qui  a pour base le meurtre du Président de la Japanese National Railroads (chemins de fer japonais) en 1949, fait historique.

  

EB  (novembre 2010)

(c) Copyright 2010 E.Borgers 

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David Peace - Tokyo ville occupée
 
 



































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Le roman policier historique  

 

Jean-Christophe Sarrot et Laurent Broche 
Nouveau Monde éditions  - 2009
 
 

Sous-titré : « Histoire et polar : Autour d’une rencontre » , ce livre proche des 500 pages est un essai en forme de dossiers multiples consacré à un  genre de la littérature populaire au succès croissant et dominant depuis plus de 10 années : le roman policier historique.
Il examine en détails la nature, les structures, les mécanismes et les buts de cette littérature de genre, ainsi que son historique et ses principales réussites.
Le livre est, à la base, l’assemblage  deux textes traitant du sujet, les deux auteurs se consacrant chacun à l’une des parties.

La première, et la plus volumineuse, est écrite par J-C Sarrot, chroniqueur du genre sur Iinternet et auteur s’ouvrages sur l’histoire littéraire.
Elle examine les origines du roman historique et son évolution chronologique (comme littérature de genre, on peut prendre le début du 19e s. et Walter Scott comme vrai débuts du genre), une des origines directes, bien évidemment, du roman policier historique. Ce dernier verra sa naissance différée et malgré quelques apparitions plus précoces, et ne devenir un genre identifiable que dans la seconde moitié du 20e s., conséquence de l’acceptation  -et de la popularité croissante - du roman policier à énigme durant les années 1920 et 30. Comme le souligne l’auteur, la majorité des romans policiers historiques utilisant les mécanismes du whodunit (roman à énigme).
Après une tentative de définition du roman historique (laborieuse, comme toute définition se rattachant aux genres populaires) nécessaire pour fixer les grandes limites du domaine, il examine en détail les nécessités de l’époque, des décors et des personnages historiques ainsi que la majorité des cas de figure du rapport à l’Histoire que l’on peut imaginer ou rencontrer dans une trame de roman policier historique, nombre de ceux–ci n’étant pas différents du genre historique  et devant répondre aux mêmes exigences que celles du roman historique.
On y trouve aussi un intéressant rappel détaillé des exigences de la vérité historique et de ses limites, ainsi que les écueils rencontrés dont certains peuvent provenir des limites de la recherche historique  (matière scientifique) elle-même ; ceci avec de multiples exemples donnés par les romans du genre ou des déclarations des auteurs eux-mêmes. On saura  gré à M. Sarrot de souligner les notions très fluctuantes liées à ce qui fait souvent le cœur d’une intrigue policière : l’enquête, de plus en plus différentes de ce que nous connaissons losqu’on remonte les temps historiques ; de même que pour les notions de preuves, de justice, d’application de la loi et de la police, parfois négation du bon sens et de ce que nous appliquons aujourd’hui, pièges béants pour les auteurs mal documentés.
Une dernière partie examine les rouages de la construction d’un roman policier historique, et donne nombre de détails instructifs sur des œuvres existantes.

Toute cette première partie  constitue un parcours passionnant, donnant  au lecteur matière à réfléchir non seulement sur le policier historique, mais aussi sur les limites de la fiction, et de la représentation d’une réalité sélective par l’écrivain,  sur les nombreux écueils du genre, sans parler de la fusion polar/histoire.

Note : Pour ma part, je sis plus réticents lorsqu’on nous explique que le roman policier historique est par essence de la littérature de divertissement. A son origine de l’était certainement, tout comme l’étaient les whodunits policiers classiques, mais ce genre a donné vite lieu à des variations puis à des branches dérivées ou parallèle, dont la moindre ne sera pas le roman noir policier… Ce qui permit au genre de survivre. Et de briser les tabous du divertissement liés à ses débuts.
Donc, on ne voit pas pourquoi le roman noir ne pourrait pas entrer en roman policier historique, sous prétexte qu’on risque de sortir du domaine du divertissement !
Au contraire, nous pensons que cela pourrait enrichir le genre, en multiplier les facettes.

La deuxième partie, signée Laurent Broche, Polar et discipline historique, est un essai d’une centaine de page axé principalement sur la fusion du polar avec le roman historique, les problèmes qui en découlent et les limites. Il recherche de plus, et de manière pertinente, tout ce qui fait la concordance entre l’enquêteur d’un récit policier et l’historien dont les recherches sont de la même essence pour cerner la vérité, insistant à juste titre sur  les limites de la recherche historique et celles du roman policier historique dont les buts sont différents. Très éclairant.
Cet essai de Laurent Broche, historien de formation, est intéressant de bout en bout et ouvre nombre de chemins de réflexion qui souvent sortent du cadre étriqué de la littérature de genre. Bien que son  chapitre consacré aux romans  du cycle « Underworld USA »de James Ellroy est fort pertinent et donne une analyse assez fine des relations du Grand James avec la vérité historique, ses travaux préparatoires de recherche et les buts poursuivis, on ne peut que regretter  -ici aussi-  qu’on en profite pour « nier » l’accès du roman noir au domaine du roman policier historique, pour raison de littérature qui n’est pas d’évasion . Bien que je sois par ailleurs, tout à fait d’accord avec M. Broche : le cycle d’Ellroy n’est pas un roman historique (pour diverse raisons, dont la proximité chronologique des faits et leurs conséquences toujours actuelles).

Note : Mais cela n’empêche pas le toman noir, policier, de pouvoir fusionner avec le genre policier historique, comme il l‘a déjà fait, par exemple, avec le western, la science-fiction et le gothique, avec succès… Il y en a déjà, par ailleurs quelques exemples qui ont été publiés ces dernières années. La règle du divertissement pur me semble trop réductrice et ne fait pas partie de l’essence du genre historique. Ce n’est qu’un parti pris des auteurs et d’une grande partie d e la littérature de genre, et aussi de la fiction historique.

L’ouvrage de MM. Sarrot et Broche comprend aussi une liste de 125 romans conseillés ; très utile pour le néophyte, et même le lecteur plus aguerri. Bien entendu la liste, si elle est intéressante, de bon conseil  et érudite, reste subjective et contestable par endroit, le sort de tout exercice de sélection.
On signalera également la liste très complète des références liées aux nombreuses citations, qu’elles viennent de livres ou de sites Internet.
Je pense qu’il aurait été intéressant d’y voir, en plus, un chapitre consacré à un bref aperçu de l’état actuel du genre tel que produit dans les principales langues européennes autres que l’anglais ou le français.
Oui, je sais : on fait tout et ils en veulent encore plus…

Le roman policier historique, au-delà de la nécessité d’un tel ouvrage face à l’extrême rareté des publications existantes en français éclairant le sujet, est une lecture indispensable pour tous ceux qui s’intéressent de près au roman policier, à sa spécificité et sa diversité.
Son intérêt et sa solide documentation le rendent incontournable.

PS :  Petit regret :  l’année de publication des romans et livres cités dans les textes n'est pas systématiquement indiquée, privant le lecteur averti de certains repères.

 
 
EB  (septembre 2010)

(c) Copyright 2010 E.Borgers 

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J-C Sarrot et L. Broche - Le roman policier historique
 
 
































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Mise à jour: 19 novembre 2010