J’ai assisté à ce festival qui réunissait dans un quartier populaire de Bruxelles quelques grands noms du polar français pour qu’ils nous livrent leur vision du roman policier, noir et autre.
Festival organisé par la Maison du Livre (Bibliothèque et Centre d’animation) de Saint-Gilles, avec le soutien de la librairie spécialisée « Polar & Co », et de la RTBF (radio belge francophone).



Et, avec les vedettes incontestées de cette réunion…. roulement de tambour, please – projo ! :  

PATRICK RAYNAL (auteur et directeur actuel de la Série Noire)
JEAN-BERNARD POUY (auteur –  créateur de la défunte série du Poulpe)
DIDIER DAENINCKX (auteur)
SYLVIE GRANOTIER (auteure)
DOMINIQUE MANOTTI (auteure)

… et pour la Belgique, projo ! :
PASCALE FONTENEAU (auteure- une des organisatrices de ce festival)
BARBARA ABEL (auteure)


TOTAL POLAR - Festival 2004 - Bruxelles
L'ORGANISATION
L’organisation impeccable de ce festival à permis à tous les participants, auteurs et public, d’avoir un échange d’idées intéressant et convivial sur le sujet qui nous tient tous à cœur : le polar. Pas de temps mort, mais pas d’encadrement rigide, la qualité des participants comme des organisateurs a fait de ce festival sans prétention une vraie réussite.

Le comité organisateur  comprenait Pascale Fonteneau (auteure SN) , Joëlle Baumerder (dynamique directrice de la Maison du Livre) et son équipe, Patrick Moens (amateur éclairé- ouvrit la première librairie spécialisée polar en Belgique), Alain Devalck (Polar & Co, librairie spécialisée), tous et toutes étant pour beaucoup dans cette réussite.
   

E.Borgers

TOTAL POLAR  -  COMPTE-RENDU

CONTENU
--> SOLOS   POUR POLARDEUX   1e PARTIE -  [ page1- CI-DESSOUS ]

  PAGE 2
      --> SOLOS   POUR POLARDEUX   2e PARTIE
      --> DÉBAT SUR LA LITTÉRATURE POLAR 
     
--> CONCOURS RTBF DE NOUVELLES POLICIÈRES
     
--> CONCOURS JEUNESSE  DE NOUVELLES

PAGE PHOTOS
          PHOTOS PRISES DURANT LE FESTIVAL (complément)


                                                 
                     SOLOS POUR POLARDEUX …

Parallèlement à la séance de dédicaces du samedi 24 janvier, s’est tenu une série d’interviews publiques des invités qui fut intéressante à plus d’un titre, et dont vous trouverez ci-dessous quelques extraits éclairant le point de vue des auteurs.

La vocation de d’écrivain ne s’explique pas toujours, encore moins celle de l’écrivain de polars noirs. Mais les auteurs présents ont réussi à nous faire partager leur enthousiasme pour cette littérature, la noire, dernier refuge du politiquement incorrect et du roman contestataire.

L’auteur se livre, l’auteur prend du recul dans ces solos pour polardeux.


J-B Pouy rappelle que la plupart des festivals polar prenant place en France ont lieu dans des régions vinicoles, ce qui augmente les risques de cirrhose et rend le métier d’auteur de polar d’autant plus dangereux. Bruxelles est donc une exception bienvenue…
Quant à la fameuse question, qui réapparaît régulièrement tel le monstre du Loch Press  à propos des femmes auteures de
polar : y a-t-il une écriture féminine du polar ?... Pouy nous rappelle à juste titre qu’il y a polar et polar. Dans la veine du polar d’intrigue, du whodunit et de la détection traditionnelle, du suspense et du thriller ce sont les femmes qui l’emportent par leurs succès de librairie et par le nombre d’auteures qu’on y recense.
Par contre, pour le roman noir, les auteures n’y apparaissent que depuis peu de manière continue, ce qui  -selon Pouy (avec raisons !)-  en fait plus un domaine d’auteurs masculins pour des raisons essentiellement historiques, puisque une des racines importantes du polar noir est la composante hard-boiled (dure-ndlr) d’origine américaine et qui, après la guerre, décrivait un univers plutôt masculin « … avec des héros au grand cœur mais au moral à zéro ». A part quelques rares exceptions, auteurs et lecteurs étaient masculins. Cela change actuellement (le panel d’auteures présentes à cette réunion en étant un début de preuve -ndlr)  « …et qui saiit, peut-être seront-elles bientôt les plus nombreuses ».

En réponse à la question de l’animateur lui demandant si « …le roman noir c’est jazz ou c’est rock ? » Pouy fait malicieusement remarquer que le jazz est une musique du passé qu’on entend presque plus, même s’il a des amateurs irréductibles « et c’est pas avec trois endroits à Paris où on peut encore entendre du jazz qu’on a une grande chance d’entendre du jazz en  entrant dans un lieu public : metro, resto, café, etc.. En poussant la porte, c’est du Céline Dion qui vous accueillera, de mon temps Patricia Carli, nul de toute façon, mais c’est comme ça ».
Pouy terminera en soulignant  que, donc, si on veut être réaliste dans un roman actuel, ce sera du rock ou du pop à la mode qu’on utilisera en toile de fond. Certains auteurs se servent encore du jazz, tel l’excellent Marc Villard, mais c’est dans des contextes bien particuliers et Villard est une des exceptions qui subsistent.


À un auditeur qui se plaignait du peu de possibilités qui existe pour un auteur belge en Belgique, devant la rareté des maisons locales d’éditions, J-B Pouy rétorque avec raison qu’en finale en France un habitant de certains départements de France ayant deux fois la superficie de la Belgique francophone a encore moins de chance de se faire éditer localement, car il n’y a pas de maison d’édition locale… À part en Bretagne et un peu dans la région de Marseille, tous les éditeurs se concentrent à Paris. En conclusion, Pouy nous dira: « Vos éditeurs en Belgique, soignez-les !! ».

Il rappellera aussi que
« l’édition est pourrie par la distribution » vu ses coûts et sa faible efficacité pour les petites maison. Il rappellera que à partir de 500 à 1000 exemplaires, avec une distribution parallèle - évitant les grosses maisons de distribution, c’est viable. Il y a un public polar en France, car les festivals polars n’y ont pas lieu dans le cadre de salons du livre (en Belgique non plus, d’ailleurs –ndlr), mais séparément et attirent un public nombreux.

Malheureusement, le temps  me manque pour citer in extenso les déclarations pleines d’humour, situées souvent au deuxième degré, qui émaillèrent  les propos de Pouy durant cette interview publique.

(voir aussi l’interview que JB Pouy a accordé à Polar Noir dans le cadre du festival)



Didier Daeninckx
mon horaire personnel ne m’a pas permis d’assister à l’interview publique de cet auteur.
En lieu et place des points forts de ce solo, je vous livre ci-dessous quelques réflexions que Daeninckx émit lors du « panel » organisé par Paul Aron le lendemain, avec tous les auteurs présents.


- Je garde devant moi une phrase de Victor Hugo : « Le style c’est le fond qui remonte à la surface », et c’est ce que je cherche dans un livre, cette adéquation entre fond et forme…  Cette recherche c’est la pierre philosophale.
C’est ce qui me permet d’éclaircir les faux débats à propos du style et de la forme dans le polar

- Il est prémonitoire  de l’intérêt et de l’importance qu’a et qu’aura cette littérature (le polar- ndlr) que la première nouvelle, celle considérée comme fondatrice du polar, écrite par Edgar Poe, sera traduite en France par Beaudelaire !

(voir aussi l'interview que Didier Daeninckx a accordé à Polar Noir dans le cadre du festival)


Patrick Raynal nous décrit le problème créés par la multiplication des collections de romans policiers, face à un lectorat qui est à peine plus nombreux que celui qui existait au moment de l’âge d’or des ventes de polars (des années 50 à fin 60, en gros- ndlr). Ce qui rend précaire la vie de certains petits éditeurs et réduit la rentabilité des publications des autres, ce qui tend à leur faire prendre moins de risques dans leurs choix d’auteurs, ce qui à son tour complique la survie de l’auteur débutant.
Actuellement, on peut cependant constater que  le polar noir est  devenu de la littérature à part entière. Sans oublier que nombre de collections littéraires modernes publient des auteurs qui écrivent « polar » et qui  passent donc pour autre chose, et ce phénomène va en croissant ; dans cette catégorie il n’y a pas que des transfuges du polar (comme Pennac, par exemple) mais on trouve nombre d’auteurs qui ne furent jamais publiés dans une collection policière mais qui utilisent la structure et l’écriture qu’on trouve dans les polars.

Raynal rappellera que, comme directeur de la Série Noire chez Gallimard, il s’est attaché à élargir le champ des auteurs publiés, et en dehors des Américains et Français, il a inclus des auteurs allemands, hispaniques, italiens, russes…etc. Ce qui nous fait découvrir des écrivains qui abordent le polar différemment et souvent influencés par la culture littéraire de leur pays.

Comme écrivain, il annonce la publication de son dernier ouvrage chez un nouvel éditeur : Les Contrebandiers, et confirme  que le suivant est en gestation… va prendre forme incessamment. Ce sera avec Corbucci, son personnage récurrent.


(voir aussi l’interview que Patrick Raynal  a accordé à Polar Noir dans le cadre du festival)



Solos de Sylvie Granotier, Dominique Manotti et Pascale Fonteneau
ainsi que le débat par le panel d'auteurs
et le compte-rendu des Prix des concours de nouvelles policières  

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   J-B Pouy et Patrick Moens

     J-B Pouy (méditatif...)
     interviewé par Patrick Moens
       (photo : E.Borgers)




























































         Patrick Raynal - Total Polar 2004

                 Patrick Raynal
       auteur et patron de la Série Noire
                     (photo: E.Borgers)
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